« Il n’y a rien de culturel dans l’acte de Geneviève »
posté le 6 mars 2007 |
catégorie Affaire Lhermitte
Geneviève Lhermitte a été transférée de l’hôpital de Jolimont à la prison de Saint-Gilles, en région bruxelloise. Pour y recevoir des soins consécutifs à sa tentative de suicide. Quand elle ira mieux sur le plan physique, elle devra encore être protégée contre elle-même, à cause de ses tendances suicidaires, mais aussi de ses codétenues, parce qu’il existe une « loi » du milieu qui consiste à faire passer un mauvais quart d’heure à ceux ou celles qui s’en prennent à des enfants. Cette « loi » s’applique même en milieu féminin.
Ses avocats lui ont rendu visite, mardi après-midi. Selon Me Xavier Magnée, « elle est effondrée par l’acte qu’elle a commis. Elle dit qu’elle voudrait aller rejoindre ses enfants… Donc, on craint toujours qu’elle ne tente de mettre fin à ses jours. Elle est surveillée pour que ça n’arrive pas. Le suivi médical est remarquable. »
Sur le mobile de son acte, elle fait aussi quelques précisions : « Il n’y a rien de religieux, ni de culturel, ni de racial, répercute Xavier Magnée. D’ailleurs, elle dit qu’elle aime encore son mari. C’est un crime d’amour, qui a eu lieu dans un climat de déraison totale. Rien à voir avec un problème de mariage mixte. C’est plutôt le résultat d’une somme de contrariétés que l’enquête devra éclaircir. »
La détenue arrive, normalement en prison, avec un rapport du médecin de l’hôpital où elle a séjourné. Une manière d’avertir les autorités pénitentiaires du suivi dont nécessite la nouvelle détenue, et d’influer sur ses conditions de détention. C’est vraisemblablement ce qui a fait que Geneviève Lhermitte a été placée, pour quelques semaines normalement, au CMC (Centre médico-chirurgical) de la prison de Saint-Gilles.
« Elle y est alitée », nous explique Me Daniel Spreutels, un de ses avocats, qui s’est également rendu à son chevet mardi après-midi. « Elle se trouve seule, dans une chambre de ce qui ressemble plus à un hôpital qu’à une prison. Elle n’est pas attachée à son lit, et pourra se mouvoir quand elle aura repris des forces. »
Par la suite, elle devrait normalement être transférée à la prison des femmes de Berkendael toute proche.
Agadir tangue, entre farniente et émotion digne
REPORTAGE
AGADIR (MAROC)
De notre envoyé spécial
Agadir, l’une des cités touristiques les plus prisées du Maroc, avec Marrakech, Essaouira, ou Casablanca… En ce mardi soir, les six longs kilomètres de sable blanc composant l’une des plages les plus réputées du pays se vident de leurs adeptes du farniente. Pendant ce temps, sur le tarmac de l’aéroport Al-Massira, les avions de ligne low-cost Jet4you et Thomas Cook continuent de déverser leur lot de touristes.
Dans quelques, heures pourtant, vers minuit, c’est un avion d’un tout autre type qui se posera sur le sol marocain. Plus question de soleil et d’insouciance. Place au recueillement et à la dignité.
Parti de Bruxelles, vers 19 heures, cet appareil de la Royal Air Maroc espère bien amener une délégation d’une douzaine de personnes vers Agadir en toute discrétion, Bouchaïd Moqadem en tête, lui qui a tout fait pour éviter d’être importuné par la presse et les curieux, dans ce voyage qui le conduit, ce mercredi, à enterrer ses cinq enfants sur le sol qui l’a vu naître.
Selon les derniers renseignements glanés sur place, les funérailles de Yasmine, Nora, Myriam, Mina et Medhi auront lieu ce mercredi, vers midi, heure du Maroc (13 heures en Belgique). A bonne source, on laisse également entendre que c’est la plus grande mosquée de la ville, la mosquée Mohamed V, qui devrait accueillir la triste célébration. Même s’il se dit que le lieu pourrait encore changer.
Nul ne sait, dès lors, si la grande foule se pressera afin de rendre un dernier hommage aux cinq enfants brutalement assassinés.
Sur place, le coup de folie de Geneviève Lhermitte n’est pas ignoré. Depuis plusieurs jours, la presse s’est emparée de l’affaire, sans prendre position. Elle relate les faits, mais ne jette pas l’opprobre sur la mère de famille. La population, quand elle est informée des faits, s’en émeut. Tout simplement. Dignement. Comme la famille de Bouchaïd Moqadem sur place, qui souhaite faire son deuil discrètement. Sans faire de déclarations.
FREDERIC DELEPIERRE, JEAN-PIERRE BORLOO
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