Biolay et Poupaud dans leur jardin d’hiver au 140

BENJAMIN BIOLAY ET MELVIL POUPAUD

Benjamin Biolay a présenté, mercredi au Théâtre 140, son spectacle Songbook en compagnie de l’acteur Melvil Poupaud et du pianiste Johann Daglaard. Avec ses chansons préférées.

Benjamin l’a toujours dit: sa salle bruxelloise préférée est l’AB où il s’est souvent produit et où, dernièrement encore, il a présenté ses albums Palermo, Hollywood et Volver. Mais ce projet-ci est différent, plus intime. Raison pour laquelle, douze ans après, il est revenu au Théâtre 140. Là où s’est produite une partie des chanteurs et chanteuses auxquels il a tenu à rendre hommage tout au long de ce spectacle consacré aux merveilles de la chanson française.
Pour s’offrir ce plaisir, vite partagé par des salles pleines au cours d’une tournée de plus de quarante dates, Benjamin s’est entouré de l’acteur Melvil Poupaud (à ne pas confondre avec Yarol, son frère guitariste de Johnny) qui passe aisément de la batterie, à la guitare, à la basse et à l’harmonica. Le Danois Johann Daglaard complète au piano, au synthé et à l’accordéon ce trio. Biolay passe, lui, du piano à la trompette et à la guitare.
Pas rancunier pour un sou, Benjamin reprend trois fois Henri Salvador (qui, à la fin de sa vie, crachait sur lui toutes ses fausses dents) avant d’en faire autant avec celles à qui il a offert des chansons, que ce soit Vanessa Paradis ou Juliette Greco. Et puis il y a ces “immortelles” auxquelles il ne peut résister comme “La Rua Madureira” de Nino Ferrer qu’il a redécouverte par hasard. Nougaro (“Cécile”), Gainsbourg (“L’eau à la bouche”), Brassens (“Papa, maman”), Clerc (“Souffrir par toi n’est pas souffrir”), Daho (“Le grand sommeil”), Sinatra (“The Way You Look Tonight”), Aznavour (“Me voilà seul”, “Tu t’laisses aller” avec un joli jeu de comédiens), Moustaki (“Ma solitude”), Ferré (“Jolie môme”)… font partie du panthéon de Benjamin. Ce dernier a décidé de se faire plaisir, disions-nous, et ses plus belles chansons font également partie du répertoire (des “Cerfs volants” à “La superbe” en passant par “Ton héritage”). Lucidité ou prétention à ainsi mesurer ses réalisations aux plus grandes heures du répertoire de la chanson française? Peu importe car les compos de Biolay font aisément le poids et s’inscrivent définitivement, et sans rougir, parmi les chefs-d’oeuvre des seigneurs.
L’émotion est telle à entendre tant de beauté (au point que nous guette le syndrome florentin de Stendhal) que l’humour de ces deux comédiens n’est pas de trop pour rendre cette soirée parfaite. Les roadies, au fil du concert, viennent enlever petit à petit chaque instrument pour que les trois artistes, au final, se retrouvent sans rien, dépouillés, nus mais fiers et heureux. Si seulement ils pouvaient être plus nombreux ces artistes qui sortent ainsi des autoroutes de tournées promotionnelles pour juste se faire plaisir et procurer au public de trop rares moments d’émotion pure.

THIERRY COLJON
PHOTOS PIERRE-YVES THIENPONT

PROGRAMME
À Cannes cet été
Faire des ronds dans l’eau
La Rua Madureira
Station Quatre-Septembre
Dans mon dos
La Vanité
Jardin d’Hiver
Tout mais pas ça
Cécile
Me voilà seul
Tu t’laisses aller
L’eau à la bouche
Les Cerfs-volants
Miss Miss
Confettis
Papa, Maman
Le grand sommeil
Souffrir par toi n’est pas souffrir
The Way You Look Tonight
Dans la chambre d’Agate
La Superbe
Ton héritage
Ma solitude
Pardonne-moi
Déjeuner de soleil
Jolie môme


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