Louis Debruyne acquitté
posté le 7 mars 2008 |
catégorie L'Affaire Ludovic Serroyen
Lors de son réquisitoire, l’avocat général Marianne Lejeune a suggéré aux jurés l’acquittement de l’accusé, Louis-Ferdinand Debruyne. L’accusation a indiqué n’avoir aucune certitude pour asseoir raisonnablement sa culpabilité. Selon la magistrate, il n’existe aucun moyen d’attester de la présence de Debruyne sur les lieux des faits à Fallais, que ce soit à la friterie, à la crypte où a été retrouvé le corps ou dans le champ où a été retrouvée la voiture de la victime.
Le ministère public a également invité les jurés à ne pas entrer dans l’idée selon laquelle Debruyne aurait incité Delespesse à commettre les faits. Il ne peut donc être considéré comme auteur ou coauteur des faits de vol, de séquestration ou d’homicide. Mme Lejeune a ensuite estimé que les faits de complicité ne peuvent pas être considérés comme établis. Si Debruyne est suspecté d’avoir fourni une arme, il n’a pu être démontré qu’il a bien fourni cette arme et qu’il aurait eu connaissance de l’utilisation que Delespesse allait en faire.
« Je suis catégorique pour dire qu’il n’y a pas eu de concert préalable sur des violences à commettre dans le cadre d’un vol, a lancé l’avocat général aux jurés. Il est aussi injuste de préjudicier une partie civile que de préjudicier un citoyen qui répond d’une infraction. Je préfère de loin un coupable en liberté qu’un innocent en prison. »
La défense de Debruyne a plaidé son acquittement, Me Jean-Philippe Mayence rappelant qu’aucun élément précis ne permet d’accuser avec certitude son client d’être lié aux faits.
Ecartant les notions d’auteur ou de coauteur (pour laquelle son client avait pourtant été condamné par défaut), Me Mayence a soutenu qu’aucune complicité ne peut être retenue contre son client. Rien ne démontre dans le dossier que Debruyne est celui qui a procuré l’arme à Delespesse. Si même il devait être reconnu qu’il a procuré cette arme, Debruyne n’aurait pu connaître l’utilisation précise que Delespesse allait en faire.
« Delespesse a lui-même déclaré qu’il s’est arrêté par hasard à Fallais et qu’il s’est décidé à braquer cette friterie, a expliqué Jean-Philippe Mayence. Delespesse a aussi déclaré qu’il avait reçu cette arme dans le but de commettre un autre braquage à Charleroi. Même dans le cas où l’on considère qu’il a donné l’arme, Louis Debruyne ne pouvait donc avoir connaissance qu’elle allait servir aux faits de Fallais. »
Après les répliques, les jurés sont entrés en délibération pendant deux heures : la Cour a acquitté Louis Debruyne des faits dont il était accusé. (b)
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