Grace était-il un Black Wolf tout neuf ?

Assises Une rixe mortelle entre deux bandes africaines dans le quartier de la Bourse, en octobre 2005

Curieusement, tous les protagonistes du drame ont d’abord en commun l’énergie qu’ils mettent à nier leur appartenance à quelque bande que ce soit. Tout au plus Orson Mangala Ikete et Fabrice « Mulayi » Mukuna ont-ils admis, comme on confesserait un péché de jeunesse, avoir été membres des Black Wolves quand ils avaient « quinze ou seize ans ». Les trois autres accusés ont prétendu tout ignorer du phénomène – ou à peu près. Trésor « Pirate » Mutamba a même déclaré qu’il détestait les bandes et qu’il avait pour sa part cessé de fréquenter « ceux de la rue » depuis l’époque où sa compagne était enceinte de leur fille.

Ses proches ont contesté avec la même véhémence que Lionel Isenge, la victime, ait jamais fait partie des Berchem – la bande dont plusieurs auditions suggéraient pourtant qu’il avait été le chef. Axel Isenge, le frère jumeau de Lionel, a même nié que les Berchem aient jamais formé quoi que ce fût qui pût ressembler à une bande. « Ce n’était guère qu’un groupe d’amis, a-t-il déclaré mardi. Mais les Black Wolves en ont fait une bande parce que leur propre bande avait besoin d’une rivale pour exister. »

Pour les enquêteurs, il est toutefois incontestable que quatre des cinq accusés étaient membres des Black Wolves : une bande qui sévit du côté de la porte de Namur où elle cohabite avec plusieurs autres – le Kung Fu Clan, les Black Demolition, les Black Style, les Maf – selon une préséance fixée par une hiérarchie tatillonne : « Les membres du Kung Fu Clan et des Black D sont les plus anciens et les plus respectés. Ils peuvent, à ce titre, donner des ordres aux bandes plus jeunes – les Black Wolves et les Maf – qui exécutent la sale besogne », explique un inspecteur.

« Nouvelle recrue »

L’enquête aurait montré qu’au moment des faits qui ont coûté la vie à Lionel, Orson Mangala Ikete était bel et bien le chef des Black Wolves. Et que l’on retrouvait les autres accusés aux divers étages de la structure pyramidale de la bande : Fabrice « Mulayi » Mukuna était l’un des trois lieutenants d’Orson, Tchibamba « Popol » Lomami était simple soldat et, rompant avec un parcours de vie irréprochable, Garcia « Grace » Kialanda avait lui aussi rejoint la clique au titre de « nouvelle recrue » – lors d’une perquisition menée dans la chambre que Grace occupait dans une institution bruxelloise, les policiers ont notamment découvert un « flyer » dans lequel l’accusé faisait manifestement grand cas de ce récent adoubement.

L’emprisonnement d’Orson a chambardé l’organigramme des Black Wolves : selon la cellule « Matonge » de la police bruxelloise, le leadership de la bande serait désormais assuré par Yannick « Djerba » Kialanda, le frère jumeau de « Grace »…

S’agissant de Trésor « Pirate » Mutamba, les enquêteurs ont, disent-ils, de bonnes raisons de penser qu’il était membre des Black Style, une bande urbaine très active sur la scène rap. A l’époque, « Pirate » avait d’autant plus tendance à graviter dans l’orbite des Black Wolves que les Black Style avaient perdu un peu de leur superbe, certains de ses membres ayant été emprisonnés, d’autres ayant résolu de mener une existence plus rangée.

« Et il faut bien préciser que chaque fois qu’on a parlé de Lionel, il fut question de bande, beaucoup de témoins lui attribuant le statut de chef des Berchem », a expliqué hier la juge d’instruction Berta Bernardo-Mendez.

DETAILLE,STEPHANE

Commentaires

Une réponse à “Grace était-il un Black Wolf tout neuf ?”

  1. st mon equipe, le 12 août 2008 1 h 01 min

    une seul chose attendais dans 2mois le stuyvenbergh vont ses reveiller faite gaffe

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