Le procès de la misère sociale

Arlon Le meurtre d’un SDF aux assises

Le procès qui s’est ouvert lundi aux assises d’Arlon plonge les jurés dans la misère financière mais aussi sociale. Le meurtre d’un marginal laisse le banc des parties civiles vide. Les proches de Gérard Perat, avec lesquels il avait cessé tout contact depuis longtemps, sont venus témoigner mais ne souhaitent pas se constituer partie civile. « Mon père m’a laissé à mes grands-parents lorsque j’avais 7 mois. Il est parti au Maroc et en France après avoir engrangé d’importantes dettes en Belgique. Il avait tenu un commerce à Bastogne. Il m’a récupéré quand j’avais 7 ans. Cela s’est mal passé pendant 5 ans car il avait tout perdu et buvait », explique son fils.

Geoffrey Vangerhaegen, 23 ans, qui reconnaît les faits commis avec un mineur d’âge, a lui aussi connu un parcours familial difficile. Un être immature qui a grandi sans structure familiale et sans stimulation sociale et culturelle. Elevé par une maman souffrant de graves problèmes psychologiques, mais très protectrice, Geoffrey sera placé en IPPJ pour échapper au climat familial peu propice. « Maman ne comprenait pas que Geoffrey avait besoin d’être cadré. Elle perdait aussi parfois la tête. Elle a une fois piqué la main de Geoffrey avec une fourchette. Mon frère, qui ne buvait pas, est très influençable et pouvait faire des conneries avec de mauvaises fréquentations », explique sa sœur.

L’accusé a également suivi une formation en français au Miroir Vagabond. « Il arrivait en avance et partait le dernier pour ranger. Il était attachant et n’a jamais tenu de propos racistes alors que le groupe était multiculturel. On lui avait proposé un stage d’été pour continuer à l’encadrer. Il en avait besoin », note une éducatrice.

BRASSEUR,LAURENCE

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