Massive Attack toujours en guerre au Palais 12

BRUXELLES,  concert Massive Attack Palais 12 .GOLINVAUX MATHIEU./LESOIR

Trois ans après son dernier passage au Palais 12, Massive Attack a une nouvelle fois rempli, jeudi, la plus grande salle bruxelloise sans nouvel album. La marque des tout grands!
On devrait leur en vouloir – à l’instar de The Cure ! – de vivre ainsi sans proposer de nouvel album. Il y a trois ans, les Bristoliens avaient publié trois EP digitaux (Ritual Spirit, The Spoils et Dear Friend), revenant même, en été, aux Ardentes et à la place Saint-Pierre de Gand. Mais l’album annoncé, censé succéder à Heligoland (2010) n’est jamais arrivé. En lieu et place, la bande à Robert Del Naja (3D) et Grant Marshall (Daddy G) annonce pour 2019 une tournée MezzanineXX1 célébrant les vingt (et un) ans de l’album Mezzanine qui sera réédité par Universal en avril prochain,”encodé dans des molécules ADN”.

En attendant de voir et entendre ça (une version remixée live espérons), les fans ont aisément rempli le Palais 12, jeudi, car Massive Attack sur scène, c’est toujours exceptionnel. Pour avoir vu toutes leurs tournées depuis ce fameux Lunatheater de mai 1995, on peut dire qu’un mauvais concert des Bristoliens, ça n’existe pas. La raison est simple: ils tournent peu et ce sont des gens sérieux, politisés, engagés, pointilleux au point de soigner le son comme l’image. Et de ce côté-là on a une fois de plus été gâtés, jeudi. Oui, Mezzanine est bien repris dans son intégralité avec la complicité des emblématiques Horace Andy et Liz Fraser, tous les deux reprenant leurs rôles originels. Mais les titres explosent littéralement dans le désordre, avec de sacrées bonnes surprises comme, en ouverture, la reprise du “I Found A Reason” du Velvet Underground, de “10:15 Saturday Night” de The Cure, de “Rockwrok” d’Ultravox, de “See a Man’s Face” d’Horace Andy (sorti en 1972!) et enfin de “Where Have All the Flowers Gone?” de Pete Seeger. Des titres qui mettent encore mieux en perspective historique les incunables de Massive Attack qui, comme à son habitude, propose un visuel délirant. Images d’archives mêlant Tony Blair, Lady Di, Saddam Hussein, Britney Spears, la terre vue du ciel, les images d’un monde perdu, des oiseaux et Trump bien sûr au visage tordu comme un Francis Bacon. Images de guerre (ces sacs sanguinolents contenant des corps de militaires américains rapatriés), images électrochocs qui nous secouent autant que les infrabasses et les guitares stridentes d’une formation au sommet de son art quasiment autistique. Pas un mot, pas de rappel: juste nonante minutes de choc des images et du poids des mots (autant de slogans qu’on retrouve dans les manifs pour le climat). Massive Attack appelle à la prise de conscience remettant l’être humain au centre du jeu face à la machine qui nous dévore petit à petit. Power to the People: Massive Attack ne dit rien d’autre. Mais d’une façon tellement forte et parfois violente qu’on en sort groggy. Comme à chaque fois…

THIERRY COLJON
PHOTOS MATHIEU GOLINVAUX.

PROGRAMME

I Found a Reason
Risingson
10:15 Saturday Night
Man Next Door
Black Milk
Mezzanine
Exchange
See a Man’s Face
Dissolved Girl
Where Have All the Flowers Gone?
Inertia Creeps
Rockwrok
Angel
Teardrop
Group Four


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5 commentaires

  1. David

    1 février 2019 à 11 h 33 min

    Décu, déçu, déçu…!
    Je ne partage votre avis.
    1h25 de concert puis basta! Le strict minimum. Aucune communion avec le public, pas un bonjour, pas un au revoir, ni un merci. Les musiciens qui restent dans l’ombre. Des images un peu « faciles » et un message vite envoyé. Un début plutôt mou (comme le public!), et puis quand ça commençe à devenir pas trop mal, hop!, c’est déjà fini!…Aucun rappel. Ce n’est pas ce que j’attends d’un concert. Bref, je me suis ennuyé! Et je ne parle même pas des reprises rock (ça, c’est pas leur truc).
    Quand je compare avec Roger Waters des Pink Floyd l’année dernière au Sportpaleis (musicalité, message ultra-politisé, show lumière,…), qui se donne,lui, pendant près de 3h pour son public, avec des musiciens mis en valeur, un vrai message et un public conquis par une montée en puissance et une apothéose finale, je me dis que les Massive Attack,eux, ne jouent pas dans la même division question concert! Heureusement que le son était bon (dommage que j’étais un peu trop loin pour être vraiment « dans » le concert). Une honte pour un si bon groupe.
    En un mot: une arnaque!!! Dommage…

  2. SCHIRRU Tino

    1 février 2019 à 21 h 04 min

    Déçu sur tout les points de vue.
    Pas pour les 60€ du billet mais pour le manque d’engagement avec les fans et trop de messages politiques qui étaient omniprésents.
    Ce qui n’a pas du tout donné
    envie de faire la fête et de s’amuser.
    Grande déception !!!!!

  3. Waterlot

    2 février 2019 à 14 h 10 min

    Bonjour en accord avec vos 2 commentaires , le groupe et le « journaliste » devraient changer de métier, nous y étions (cadeau de Noël) !!!!

  4. herve scailquin

    3 février 2019 à 11 h 09 min

    le concert le plus chiant de tous les temps.

  5. lamusique

    6 février 2019 à 0 h 44 min

    Massive Attack c’est surtout un groupe de studio, leur musique le reflète bien. 60€ le concert je trouve ça cher

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