Un soir dans la jungle d’asphalte

Frontstage - La Muerte - 1

Après une pause consacrée entre autres choses au nouvel album, La Muerte est remonté sur scène. C’était ce samedi à l’Ancienne Belgique. Et on a dégusté !

« Nombre de gens disent qu’on n’a jamais été aussi forts, nous expliquait Dee-J en 2016, alors que vu nos âges, on devrait être un peu « sur le retour. » Pour pas mal de fans et de connaisseurs, La Muerte était alors revenu avec le meilleur line-up de son histoire. Aucune raison de changer d’avis depuis hier : pour la leçon de rock’n’roll, on n’ira pas chercher ailleurs !

Frontstage - La Muerte - 2

La Muerte en est ce samedi à la 8e AB de son histoire. Des rideaux masquent les balcons : la salle bruxelloise n’est pas pleine. Etonnant ? En même temps, il y a bien Miss Belgique à la télé, mais on doute que cette farce d’un autre âge y soit pour quelque chose. Donc étonnant, ouaip ! Comme ce bon vieux Ladage l’a répété tout au long de son existence pleine de sagesse : les absents ont toujours tort !

Le rock, aussi sale et vicelard soit-il, n’est pas la seule arme des Bruxellois. Une fois encore, ils ont soigné la présentation. Le visuel anno 2019 est évocateur sans être tape-à-l’œil ou donnant dans le vulgaire cliché. Deux croix renversées qui s’illuminent à l’une ou l’autre reprise, quelques bouts de films des seventies pour parfaire la touche série B, un peu de fumée et quelques volutes d’encens, un chouette jeu de lumières : il n’en faut pas plus pour bien emballer un concert d’enfer et l’inquiétant jeu de scène de Marc du Marais, toujours cagoulé.

Frontstage - La Muerte - 4

Sur scène, ce tout bon line-up (épaulé par une poignée de candidats stagedivers) s’attaque donc au nouvel album, lequel constitue une grande part de la setlist. Après l’intro et ses quelques images qui mettent à l’aise (le tueur, sac sur la tête, hache et couteau à la main, rentre chez lui après une nuit de boulot), c’est d’ailleurs « Crash baby crash » et ses terribles passages instrumentaux qui ouvrent le bal infernal. Comme une menace qu’on sent poindre, l’équivalent d’une coulée de lave qui avance, implacable, inarrêtable… Les nouveaux morceaux n’ont rien à envier aux classiques « Couteau dans l’eau », « Black god, white devil » ou « I would die faster » parfait pour clôturer la soirée. « LSD for the holy man » ramène en surface quelques racines punk et hardcore. L’assassin « Whack this guy » et « Je suis le destructeur », entendus sur le 12’’ Murder machine sorti en 2016, se glissent dans une bonne moitié de Death race 2000 : énorme ! Front 242 est là aussi, comme promis, le temps de deux morceaux, un de chacun des deux groupes : « Headhunter » puis, échange de politesse, « K(ustom) K(ar) K(ompetition) ». Quant à la traditionnelle cover, exit « Wild thing » des Troggs, ce sera cette fois le « Lucifer Sam » de Pink Floyd, mais dans les premiers rangs, ça remue tout autant.

Frontstage - La Muerte - 3

L’année 2019 commence bien ! Messieurs et mesdames les programmateurs et –trices appréciant les bons placements : sortez vos agendas !

Didier Stiers

 

Setlist : Crash baby crash – She did it for lust – Je suis le destructeur – Shoot in your back – Couteau dans l’eau – Wack this guy – Lost – Black god, white devil – I lost my hand – LSD for the holy man – Headhunter – KKK– Darkened dreams – Gun in my hand – Lucifer Sam – I would die faster.

 

 

Didier Stiers

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