Rammstein enflamme Bruxelles

BRUXELLES, concert Rammstein stade roi stade roi baudouin.GOLINVAUX MATHIEU./LESOIR

Le groupe metal allemand se produisait pour la première fois au stade Roi Baudouin. Un concert enflammé.

« Allumer le feu ! », chantait Johnny. En allemand : « Feuer Frei ! ». Les métallurgistes berlinois de Rammstein ne se sont pas fait prier pour leur première tournée des stades qui passait par Bruxelles mercredi. Même si, il est vrai, le public a dû prendre son mal en patience avant que le stade Roi Baudouin ne brûle vraiment. La faute à un ciel qui restait clair, envers et contre tous. Les flammes n’ont pas le même ressenti en plein jour que dans la nuit noire…

Vers 20h40, de la fumée noire s’échappe des quatre tours de fortune disséminées dans le stade et annonce l’arrivée de l’armée teutonne. Coup de caisse claire surpuissante, feu d’artifice ! On se dit qu’on va s’en prendre plein les mirettes pendant deux heures. Pourtant, le concert démarre calmement (tout est relatif, ça reste Rammstein…) et la première heure sera même presque… austère.

La scène a pourtant de quoi impressionner. Sorte d’usine à gaz moderne avec en son centre, une tour estampillée du logo du groupe, façon immeuble new-yorkais d’après l’Apocalypse. « Was ich Liebe », ballade du dernier album, lance les hostilités, suivi de « Links 2, 3, 4 » et « Tatoo », mais tout est calme. On a presque cette impression bizarre d’assister au soundcheck. Les six Berlinois ont beau être déguisés comme pour Halloween et passer aux choses sérieuses avec « Sehnsucht », le monstrueux « Mein Herz Brennt » et les deux meilleurs morceaux du nouvel album éponyme (« Zeich Dich » et « Puppe »), rien n’y fait. Quelque chose ne passe pas. La fumée reste noire et il manque peut-être un grand écran pour apprécier vraiment ce qui se trame sur scène…

BRUXELLES, concert Rammstein stade roi stade roi baudouin.GOLINVAUX MATHIEU./LESOIR

Le problème des concerts en stade. Où se placer ? Sans pouvoir espérer le golden circle (qui restait pourtant bien clairsemée…), les alentours sont vastes, trop vastes et on finit par passer le plus clair de son temps à regarder la scène à travers les écrans des téléphones portables de nos chers voisins. L’ambiance est ailleurs… En vrai, elle est plutôt dans les gradins qui offrent une meilleure perspective, niveau visuel et sonore. Mais le constat est le même que pour le concert de Metallica il y a trois semaines. La première heure s’éternise. Et ce n’est qu’une fois la nuit levée que l’affaire peut vraiment prendre son envol.

Le point de (nouveau) départ se nomme « Deutschland ». Forcément. « Deutschland über allen ! ». Derrière la provoc’, un hymne anti-nationaliste. Et un hymne de stade ! A partir de là, les flammes se libèrent et le metal industriel des Allemands sonne enfin dur, net, précis et tranchant, façon Blitzkrieg dans ta gueule, la bonne humeur en plus. Car on est surtout là pour s’amuser à un grand spectacle pop et théâtral. Et Rammstein rappelle qu’à ce petit jeu, à l’heure actuelle, il est une des machines les plus huilées qui soit.

« Mein Teil » et son chaudron dans lequel brûle le claviériste Flake, le tube « Du Hast » et son arbalète aux flèches de flamme qui traversent le stade, « Sonne » et ses cheminées qui crachent du feu aux quatre coins de l’arène, « Pussy » et son pénis géant qui expulse sa semence (des confettis) avant le fameux « Rammstein » et sa combinaison de feu en apothéose, titre du premier album que David Lynch avait utilisé pour son Lost Highway pour une scène qui avait marqué plus d’un esprit.

Grand spectacle, grand guignol, mais derrière le fun, un sacré groupe de rock avec des hymnes que tout un stade reprend, en allemand dans le texte. Et quand le groupe revient en barque de fortune sur la foule, de la petite scène à la grande pour le tube dance « Ausländer » (« Etranger »), il parvient même, l’air de rien, à placer un commentaire politique clair à l’aide d’une simple pancarte où il est inscrit : « Wilkommen ». Déjà ça que les fans du Vlaams Belang et de l’AfD ne récupéreront pas…

Pour sa première tournée des stades, Rammstein a donc relevé le défi. Loin de ne se baser que sur la pyrotechnie, le groupe berlinois a avant tout fait parler ses chansons. Dont nombre s’apparentent à de véritables hymnes qui prennent tout leur sens dans un stade, devant une foule immense. De quoi se poser cette question : Rammstein est-il le plus grand groupe metal de son époque ? Savez ce que dit l’adage : à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne…

DIDIER ZACHARIE
Photos MATHIEU GOLINVAUX

BRUXELLES, concert Rammstein stade roi stade roi baudouin.GOLINVAUX MATHIEU./LESOIR

SETLIST : Was Ich Liebe/ Links 2-3-4/ Tattoo/ Sehnsucht/ Zeig Dich/ Mein Herz Brennt/ Puppe/ Heirate Mich/ Diamant/ Deutschland RMX/ Deutschland/ Radio/ Mein Teil/ Du Hast/ Sonne/ Ohne Dich RAPPEL 1 Engel (au piano avec Scala et Kolacny sur la petite scène)/ Ausländer/ Du Riecht So Gut/ Pussy RAPPEL 2 Rammstein/ Ich Will

BRUXELLES, concert Rammstein stade roi stade roi baudouin.GOLINVAUX MATHIEU./LESOIR

BRUXELLES, concert Rammstein stade roi stade roi baudouin.GOLINVAUX MATHIEU./LESOIR

BRUXELLES, concert Rammstein stade roi stade roi baudouin.GOLINVAUX MATHIEU./LESOIR

BRUXELLES, concert Rammstein stade roi stade roi baudouin.GOLINVAUX MATHIEU./LESOIR

BRUXELLES, concert Rammstein stade roi stade roi baudouin.GOLINVAUX MATHIEU./LESOIR

Journaliste lesoir.be

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