Ce sport est hypnotique mais c’est la balle qui vous regarde dans les yeux (ou comment j’ai réussi mon brevet)

Récit de la journée de dimanche pendant laquelle j’ai passé mon brevet.

Samedi soir, je me couche. Plus tard que prévu mais pas très tard non plus, même s’il était déjà dimanche, en fait.

Je me suis donc couché et, je vous jure que c’est vrai, j’ai rêvé de golf. C’était un peu bizarre comme rêve. J’étais avec le capitaine et une autre personne, dans un golf situé dans la montagne. Mon capitaine tentait de me vendre des assurances et j’étais très stressé car je m’étais levé trop tard (dans le rêve, hein) pour prendre une douche.

Heureusement, je n’ai pas d’autres souvenirs :-)

A 6h30, mon gsm a sonné. Ma femme se réveille et me demande: “tu as mis le réveil à 6h30 mais tu pars à quelle heure?”

“Euh, à 8h00″.

“Et il va sonner souvent?”

“Euh, j’avais peur de ne pas me réveiller, je l’ai mis 5 fois…”

Je me lève donc, le café n’est pas encore passé. J’écris un post sur mon blog tennis, histoire de passer le temps.

Mon épouse se lève un peu plus tard, me souhaite bon anniversaire, je lui réciproque et je commence à parler à une vitesse impressionnante. Elle me regarde, interloquée et me lance: “on dirait un de mes élèves avant de passer un examen. Ne me dis pas que tu stresses?”

“Moi, stressé, mais non voyons, stressé de quoi?”

En fait, je mens. Et elle le sait. Je suis aussi stressé que je ne l’étais quelques heures avant un match important en interclubs de tennis. Quand, sur le coup de 7 heures, on se dit que l’on doit gagner et que l’on est persuadé que la technique ne sera pas au rendez-vous.

Mais ce stress ne m’inquiète pas car je sais que je suis un compétiteur. En tennis, j’étais assez mauvais en match amical et nettement meilleur en compétition. Donc, je me dis que je ne peux qu’être meilleur sur le parcours que je ne l’avais été la veille avec mon clone et madame clone.

Direction mon home club. Qui est situé à 17 minutes de la maison et qui ouvre à 8h30. Je suis dans mon auto à 7h50. Donc, fatalement, je vais être trop tôt.

Mais je pars tout de même car je pestèle dans la maison (à Binche, on dit du Gille qu’il pestèle le mardi gras matin avant que le tambour ne vienne le chercher. Il se fait que je suis de Binche et que je fais le Gille :-) .

Et, de fait, me voilà dans le parking à 8h07 (ben oui, 17 minutes). Je sors de l’auto et je me prépare.

Je prends quatre tees dans ma poche (en bois les tees), un relève pitch, un marqueur de balle, un stylo-bille, une carte de score. Je vérifie mes clubs (comme si j’avais besoin de les vérifier alors que je n’en ai que 7!) Et, incroyable, je les frotte même avec un essuie.

Mes deux co-compétiteurs qui vont m’accompagner pour le brevet arrivent vers 8h20. Eric et Véronique.

On discute. Eric étant joueur de tennis aussi, je lui lance “on est biessss (je suis de Binche, je confirme) tout de même de se lever aussi tôt que pour des interclubs!”

Le practice ouvre. Plutôt que de m’entraîner comme d’habitude en commençant par le 7, je suis les conseils de madame clone qui m’avais signalé que le Pro préconisait un échauffement au sandwedge, puis au 9, puis au 7, puis au 5, puis au driver. Je m’exécute et je dois bien dire que c’est assez efficace.

Le capitaine arrive. On partira du 10.

Je suis le premier sur la liste et je vais donc avoir l’honneur de commencer.

Mon stress a complètement disparu. Exactement comme je l’espérais.

Je place mon tee sur le 10. Je prépare mon drive.

Samedi, j’avais raté quasi tous mes départs. Je décide de conserver le drive malgré tout mais de raccourcir mon back swing. Bingo. Elle part, droit. Pas  très loin, mais droit et sur le fairway. YES!

Eric et Véronique s’élancent à leur tour. Avec un rien moins de succès, mais rien de catastrophique non plus.

La journée commence bien et va bien se poursuivre. Je termine le 10, un par 5, en 9. Pas terrible mais les sensations sont là.

Le 11, arrive. Re-bon départ. Le green en quatre et double bogey. Re-YES!

Cela se complique un peu pour Véro qui, en fait, craque sous une pression qui n’a pas lieu d’être. Le capitaine la réconforte, Eric aussi et puis j’y vais aussi de mon petit soutien amical.

Le 12. Je l’aime bien. Et je me dis que je vais allonger mon back swing. Je frappe bien mais la balle part à droite. Je joue une provisoire, nickel. Le capitaine, je dois bien le dire, ne s’occupe plus vraiment de moi.

Les trous suivants se passent également de manière satisfaisante. Et on arrive sur le 15, un par 3. Je suis en deux derrière une butte de protection du green. Je prends le sand. Magique, ma balle s’envole et atterrit à deux mètres du drapeau. Bogey!

Vient le 18. Qui me réussit bien. C’est un par 5. Je frappe en visant les deux portes de la distillerie (c’est Paul qui m’a donné le conseil). Bien, droite et longue. Mon deuxième coup est moyen mais, grisé par l’enjeu et par le fait que ma balle est magnifiquement posée sur le fairway, je me dis que je tenterais bien mon hybride. Le capitaine me regarde étonné: “tu as déjà joué avec ce club?”

“Euh, un peu au practice, oui, mais on est là pour apprendre, non?”

Je frappe et, yes!, je la touche bien. La balle roule, roule et s’arrête à 110 mètres du drapeau. Seul hic, le green du 18 est protégé par un obstacle d’eau.

Je dois jouer mon quatrième coup sur ce par 5.

J’hésite. Quand je frappe bien avec le 7, je fais entre 110 et 140. Mais il faut que je frappe bien.

Le capitaine: “vise à gauche ou à droite, non?”

Moi: “bah, si ma balle va dans l’eau, on ne va pas me prendre 10.000 euros? Donc, si j’essayais avec le 7 ?”

Le capitaine sourit: ‘tu as raison”

C’est là que j’ai eu un orgasme.

Golfique, s’entend.

Je me prépare, me relâche totalement. Pas la force, mais la souplesse, pas la force mais la souplesse, pas la force mais la souplesse.

Je suis hypnotisé par la balle (je prends toujours des jaunes, sans doute par habitude tennistique). Je la regarde mais c’est elle qui décide. J’enclenche mon mouvement. Et ma belle jaune s’envole, vole. Dépasse l’obstacle d’eau. Atterrit juste avant le green, roule un peu et s’arrête à 5 mètres du trou.

Un orgasme, je vous dis. Pas parce que je suis en 4 sur le green mais parce que j’ai frappé un vrai coup de golf.

Mes deux amis du jour me félicitent. Tout comme le capitaine. Je ne suis pas peu fier.

Vais-je réussir mon premier par en passant mon brevet?

Cool, Patrick.

Je suis cool.

Je putte… elle passe à côté du trou.

Je ferai bogey. Sur le 18.

Mon capitaine fait ses comptes. On a tous réussi notre brevet.

Une règle de mon home club interdit que le capitaine donne un handicap plus bas que 50. Je suis donc 50.

Je lui demande combien il m’aurait donné s’il avait pu ?

“36, mais ne t’inquiète pas, tu le seras vite.”

Je ne m’inquiète pas.

Je suis juste un peu impatient.

Prochaine étape: une compétition match play.

Je sens que cela va me plaire.

:-)

 

 

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3 réponses à Ce sport est hypnotique mais c’est la balle qui vous regarde dans les yeux (ou comment j’ai réussi mon brevet)

  1. Phildar dit :

    C’est comme partout ! C’est l’école des fans ! Tout le monde gagne… Un jour ou l’autre..

    Et c’est très bien ainsi !

    En effet, qui serait assez fou pour passer des heures, des jours et des semaines même (voire des mois) pour s’entrainer au golf sans pouvoir jouer vraiment ? Alors… Le brevet est nécessaire, ok ok… Mais jouer est bien plus important !

    Un Must : Respectez l’étiquette et les autres joueurs.

    Bonne partie à tous !

  2. rouche22 dit :

    Bonjour,

    Je suis votre blog assez régulierement, et j’ai l’impression de me voir il y a 5 ans.
    Continuez comme cela et votre index descendra bien vite.

    Le match play est un must pour un tennisman :-) vous allez adorer !!

    un houdinois expatrié en Bretagne

  3. Merlin dit :

    Bonjour,

    Je ne connais absolument rien au golf, j’espère que vous allez me faire apprécier ce sport qui me semble passionnant :) .

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