Une menteuse à la barre
posté le 4 mars 2008 |
catégorie Affaire Francis Lambot
Celle par qui tout est arrivé s’est présentée hier devant la cour d’assises. Malingre, les joues creuses, le regard dur et aussi noir que ses cheveux, Cécile Remy portait une veste de cuir rouge. En parlant, elle agitait ses doigts vernis eux aussi de rouge. Elle était venue apporter un témoignage qui, en principe, se voulait favorable à l’accusé. Mais c’est raté. Elle a raconté n’importe quoi, finissant par admettre, agacée : « Je suis menteuse, c’est une maladie. »
Cette femme de 45 ans n’est donc plus tout à fait la même que celle dont l’accusé avait parlé, le premier jour du procès. Celle qui pesait 86 kilos, qui fumait jusqu’à trois paquets de cigarettes et quinze joints par jour, absorbait une cinquantaine de médicaments et, pour faire passer le tout, s’enivrait à longueur de comptoir.
C’est que, depuis les coups de feu tirés par son mari sur Francis Lambot, en mai 2004, elle a subi une cure de désintoxication et continue à être hospitalisée trois jours par semaine. Elle ne boit donc plus, elle ne fume plus mais, en s’exprimant comme elle le fait, elle drague toujours l’accusé. Ils sont divorcés depuis les faits. Ils ont cependant repris la vie commune. Ceci explique certainement cela.
Des traces de violence
Le jour où Michel Thomée avait abattu de quatre coups de feu celui qu’il surnommait le Cow-boy, Cécile Remy s’était montrée au café avec des traces évidentes de la violence de son mari. Tous les témoins avaient pu le constater. C’est ce qui avait incité la future victime à prendre sa défense jusqu’à se faire tuer.
Par la suite, Cécile Remy avait confirmé cette version de l’histoire. Mais au fil des mois, elle avait commencé à énoncer une autre vérité. Son ultime version, celle d’hier, est qu’en réalité elle avait peur de Francis Lambot – une vermine, dit-elle – qui menaçait de dénoncer sa toxicomanie et avait décidé de venir tuer Michel Thomée pour s’emparer de son coffre-fort.
« Mais votre mari était quand même violent ? », interrogent sur le même ton énervé le président de la cour, M. Dominique Gérard, l’avocat général, Mme Charlotte Fosseur, et un des avocats partie civile, Me Karl Steinier. Ils n’obtiendront que cette délicate réponse : « Mon mari n’est pas violent. Il est gueulard ! »
Au sujet des deux coups de feu qui ont achevé la victime, elle a expliqué qu’à ce moment-là, elle était assise dans le divan, à trois mètres de la scène. Elle regardait la télé et avait vu son amie Michèle, présente pendant toute cette soirée, se jeter sur son mari pour le désarmer. Sans plus.
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