« A la limite de la psychopathie »

Assises Malika accusée d’avoir empoisonné son client à la méthadone

Une personnalité asociale et flirtant avec la psychopathie, un Q.I modéré que n’ont pas relevé des études très vite abandonnées : c’est un portrait en teintes sombres de Malika B. qu’ont dressé témoins et experts mardi à la cour d’assises.

Soupçonnée d’avoir empoisonné un de ses clients à la méthadone pour lui voler son portefeuille et sa voiture, la jeune prostituée a longuement été dépeinte aux jurés. Issue d’une famille de dix enfants, Malika B. s’est très vite détournée de l’école, préférant à ce cadre discipliné la rue et ses tentations. Après avoir multiplié les fugues, elle serait arrivée à Liège, aurait découvert et apprécié la drogue, multipliant les passes et les vols pour se procurer son héroïne.

En 1992, elle fut ainsi condamnée à trente mois puis à trois ans en 1995, pour des faits de vols et vols avec violences. Au total, résume le dossier, une dizaine de faits lui auraient été reprochés. Un de ses anciens compagnons, convoqué par la cour, se souvient avoir vainement tenté de lui faire changer de vie.

Mère pour la première fois à 17 ans, elle eut ensuite deux autres enfants d’une liaison avec un taximan. Et il y a huit mois, alors que s’achevait sa détention préventive et qu’elle venait de s’installer à Bruxelles, elle mit au monde un quatrième enfant.

Enfin, un médecin a évoqué la personnalité de la victime, Juan-Miguel Martin. Ce dernier, fut-il expliqué, était un homme « de valeur » qui, traumatisé par une rupture sentimentale, baissa les bras, négligea le travail au profit de l’alcool.

Dans la nuit du 30 au 31 mai 2004, après s’être disputé avec une prostituée, il aurait approché Malika et l’aurait convaincue de le suivre dans son appartement. Abruti d’alcool, s’est-il laissé glisser dans le sommeil en laissant la jeune toxicomane dans son appartement ? Ou celle-ci, pressée de faire main basse sur les économies et les clefs de voitures de son client, l’a-t-elle aidé à s’endormir en glissant une – excessive – dose de méthadone dans son verre ? Un toxicomane, qui a été réentendu mardi par la cour, affirme que Malika B. lui avait avoué, peu après les faits, avoir par inadvertance provoqué le décès d’un de ses clients.

C’est autour de ces deux versions que défense et accusation s’affronteront le reste de la semaine.

La cour ne se réunira pas mercredi, d’autres témoins seront entendus dès ce jeudi.

MATRICHE,JOEL,BELGA

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