L’islam se révolte aux assises

Assises de Bruxelles.  Les marabouts proliféreraient dans la capitale

 

La tension est extrêmement vive aux assises de Bruxelles où comparaissent depuis une semaine les exorcistes musulmans accusés d’avoir provoqué la mort de Latifa Hachmi, 23 ans, soumise au rite moyenâgeux de la roqya, frappée de cent coups de bâton et quasi noyée dans sa baignoire. Hier, un frère de la victime n’a pu s’empêcher de lancer un strident « traître » à l’adresse de Xavier Meert, le converti qui avait procédé au rite tragique. Le témoignage du psychiatre Walter Poelman venait de révéler que l’accusé était revenu, quelques jours avant d’entamer la roqya fatale à Laetitia, de La Mecque. « Quand on revient de la Mecque, on est pur, on ne tue pas », nous a dit le frère de Latifa après une suspension d’audience forcée par les événements. L’avocat général Moreau a mis en garde les parties : les perturbateurs seront dorénavant expulsés ; la sécurité sera renforcée aux abords du Palais où des agressions sur la famille des exorcistes auraient été exercées.

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Roqya : « Autour d’elle comme des vautours »

Assises de Bruxelles.  Un enregistrement étonnant

Les exorcistes musulmans jugés à Bruxelles pour la mort sous les coups et par « quasi-noyade » de Latifa Hachmi (23 ans), étaient tellement fiers de leurs combats avec les djinns (les démons) qu’il leur arrivait d’enregistrer leurs séances de roqya, cet exorcisme fatal à la jeune femme. Les jurés bruxellois ont eu droit, lundi, à la diffusion de l’enregistrement audio d’une demi-heure de cette pratique moyenâgeuse pratiquée sur Nathalie, une convertie devenue « Amina ». Elle se plaignait d’insomnies, de crise d’épilepsie, de velléités suicidaires. Xavier Meert, lui aussi un converti, la soumet à la roqya : la récitation de sourates, le corps plongé dans un bain chaud, la traque des djinns « qui se cachent dans les veines ».

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Laaziza, victime abandonnée

Assises de Bruxelles. Latifa tentait de dissimuler ses bleus
 

Sur l'autre face de cette batte de base-ball figure la mention "Devils"; les diables que les exorcistes voulaient faire sortir du corps de Latifa. Elle fut frappée à cent reprises. © Pierre-Yves Thienpont/Lesoir.

 

La cour d’assises de Bruxelles qui juge depuis lundi dernier les exorcistes musulmans qui ont provoqué la mort de Latifa Hachmi, 23 ans, battue à mort et privée de nourriture par ses bourreaux, se transforme en laboratoire de sociologie. Le monde étrange qui existe au sein de la communauté islamique de Bruxelles (plusieurs centaines d’exorcismes par an) sera soumis cette semaine à l’expertise d’islamologues, appelés sur décision de la présidente Karin Gérard à éclairer les jurés sur ces pratiques moyenâgeuses et mortelles, fondées sur l’existence de djinns qui s’empareraient du corps et de la conscience de jeunes filles, toutes soumises à des traitements cruels et inhumains.

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Exorcisme : « L’un de vous ne dit pas la vérité »

Assises de Bruxelles. La présidente Karin Gerard met en garde les accusés du procès de la roqya mortelle
 

Selon son mari, Latifa se croyait possédée par le sort de l'infertilité que lui aurait infligé un "djinn", un diable dont elle voulait se débarasser . © D.R.

Les jurés des assises de Bruxelles, qui entendent depuis lundi le récit des exorciseurs de Latifa Hachmi, cette jeune femme morte noyée, dénutrie et frappée comme plâtre lors d’un rite moyenâgeux en 2004, se trouvent toujours confrontés à la solidarité que les « sœurs musulmanes », les « cheikhs » et le mari de la victime affichent depuis le box des accusés.

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L’incroyable mystère des 100 bleus

Assises de Bruxelles. Mort de Latifa : les exorciseurs conservent leurs secrets

L'interrogatoire serré mené par la présidente de la Cour d'assises Karin Gerard se poursuivra aujourd'hui. Le mari de la victime sur la sellette. © Pierre-Yves Thienpont/Lesoir.

La cour d’assises de Bruxelles est bien obligée de faire parler les six accusés de leurs inébranlables croyances moyenâgeuses qui voudraient que des « djinns », des diables, pénétrassent les corps et les esprits ; qu’il faudrait les chasser à force de récitations de versets du coran ; que l’eau chaude les indisposerait ; qu’ils provoqueraient des arrêts cardiaques et des ecchymoses ; que la mandragore les refoulerait dans leur monde. Que la mort de Latifa Hachmi, 23 ans, décédée en août 2004 des suites d’une « quasi-noyade » et des séquelles d’une forte dénutrition, serait, in fine, la résultante de la détermination de ces djinns trop toniques, propriétaires inexpugnables du corps de cette jeune femme à laquelle son mari reprochait son infertilité.

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Le diable trône dans la salle d’audience

Assises de Bruxelles.  Exorcisme mortel : les accusés ont tenté d’échapper à leur procès
 

L'instigateur de l'exorcisme, Abdelkrim Aznagui se fait appeler cheik Abou Chayma. Dans la salle du tribunal, la vue des pièces à conviction fait frémir. © Pierre-Yves Thienpont/Lesoir.

Les discussions ont duré bien longtemps : les avocats des six « exorcistes » qui répondent des tortures mortelles infligées à une jeune Marocaine de 23 ans, prétendument habitée par le diable et qu’ils voulaient exorciser, ont plaidé lundi matin, à l’entame de leur procès, l’irrecevabilité des poursuites au motif que le délai raisonnable aurait été dépassé. La Cour a balayé ces diableries procédurières, constatant que la Justice n’avait pas interrompu ses poursuites, même si leur renvoi et leur condamnation devant le tribunal correctionnel avaient finalement été anéantis par la cour d’appel, considérant que la mort atroce de Latifa Hachmi, battue et noyée en 2004 résultait bien de tortures.

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Mère et fille sont acquittées

 Justice.  Jocelyne Hourriez et Alison Lecocq aux assises du Hainaut

Jocelyne Hourriez et Allison, sa fille aînée: "Le plus beau cadeau de fête des mères qu'on m'ait jamais fait", a déclaré la première après le verdict. © RTL.

Sitôt la lecture du verdict terminée, le président les a invitées à quitter le banc des accusés et à gagner la salle où, dans bien des regards, des larmes cuisaient à l’étouffée. Elles sont tombées, en sanglots, dans les bras l’une de l’autre. Puis dans ceux de Merry qui avait fondu en larmes dès que la réponse à la première question – « Non ! » – était tombée de la bouche du président. Acquittées ! 

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Un habillage juridique contesté

Justice. A Mons, la défense demande l’acquittement de Jocelyne Hourriez et de sa fille

L’une des images fortes de ce procès fut prise durant la reconstitution. Sur le même cliché, on aperçoit, gisant au sol, le mannequin figurant le corps agonisant d’Alex Lecocq, Jocelyne Hourriez qui, deux pas plus loin, vaque à sa vaisselle devant son évier et, posé sur l’appui de fenêtre, le téléphone qui remplit l’espace de son irréfutable présence. « Elle n’avait qu’à tendre le bras et enfoncer trois touches sur le combiné, s’emporte Me Rivière, avocat de la partie civile. Une fois le un et deux fois le zéro. »

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Une descente aux enfers sur un parquet ciré

Justice.  Jocelyne Hourriez et sa fille Alison devant les assises du Hainaut
 

Avant même que sa fille Merry ne les abrège dans des circonstances inouïes, les jours d’Alex Lecocq étaient comptés. L’autopsie pratiquée par les légistes allait révéler qu’il était atteint d’un cancer du pancréas qui colonisait déjà son foie. Son entourage l’ignorait. Le savait-il lui-même ? Rien n’est sûr : interrogé à ce propos, son médecin traitant s’est retranché derrière son secret professionnel. Peu avant sa mort, Alex Lecocq avait confié à son père qu’« il n’en avait plus que pour six mois ». Sa santé s’était déjà bien déglinguée : il avait souffert d’une pancréatite, imputable à son alcoolisme.

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La cadette aussi modifie sa version

Justice.  Jocelyne Hourriez et sa fille Alison devant la cour d’assises du Hainaut
 

Devant la cour, Jocelyne Hourriez et ses filles ont tour à tour modifié le récit qu’elles firent du drame durant l’instruction : toutes trois évoquent « la pression » des enquêteurs. © Eric Ghislain.

Merry non plus ne raconte plus la même histoire. Comme sa mère et son aînée, la veille, elle a modifié sa version. Hier, elle a livré de la mort de son père un récit dans lequel il n’est plus question du conciliabule qui, ce dimanche-là, les aurait réunies toutes trois, à l’aplomb du corps agonisant de son père, le temps qu’elles s’accordent sur une version.

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