Les Forces spéciales australiennes découvrent une large cache de stupéfiants

DAYKUNDI, Afghanistan July 22, 2011– Les Forces spéciales australiennes et leurs partenaires afghans ont découvert ce 10 juillet, en province de Daykundi, une large cache de stupéfiants et d’armes qui appartiendrait à l’insurrection. L’unité afghane “Afghan National Interdiction Unit” (NIU), appuyée par le groupe australien d’opérations spéciales (SOTG) ont saisi une tonne d’opium, plusieurs kilos d’héroïne et plus de deux tonnes de produits chimiques précurseurs, utilisés pour produire les stupéfiants. Durant la saisie, plus de vingt armes ont été découvertes: revolvers, fusils, mitrailleurs et leurs munitions.

viaSpecial Forces Discover Large Insurgent Drug and Weapons Cache | ISAF – International Security Assistance Force.

Comment le profil des mafieux serbes s’est transformé

Belgrade
“La Serbie est aujourd’hui une narco-société dans laquelle circule d’énormes montants d’argent liquide venant des stupéfiants. (…) Ces trafics ont représenté la forme “séminale”, la “matrice” du crime organisé en Serbie », affirme Aleksandar Fatic, professeur et directeur du Belgrade Center for Security Studies.
Mais comment cette dissémination s’est-elle opérée ? Spécifiquement chargé d’enquêter sur les activités internationales de la mafia serbe, une source haut placée au coeur du nouveau service de sécurité, le BIA, nous explique comment a évolué le profil des criminels serbes : en substance, ce n’était au départ que de puissants voyous paramilitaires, actifs dans les guerres de Yougoslavie des années nonante, et qui, sous la direction de criminels comme le « fameux » Zeljko Raznatovic Arkan, travaillaient pour la Sécurité d’Etat serbe. La plupart d’entre eux étaient des tueurs de pacotille, ne voulaient que montrer publiquement un faux patriotisme, mais ils vivaient du vol de bijouteries et de banques à travers l’Europe.
Puis sont arrivés les tueurs-racketteurs brutaux et silencieux du clan Zemun qui, durant quelques années au début de la décennie, sont devenus les principaux pourvoyeurs d’héroïne de Serbie – et de quelques autres pays d’Europe – en vendant les cargaisons qui leur venaient de groupes de Rozaje (Monténégro) et du Kosovo. Ensemble, main dans la main avec l’unité des opérations spéciales de l’ex-Sécurité – responsable des assassinats politiques commis en Serbie durant le régime de Slobodan Miloševic- ils vont assassiner en 2003 le Premier ministre démocratique du pays, Zoran Djindjic. Djindjic avait entamé une lutte systématique contre le crime organisé.
600 kg d’héroïne à la banque
C’était une époque étonnante, confirme le chef de la section stups de Belgrade, Rakic : pour lui, personne n’a réellement été surpris lorsque, peu après la révolution démocratique, 600 kg d’héroïne pure ont été retrouvés en dépôt à la Commercial Bank de Belgrade, dans un coffre appartenant à la Sécurité d’Etat.
« Désormais, nous parlons de criminels yuppies, en costume d’affaires, qui utilisent leurs laptops et le réseau Skype – ou les réseaux sociaux en ligne – pour superviser leurs transports de stups, cependant qu’ils sont eux mêmes installés à des milliers de kilomètres de ces stupéfiants », explique notre source au BIA.
En se glissant dans ces costumes d’homme d’affaires et en utilisant des comptes offshore, ils ont lavé leur argent lors de la privatisation des anciennes sociétés communistes, alors que cette privatisation était supposée transformer l’économie serbe et attirer les investisseurs étrangers. L’appareil répressif serbe n’a pas su réagir à temps : même des criminels bien connus comme Sreten Jocic, alias « Joca d’Amsterdam » ( qui allait ensuite être arrêté pour le meurtre du journaliste-rédacteur en chef croate Ivo Pukanic), se sont présentés au titre d’acheteurs officiels lors de ventes au enchères de l’agence de privatisation.
Mais la répression s’est améliorée durant les dernières années, avec l’adoption d’une nouvelle loi permettant la saisie du patrimoine des criminels, leurs comptes en banque, villas, véhicules, sociétés commerciales. L’antigang (SBPOK) a de son côté développé des agents infiltrés, de fausses ventes, etc.

Djordje Padejski

Mottaki: pour un sommet anti-drogues UE-Turquie-Iran

Ancien ministre des Affaires étrangères d’Iran, tombé en disgrâce fin 2010 suite à un différend avec le président Ahmadinejad, Manouchehr Mottaki reste une voix importante de la diplomatie iranienne. Nous l’avions interrogé avant sa chute, à un moment où il était encore le chef de la diplomatie iranienne:

Mottaki: Nous pensons que l’héroïne touche toutes les nations, par delà les frontières. C’est un sale commerce, mené par des mafias cruelles qui ne pensent pas à la jeunesse. Le crime organisé doit être combattu par tous les gouvernements. Malheureusement, une mauvaise gouvernance en Afghanistan, qui a ses racines dans la politique britannique (Londres est chargé de la lutte anti-drogue en Afghanistan, comme vous le savez), fait que ce combat est aujourd’hui un désastre. Nous pensons que les Britanniques devraient revoir leur politique. Le résultat de leur politique, c’est le passage de 300 tonnes à 9.000 tonnes d’opium annuelles. S’ils n’y parviennent pas, c’est mieux qu’ils renoncent et que d’autres se chargent de cette politique. lire la suite

Quel est le marché local en Serbie?

Belgrade

La carte des trafics serbes

Polices et douanes serbes ont désormais moins de succès que les années précédentes lorsqu’ils tentent d’intercepter les cargaisons d’héroïne. Une fois encore, ce serait dû à la modification des routes de trafic, des routes qui évitent désormais de traverser la Serbie. Au total, la police a saisi  242,85 kg d’héroïne en 2010,  169,2 kg en  2009, 208 kg en 2008, alors qu’en 2006 presque 700 kg avaient été saisis. Si on étudie les saisies significatives de 2010 et 2011, 46% de l’héroïne vient du Kosovo, 10% de Bulgarie, 10% du Monténégro et 7% directement de Turquie. 25% de l’héroïne saisie est simplement d’origine inconnue. Sur l’ensemble des groupes appréhendés en 2010 pour commerce de stupéfiants, seuls 18 étaient impliqués dans la vente d’héroïne. Cependant, les prix pratiqués en rue en Serbie suggèrent que l’héroïne y est aisément accessible.

« Le prix courant du quart de gramme oscille entre 7 et 10 euros, mais le prix décroît avec la quantité : un gramme tournera autour de 15 à 20 euros. Nous nous sommes aperçus que le prix de gros du kilo d’héroïne ne dépassait pas les 12.000 euros mais à nouveau, cela peut varier selon la qualité », constate Dragan Rakic, l’un des chefs de la police antidrogue de Belgrade. Quelques gros poissons avaient même un accès moins onéreux. La Cour spéciale contre le crime organisé a trouvé qu’une autre figure bien connue parmi les trafiquants,  Suvad Music, de Rožaje, a acheté son héroïne au Kosovo au prix de 8 à 9.000 euros, et la vendait  pour 10 à 11.000 euros.

Les villes les plus importantes de Serbie, comme Belgrade, Novi Sad et Niš sont des carrefours de l’héroïne, car la majorités des héroïnomanes y vivent. Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, la Serbie a au minimum 24.000 héroïnomanes. Cependant, il est certains lieux qui se trouvent sur les routes locales ou internationales de trafic et qui, de ce fait, connaissent davantage de saisies et d’arrestations que partout ailleurs : Novi Pazar, Pirot, Bujanovac, Sremska Mitrovica et Jagodina.

“Novi Pazar est célèbre pour tous types de transports de Turquie vers l’Europe, avec le plus grand nombre de camions rassemblés de tout le pays. Ils ont commencé à se tourner vers l’héroïne lorsque le marché du jeans a commencé à s’effondrer. Il y a plusieurs personnages puissants qui organisent le trafic via des sociétés de transport, comme Faruk Kadric”, affirme le chef de police Rakić. La police lui a saisi au moins 50 kg d’héroïne en 2008. Beaucoup de conducteurs de camions se sont fait attraper à Novi Pazar, comme Binak Kalača, qui a été pris en 2006 avec une cargaison de 125 kg, confirment des inspecteurs du SBPOK, le service de police spécialisé dans la lutte contre le crime organisé .

Pirot est la première ville après le passage du principal poste-frontière serbo-bulgare de Gradina, sur la route centrale de l’héroïne qui relie la Turquie, la Bulgarie et l’Europe. Ici, les douanes interceptent régulièrement des Turcs, Bulgares et Serbes en possession de plus de cinq kilos d’héroïne. Bujanovac représente l’aile sud-ouest du trafic d’héroïne de Kosovo vers la Serbie, cependant que Sremska Mitrovica ouvre la voie de Belgrade vers la Croatie et ensuite la Slovénie. Jagodina, une ville du centre de la Serbie située sur la route principale traversant le pays, est connue pour ses puissants commercants d’héroïne, liés aux autorités locales corrompues.

“A Belgrade, nous avons au moins vingt petits groupes, en principal des dealers de rue. En 2010, d’anciens  membres du clan Zemun (ce qu’on appelait auparavant la « brigade du pied-de-biche ») ont été arrêtés pour commerce d’héroïne, mais il n’existe plus de clan puissant qui soit équivalent à ce qu’a été le clan Zemun », estime Rakić.

Djordje Padejski

Lemahieu (ONUDC, Kaboul): ne mettez pas tout sur le dos des talibans

Kaboul
Fin 2004, pour le Congrès US, les montants issus du commerce de l’héroïne afghane et prétendument empochés par Al-Qaïda étaient estimés à 28 millions US$ (21 millions d’euros  au taux de l’époque). Absolument invérifiable. Mais… crédible lorsqu’on nous comparons ce chiffre à différentes évaluations des revenus de la drogue encaissés par les insurgés afghans, et ce à diverses époques de leur existence.
Fin des années nonante, alors qu’ils étaient au pouvoir, les talibans percevaient chaque année de 75 à 100 millions US$ sur l’opium et l’héroïne, des montants confirmés par plusieurs instructions judiciaires et procès menés à New York. Après quelques années d’or (2006, 2007) où les talibans ont empoché jusqu’à 400 millions US$ par an sur l’héroïne, les revenus se sont tassés à un niveau estimé désormais par les enquêteurs ONU à 91 millions d’euros/an. Mais ce chiffre est incomplet: il compile les revenus des taxes de protection payées par le fermier, le camionneur, l’exploitant de laboratoire et le passeur en frontière, mais il ne tient pas compte d’un nouveau revenu auquel semblent s’être attachés les talibans: la gestion de certains laboratoires rudimentaires, et l’importation de produits chimiques précurseurs, essentiels au raffinage de l’héroïne.
Au total cependant, l’équation «talibans = héroïne» demeure sujette à caution: les stupéfiants ne fourniraient que 10 à 15% des quelque 630 à 650 millions d’euros nécessaires au soutien de l’insurrection. Et le Belge Jean-Luc Lemahieu, patron du bureau afghan de l’agence anti-drogue des Nations Unies (ONUDC), nous met en garde: «Il faut faire attention : on ne doit pas mettre toute la responsabilité de la drogue sur les talibans. C’est faux ! La collusion entre trafiquants, gouvernement et talibans, voilà ce qui est la faiblesse de ce pays. Il y a une collusion énorme entre les divers intérêts, et c’est absolument faux de dire que les talibans sont responsables de tout : la faiblesse du gouvernement est un élément. (Par ailleurs) il existe une responsabilité des Belges de travailler contre l’addiction en Belgique, tout en gardant un œil sur la situation sécuritaire de l’Afghanistan. Si le gouvernement afghan tombe, les conséquences seront ressenties jusqu’en Belgique même. La globalisation n’est pas uniquement une globalisation économique, c’est aussi une globalisation à tout niveaux, avec des conséquences énormes. Il faut prendre ses responsabilités.»

Serbie: étonnant cartel entre Serbes et Kosovars

Belgrade

Quand Borislav Plavšić, 49 ans, dit Zabac (“la grenouille”) et Zoran Petković, 48 ans, dit  Suri (“le cruel”) ont été attrapés en octobre 2010 près de Pancevo avec 120 kilos d’héroïne afghane pure, il était clair aux yeux des policiers qu’il ne s’agissait que de petits poissons. Des éléments moyens de la chaîne des stupéfiants, qui unissent des groupes plus puissants. Le camion Mercedes-Benz de Petkovic, enregistré en Slovénie, était supposé transporter des palettes de bois emplies de citrons, cependant que 383 paquets d’héroïne étaient dissimulés dans la structure de bois.

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Paoli: l’Afghanistan, idéal pour un trafic de grande ampleur

Letizia Paoli, chercheuse à l’université de Leuven (KUL), spécialisée dans le crime organisé, vous avez publié aux côtés de Victoria Greenfield et Peter Reuter le livre “The World Heroin Market. Can Supply be cut?” (Oxford University Press, 2009). Tout au long de l’enquête que nous publions cette semaine en version papier dans “Le Soir”, vous serez notre experte sur l’économie de l’héroïne. D’abord, dans quelle mesure pensez-vous que les chiffres de l’ONUDC soient fiables ?

Les chiffres des relevés de terrain (surveys) sur la capacité de production et les terres consacrées au pavot sont les meilleurs dont nous disposions. Ces chiffres semblent produits selon une procédure fiable. C’est autre chose lorsqu’il s’agit des saisies, des routes, des indices de trafic : là, ces chiffres sont moins fiables, ne fut-ce que parce qu’ils sont envoyés par des acteurs gouvernementaux. Puis ils ne sont pas toujours utilisables: on parle de saisies d’un tel volume sans les corréler à une pureté. C’est important car, par exemple, si nous tentons d’étudier ce qu’a été l’impact de l’interdiction talibane de l’héroïne (2001), on voit que l’impact sur les prix a été très court, mais l’impact sur la pureté a été plus long et cet impact, lui, a été ressenti jusqu’en Turquie et en Grande-Bretagne. La qualité de ces données là devrait être sérieusement améliorée. Je pense que ce n’est pas impossible, c’est surtout une question de volonté politique.

Dans votre livre, vous évoquez (p. 122) une catégorisation croissante des trafiquants. Comment les organiseriez-vous aujourd’hui ?

Vous avez d’abord les récoltants, qui récoltent le stupéfiant et l’amènent aux bazârs. De là, vous avez de petits trafiquants qui achètent l’opium et le vendent, presque jour après jour, à d’autres trafiquants qui, eux, vont amener leurs achats aux grands bazârs, ceux d’importance régionale. L’une des conséquences paradoxales de la répression accrue est que vous avez de manière accrue des profils distincts de trafiquants. lire la suite

Costa: hors Afghanistan, les bénéfices du trafic échappent aux Afghans

Antonio Maria Costa, vous avez été jusqu’à l’an dernier le directeur de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC, basé à Vienne).  Qui s’enrichit, en Afghanistan – et dans l’environnement immédiat de l’Afghanistan – avec le trafic d’opium et d’héroïne ?

En pratique, toutes les minorités d’Afghanistan sont impliquées dans le processus de culture et d’exportation, mais en particulier la minorité pachtoune, qui domine dans la moitié sud du pays, où se trouve l’essentiel de la production de pavot.
Dès que le stupéfiant est exporté au Pakistan ou directement en Iran, d’autres groupes ethniques interviennent, d’abord les Baloutches. Les Baloutches se trouvent au sud de l’Afghanistan, à l’est de l’Iran, au nord du Pakistan. Puis, après la traversée de l’Iran,  le stupéfiant va entrer en zone kurde : les Kurdes sont réputés pour êtres impliqués, depuis longtemps, dans le trafic de stupéfiants, notamment en Turquie, mais aussi dans d’autres lieux comme l’Allemagne et autres endroits d’Europe.

Pachtounes, Baloutches, Kurdes, etc… Vous pensez qu’ils prennent une grande part des bénéfices ?

L’économie de l’héroïne commence à la ferme, et nous pensons que les fermiers prennent au total 5% de la valeur totale de l’économie de l’opium, qui peut se monter au niveau planétaire à 50 ou 60 milliards de dollars. Une fraction va au crime organisé afghan, ainsi qu’aux talibans et insurgés. Mais après cela, la valeur d’une cargaison tend à doubler à chaque passage de frontière, car le passage de frontière est considéré comme dangereux. Le plus grand bénéficiaire est le crime organisé, bien sur, qui, rien qu’en Europe, doit gagner plus de 20 milliards de dollars rien que sur l’héroïne.

Vous dites que, sur la route des Balkans, les groupes  locaux participent au trafic et prennent une part des bénéfices ?

Il existe une différence intéressante entre les trafiquants de cocaïne sud-américains et ceux qui trafiquent l’héroïne afghane. Pour la cocaïne, qu’elle soit produite en Colombie, au Pérou ou en Bolivie, la production, le trafic et même dans une certaine mesure la vente au détail restent dans les mains des Colombiens. Il en va autrement de l’héroïne afghane : les Afghans tiennent le trafic intérieur, mais à l’étranger, ils n’ont pas de diaspora importante, ils ne parlent pas les langues étrangères, ils sont aisément identifiables. Donc, dès que la drogue quitte l’Afghanistan, elle se trouve immédiatement dans les mains de cartels : certains sont des cartels politiques liés à l’insurrection et derrière lesquels se trouve un réseau mondial, certains sont des cartels européens, des cartels russes, etc. Nous avons même identifié un cartel nigérian qui est actif dans l’héroïne, au Pakistan, sur la frontière afghane.

Vous dites que 140 tonnes d’héroïne quittent l’Afghanistan, pour 87 tonnes qui arrivent réellement en Europe. La différence serait interceptée en Iran ?

En ce qui concerne l’Iran, il n’y a pas que les saisies : il y a aussi la consommation. Le taux de saisie iranien est de 22%. Les saisies sont considérables en Iran (et dans une certaine mesure aussi, à la frontière pakistanaise) : en Iran, 20% de la drogue qui passe est interceptée, ce qui est le plus haut taux au monde. Mais il y a aussi la consommation : nous pensons que 3, 5 à 4 millions d’Iraniens sont dépendants des opiacés, ce qui donne un taux de toxicomanie de 6%, sans doute le plus élevé au monde (6% de la population 18-64 ans : personne n’a cela!) Les Russes ont un plus fort pourcentage sur la tranche 18-24 ou 18-34, mais pas sur la population totale !
Le chiffre est contesté par les Iraniens : ils parlent de 1 à 2 millions. Mais c’est une tragédie nationale, cette drogue qui est consommée localement. Notre estimation est de 3 à 4 millions sur 72 millions d’habitants. C’est non seulement le taux le plus haut, mais aussi un dommage très élevé puisqu’il s’agit d’héroïne.

En bout de course, quels seront les grands marchés de l’héroïne en Europe ?

21% de l’héroïne qui arrive en Europe serait destinée au Royaume-Uni, 20% Italie – c’est une tragédie –, de même que  8-10% en Allemagne, et 8-10% en France.

Hamid Karzaï, protecteur des trafiquants d’héroïne

Un câble diplomatique américain, rendu public par WikiLeaks dans la nuit du 29 au 30 novembre 2010, met gravement en cause le président Hamid Karzaï en personne, et non plus seulement son frère (et narcotrafiquant présumé) Ahmed Wali Karzaï.Le câble accusateur Le 6 août 2009, à quelques jours des présidentielles, l’ambassadeur des Etats-Unis à Kaboul, l’ex-général Karl Eikenberry, expédie à Washington un câble diplomatique dans lequel il se plaint à nouveau des libérations de détenus ordonnées par le président afghan Hamid Karzaï avant même que ne se tienne le procès des inculpés. Dans ce texte, Eikenberry confirme le soutien objectif apporté par la présidence afghane aux criminels, et singulièrement aux trafiquants d’héroïne.Extraits: “A de nombreuses occasions, nous avons souligné auprès du Procureur général (Mohammad Ishaq) Aloko la nécessité de mettre un terme aux interventions de lui-même et du président Karzaï, qui tous deux autorisent la libération avant procès de détenus, et permettent à des individus dangereux de circuler librement et de revenir sur le champ de bataille sans même être confronté à un tribunal afghan.(…)   lire la suite

Saisie d’héroïne en Serbie

La police serbe a saisi 120 kg d’héroïne et procédé à l’arrestation de deux personnes, des ressortissants serbes, a déclaré vendredi le ministre de l’Intérieur, Ivica Dacic, cité par l’agence Beta. L’héroïne a été saisie mercredi dans un camion en provenance d’Istanbul et qui se rendait en République tchèque, a précisé le ministre.
“Les analyses ont montré qu’il s’agit d’héroïne de haute qualité, d’une valeur d’environ 10 millions d’euros”, a indiqué le ministre, en présentant cette saisie comme l’une des plus importantes opérations de ce type dans le pays depuis ces dix dernières années. L’opération ayant permis cette saisie résulte d’un travail de
plusieurs mois en collaboration avec Interpol et la police tchèque, a précisé M. Dacic.
Le ministre a ajouté, sans révéler plus de détails “dans l’intérêt de l’enquête”, que l’opération était toujours en cours et que d’autres arrestations auraient lieu. La Serbie se situe sur la route de la drogue venue d’Asie et
transitant par les Balkans vers l’Europe occidentale.

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