Tueur, l’infirmier modèle ?
posté le 11 juin 2008 |
catégorie L'Affaire Sébastien Fontaine
Comment un infirmier modèle, dont l’efficacité et le dévouement sont salués par tous, en vient-il à abréger l’existence de trois patients en fin de vie ? La question reste posée, à la cour d’assises de Mons. Sébastien Fontaine, 38 ans, y répond d’un triple assassinat, commis en 2000 et 2001, sur des malades admis en réanimation, à la clinique La Dorcas, à Tournai. L’accusé avoue avoir modifié leurs traitements pour accélérer le décès.
Fontaine a été confronté à l’époux de la première victime, Gabriel Garson, qui n’a pu accompagner son épouse jusqu’à son dernier souffle, comme promis… « Je savais que votre dame allait décéder, dit Fontaine. C’est à cause de moi que vous souffrez, que vous n’avez pas pu faire votre deuil. Je suis désolé. »
« La “désolation” n’est pas une excuse, réplique Garson. Vous n’êtes pas le bon Dieu. Vous n’avez pas droit de vie et de mort sur les gens ! »
Malgré lui, le veuf est venu accréditer la thèse de l’accusé sur le contexte d’hypocrisie de la clinique à l’égard des familles… Personne, à La Dorcas, n’a alerté M. Garson, de l’imminence du décès de son épouse. Fontaine affirme être passé à l’acte notamment parce qu’il ne supportait plus que l’on mente aux proches des mourants.
L’état irrémédiable des trois victimes ne fait plus de doute, à entendre le président Jonckheere… « L’intervention de Fontaine n’a pu que raccourcir de peu leur vie. »
« On peut comprendre,
pas accepter »
Le Dr Jean-Pierre Brunain, médecin chef de service, a lui-même convenu que « ces trois patients étaient irrémédiablement perdus ». Ce qui ne justifie pas les agissements de l’accusé : « Peut-on comprendre ce moment de grande détresse qui a conduit Fontaine à poser ces actes ? Oui. Peut-on l’accepter ? Non. »
Son confrère Jacques Landenne, chirurgien à La Dorcas, reste dans la nuance : « Je ne cautionne pas ce qu’il a fait, mais il faut replacer ses actes dans le contexte de son vécu quotidien, dépourvu de soutien psychologique, confronté à une charge de travail écrasante… Il faut savoir ce que c’est que vivre constamment avec des cancéreux, des patients sans espoir de vie, maintenus au respirateur, avec des familles en souffrance qui nous interpellent sur l’utilité des soins prodigués. »
Au fil des auditions, le « tueur en série » esquissé par le parquet général s’estompe… Le jury apprend à connaître cet « infirmier dévoué », dépressif, qui avait créé un service de soutien aux familles en détresse, dans sa clinique. Ce volontaire à la Croix Rouge, qui prêtait main-forte, bénévolement, aux interventions nocturnes en bloc opératoire. Qui était à bout. Mais maintenu en poste en « réa », contre son gré.
« Il avait besoin d’être admiré », lance un jeune médecin. Sans convaincre. Fontaine a-t-il tué ? Ou simplement hâté la désescalade thérapeutique qu’imposait la bonne pratique ?
J’ai connue Sébastien à l’école, et je le redis, c’est un garçon dévoué et un super infirmier. Je ne cautionne pas ce qu’il a fait, mais il a encore beaucoup d’humanité à apporter à la société. C’est elle qui est à condamner, de l’avoir laissé à ce point déprimé dans un service de réa qui ,tous les infirmiers le reconnaitront, est un travail très difficile à assumer si on n’a pas les nerfs solides. J’espère que les jurés le comprendront.
Mon metier m’a permis de croiser Sébastien.Notre travail est difficile.J’ai l’impression que mon coeur est devenu pierre au fil des années.Mais non au contraire la carapace que j’avais au debut s’effrite chaque jour.Nous sommes plus fragiles que les personnes exterieures à notre profession(infirmiere).Rien n’a change dans les hopitaux meme depuis cette affaire,vous restez seule avec vos pleurs, votre rage de n’avoir rien pu faire en plus.Personne ne peut comprendre,c’est pas réaliste ce qui se passe.Il arrive un moment si vous ne changez pas d’orientation ,vous risquez de tout perdre.MOi jai perdu mon couple.D’autres comme Sebastien perdront leur liberté.
J’ai bien connu sébastien et c’est quelqu’un de très bien. Gentil et honnête! Je le soutiens et lui souhaite bon courage pour la suite.
J’ai bien connu sébastien et c’est quelqu’un de très bien. Gentil et honnête! Je le soutiens et lui souhaite bon courage pour la suite.