Dans le genre ascension fulgurante, les Alabama Shakes sont plutôt pas mal. Lundi, les Américains faisaient sold out à l’AB Club. Et on met notre Boys & Girls, leur premier album, à couper qu’ils rempliront l’Ancienne Belgique, la grande, avant la fin de l’année.

C’est que tout va vite, très vite, ce serait téméraire de dire trop vite, pour ces petits protégés de Jack White (toujours la garantie qu’on prête un minimum d’attention à tes disques même si tu n’as fait qu’enregistrer une session chez lui quand il était pas là). Il y a un an, le groupe d’Athens devait supplier les patrons de bar pour jouer. Aujourd’hui, ce sont les programmateurs des festivals d’été qui leur font des courbettes. Les Alabama Shakes sont promis au succès. Un succès garanti par la voix, quelle voix, douce et sèche, chaude et autoritaire, de Brittany Howard. Cette « ptite ptite ptite » fillotte d’Aretha Franklin capable de vous faire chialer avec une « berceuse » comme de vous arracher les tympans et quelques mouvements de hanche en hurlant telle une soul girl possédée par les démons de sa majesté le rock’n’roll.
Dans un Club de l’AB aussi prisé que le pub d’en face un soir de derby mancunien, le concert d’Alabama Shakes avait déjà ce lundi des allures de triomphe. Entre soul vintage et rock sudiste, Brittany, lunettes, coupe afro, et ses blancs becs de musicos (un guitariste, un bassiste, un batteur et un claviériste) jouent la B.O. d’une Amérique disparue.
Hang Loose, Hold on, Rise to the sun… Tout l’album (à l’exception de Heartbreaker) y passe. On pense inévitablement au Oh Sweet Nuthin du Velvet Underground en entendant You ain’t alone.
Mais si on s’attendait au disque, à tout casser un set de trois quarts d’heure, c’est pendant une heure et quart qu’Alabama a secoué l’AB. Ces cinq-là n’ont pas volé leur buzz.

J.B.

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