Des tonnes d’éloges: un peu trop?

Faut pas bouder son plaisir. Mais lorsque les fleurs s’empilent par tonnes, il faut aussi redouter l’étouffement…..
Ce lundi, au procès de Michel Fourniret, Francis Nachbar, le procureur de la République de Charleville-Mezières, a encensé la justice belge, ses procureurs, ses juges d’instruction, ses policiers.
Si celui-là devait siéger dans le jury d’un prix Nobel de la Justice, nul doute qu’il accorderait sa voix à l’équipe dinantaise qui a permis de mettre hors d’état de nure “l’Ogre des Ardennes”. Des avocats des parties civiles ont fait de même. Et le président Latapie a loué les mérites de la petite Marie-Ascension: “Je vous félicite. A 13 ans, vous avez été beaucoup plus intelligente que Michel Fourniret. Vous avez fait preuve d’un sang-froid exceptionnel; vous avez ainsi sauvé la vie d’autres jeunes filles“. lire la suite

« Monique Olivier n’a pas tout dit »

Justice Les Belges à la barre au procès Fourniret

Marie-Ascension face à son bourreau. Le commissaire Fagnart et le juge Bernard Claude racontent leur enquête

Charleville-Mézières (France)

De l’un de nos envoyés spéciaux

Le commissaire de la police judiciaire de Dinant, Jacques Fagnart, a dû sentir ses moustaches fournies se redresser de plaisir, tant le travail de son équipe a été salué comme « professionnel, intelligent, efficace, remarquable » par le procureur de la République Francis Nachbar.

– « Ne le félicitez pas trop, sinon il n’osera plus revenir », lance avec humour le président Gilles Latapie à l’adresse du ministère public. Et, sans humour cette fois, le président se tourne vers Jacques Fagnart, le « tombeur » de Monique Olivier et de Michel Fourniret :

– « Commissaire, avez-vous la certitude que Monique Olivier a dit tout ce qu’elle sait ? »

« Non », lui répond le policier belge après un court silence.

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L’erreur de Michel Fourniret

Justice Le tueur pris à son piège

Le forestier avoue avoir voulu tuer une infirmière à Jette. Le parquet de Dinant saisit le juge d’instruction.

CHARLEVILLE-MéZIèRES (FRANCE)

De notre envoyé spécial

Dans le « papyrus » remis jeudi au président de la Cour d’assises des Ardennes et publié intégralement vendredi sur notre site internet lesoir.be, le tueur en série Michel Fourniret accaparait certains adages. L’un d’eux lui revient ce lundi comme un boomerang : « Les paroles s’en vont (NDLR : s’envolent), les écrits restent », précisant que son dossier d’instruction « constitue une bombe à retardement ». Dans ce document qui révélait aussi « l’asservissement de vieillards » (Le Soir du 29 mars), Michel Fourniret avouait une « tentative d’homicide sur la personne d’un professionnel de la santé, fait sur lequel jamais personne ne m’a entendu ». Il évoquait ainsi l’enlèvement avorté d’une infirmière, le 13 juillet 1994, sur le parking de l’hôpital AZ VUB de Jette, près de Bruxelles. Surpris par un gardien de l’hôpital, il avait abandonné sur le parking son revolver Manhurin (volé à la Police de l’air et des frontières de Givet), une paire de menottes et du ruban adhésif.

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Bernard Claude, chef de l’équipe belge

Charleville-Mézières (France)

De notre envoyé spécial

En ce jeudi 27 mars, le parvis et la salle des pas perdus du palais de Justice de Charleville-Mézières grouillent de caméras, de micros, de stylos en quête d’une victime, d’un visage, d’un témoignage. Il est 10 h 30. Les débats n’ont toujours pas été ouverts. Et la pluie froide qui inonde le chef-lieu des Ardennes françaises incline le public à se réfugier rapidement sous la tente qui lui permet d’assister aux audiences.

Un homme à l’imperméable sable fend la foule, évite les pieds de caméras qui poussent là comme sapins en forêt. Il scrute le bâtiment. Observe la gestuelle des médias, du service d’ordre, de ces Ardennais qui s’engouffrent sous la toile blanche pour découvrir enfin le visage du « monstre » et de son égérie.

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Grandes affaires, grandes victimes?

L’encadrement réservé aux victimes et familles des victimes de Michel Fourniret est proportionné à l’horreur qu’il leur a fait subir. Comme ce fut le cas lors du procès Dutroux, elles bénéficient de salles de repos, de l’assistance de psychologues, d’une protection policière leur permettant d’échapper à la traque des médias. Au cours des mois derniers, il fut souvent fait état des problèmes d’hôtellerie, de frais de défense ou de déplacement qu’elles connaîtraient. Très bien. Et légitime! lire la suite

Fourniret et les « vieillards »

Justice Des affirmations intrigantes

Le texte rédigé par le tueur lance la piste des vieillards spoliés, jusqu’ici ignorée. Intox ou nouveau défi ?

Le « papyrus » transmis lundi au président de la cour d’assises des Ardennes française, Gilles Latapie, par Michel Fourniret et qui n’a pas encore été lu en audience publique n’est pas qu’une simple logorrhée d’un pervers aux abois, refusant de s’expliquer publiquement et revendiquant outrancièrement un colloque singulier avec les familles des victimes.

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« Réfléchissez jusqu’à lundi, Monsieur Fourniret… »

Debout, les bras croisés, Fourniret a la mine absorbée de celui qui aurait commencé un travail d’introspection.

« Nous sommes vendredi… », dit-il comme pour lui-même.

« C’est cela, l’encourage le président Latapie. Réfléchissez donc et faites-moi connaître votre décision quand l’audience reprendra lundi matin. »

Il est 17 h 30. L’audience se termine. Une demi-heure durant, le président a tenté de convaincre l’accusé de reconsidérer sa position et de sortir du mutisme dans lequel Fourniret a choisi de se claquemurer dès l’ouverture de son procès. Et l’accusé n’est plus très loin de se laisser infléchir.

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Document : la lettre de Michel Fourniret

La lettre donnée par Fourniret au président du tribunal.

Le “papyrus” de Michel Fourniret

Le document remis par Michel Fourniet au président de la cour d’assies des Ardennes Gilles Latapie est un agglomérat de feuilles, collées les unes aux autres, qu’il présente comme un papyrus enserré dans un ruban de couleurr orange-rouge. Dans cet “acte de défense” il prend fait et cause pour son épouse Monique Olivier qu’il prétend être “tombée dans les mains d’un manipulateur”. Il exonère ainsi son épouse de toute responsabilité dans son parcours criminel alor que le récit de leur parcours conjoint ne laisse que peu de doute à leur équipée commune.
Qu’en penser? Selon moi, le recours à la production d’un “papyrus” par Michel Fourniret prend largement en compte l’intérêt pour l’égyptologie que manifeste, depuis son incarcération, Monique Olivier, son épouse et complice. Ce doucument, tracé à la manière des scribes des pharaons, est un clin d’oiel à Monique Olivier.
En disculpant son épouse, il ramène à lui toutes les responsabilités des meurtres viols et séquestrations. Depuis plusieurs mois, des avocats de l’un et l’autre avaient fait courir la cartitude que Fourniret et Olivier étaient en instance de divorce. Il n’en est rien. Les deux restent unis. Le “papyrus” les soude plus que jamais. Ce qui rendorce l’impression, exprimée hier dans l’édition papier du “Soir”, qu’ils demeurent tous deux déterminés à confiner le procès de Charleville-Mézières aux seuls faits poursuivis…Et d’ignorer les autres (et nombreux) soupçons qui pèsent sur ce couple de diaboliques qui semblent toujours unis malgré les apparences…

Fourniret choisit de se taire

Procès Fourniret L’accusé se décrit comme « dénué de tout sentiment humain »

Dès l’ouverture de son procès, il brandit une affichette : « Pas de huis clos = bouche cousue ».

 Charleville-Mézières (France)

De l’un de nos envoyés spéciaux

Michel Fourniret se taira. Invité à confirmer son identité à l’ouverture de son procès, jeudi matin, il brandit derrière la paroi vitrée du box des accusés une affichette que le président Latapie peine d’abord à lire. Il plisse les yeux, comme si ce champ de vision rétrécit allait augmenter son acuité visuelle : « Pas de huis clos = bouche cousue », finit-il par déchiffrer. C’est ça : Fourniret ne pipera pas un mot. On se perdait, depuis des semaines, en conjectures sur sa stratégie de défense et voilà qu’au bout du compte, il choisit le silence – celle, somme toute, qui lui ressemble le moins.

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