Bowie ressuscité par ses musiciens à l’AB

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L’AB était complète, mercredi soir, pour l’étape bruxelloise de la tournée européenne des musiciens de David Bowie réunis sous le nom de A Bowie Celebration. The David Bowie Alumni Tour. Un succès qui n’a rien à voir avec les habituelles célébrations commerciales entre hologrammes et versions symphoniques mais bien avec l’excellence des musiciens dont le Thin White Duke aimait s’entourer.
Les présentations d’abord: le groupe est dirigé par le pianiste Mike Garson qui fut de la première tournée américaine de Bowie. A la guitare: Earl Slick qui dès 1974 remplaçait Mick Ronson. A la guitare rythmique: Mark Plati, qui a coproduit l’album Earthling. A la basse: Carmine Rojas qui était à Forest National en 1983 pour la première mondiale du Serious Moonlight Tour. A la batterie: Lee John, le fils d’Earl Slick. Mais le chant me direz-vous, qui a osé jouer le difficile rôle du maître? A Bruxelles (le line-up change d’un soir à l’autre), ils étaient trois: Bernard Fowler (choriste des Stones depuis plus de trente ans), Corey Glover (le chanteur de Living Colour) et Joe Sumner (le fils de Sting). Ces trois lascars, en plus d’être de vraies bêtes de scène et d’installer une sacrée ambiance, ont l’intelligence de ne pas singer Bowie. Vocalement, ils assurent tout au long d’un répertoire puisant pour l’essentiel dans les années 70. Les exceptions sont ce “Bring me the Disco King” (tiré de Earthling) en ouverture de concert et puis quelques gâteries 80′s genre “Ashes To Ashes” et “Under Pressure”. Pour le reste, c’est une véritable plongée dans les plus grandes chansons du génie du XXe siècle.
“Life On mars?” et “Heroes” concluent près de deux heures d’un concert qui a veillé, musicalement, à ne pas trop s’éloigner des versions originales tout en apportant une touche énergique bienvenue. Si l’on n’excepte peut-être les solos de piano de Garson, chaque musicien s’efface derrière celui à qui tous tiennent à rendre hommage, tel d’anciens élèves (des alumni) orphelins qui rappellent à chaque instant quel bonheur ce fut de travailler avec un être à ce point exceptionnel qu’était David Bowie.
Cette célébration est aussi l’occasion de rappeler que derrière l’incroyable caméléon metteur en scène aux identités multiples, derrière la personnalité époustouflante de l’homme, il y avait aussi un incroyable auteur-compositeur dont les chansons traverseront aisément le temps. Bowie est revenu sur terre le temps d’une soirée sans doute nostalgique mais cela fait un bien fou. Finalement, on se rend compte depuis ce funeste 10 janvier 2016 que Bowie ne nous a jamais quittés!
THIERRY COLJON


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