Assassin, mais libre

Cour d’assises du Hainaut L’infirmier reconnu coupable d’assassinat

Peine minimale pour l’ex-infirmier de La Dorcas, coupable d’un seul des trois assassinats qu’on lui imputait.

J’ai pris conscience que les actes que j’ai posés sont inadmissibles, impardonnables. Mais je n’ai jamais voulu assassiner ces personnes… »

Les derniers mots de Sébastien Fontaine, cet infirmier de 38 ans accusé de triple assassinat, pour avoir abrégé l’existence de patients mourants admis à La Dorcas, à Tournai, n’ont pas totalement convaincu le jury de la cour d’assises de Mons, jeudi.

Après moins de deux heures de délibération, les douze jurés ont reconnu l’accusé coupable de l’assassinat de Jacqueline Durieux, par sept voix contre 5 (les magistrats professionnels confirmant la majorité). Sébastien Fontaine a, en revanche, été acquitté des deux autres assassinats que l’accusation lui imputait.

Dépressif et suicidaire, l’infirmier modèle était maintenu, contre son gré, au sein du service de réanimation de La Dorcas… C’est là, qu’en début de soirée, le 7 décembre 2000, il décide, seul, d’accélérer le décès d’une patiente sous respirateur artificiel dont l’activité cérébrale est quasi nulle. Fontaine lui injecte deux ampoules de 10 ml de chlorure de potassium (KCl). Effet immédiat : le cœur s’arrête. Un assassinat, a tranché le jury populaire.

Deux autres homicides présumés lui étaient reprochés. Des faits commis sur des patients en fin de vie, là encore. Mais Sébastien Fontaine, cette fois, ne recourt pas au KCl. Il se contente de substituer les médications prescrites par du liquide physiologique, soit de l’eau et du sel. Un expert dira que la poursuite du traitement aurait pu être assimilée à de l’acharnement thérapeutique. D’autres assureront que « les actes posés n’ont pas entraîné la mort ». Fontaine, pour ces faits, est acquitté.

« Je ne pouvais pas faire autrement », a souvent répété l’accusé, dont les aveux fondent intégralement le dossier. Son avocat, Me Jean-Philippe Rivière, a plaidé « l’état de nécessité » dans lequel se trouvait son client, revendiquant l’acquittement pur et simple… « Voici un homme, suicidaire, que son employeur continue à confronter quotidiennement à la mort programmée, à la souffrance inutile. Face à la sauvegarde de vies artificiellement entretenues, sans espoir aucun de survie, il a fait le choix d’un intérêt supérieur : le droit que nous devrions tous avoir à mourir quand notre heure est venue, à mourir quand notre corps dit “stop”… Ce qu’il a fait est moralement inadmissible, professionnellement impardonnable, mais n’est juridiquement pas condamnable ».

« Ses actes ont provoqué la mort de personnes agonisantes, certes, mais cela ne change rien, réplique l’avocat général Anne Maschietto… Sébastien Fontaine prétend accorder aux patients le droit de mourir à leur heure, mais c’est lui qui décide de l’heure de la mort des victimes ! »

Me Marie-Christine Marghem n’a pas plaidé différemment, au nom du veuf de Jacqueline Durieux : « La question n’est pas de savoir s’il était acceptable d’abréger les souffrances des victimes, mais de savoir si Sébastien Fontaine pouvait s’octroyer le pouvoir de leur ôter la vie ».

« On l’a surnommé l’Ange noir, mais tout n’est pas noir dans le chef de M. Fontaine. Ce n’est ni un truand, ni une crapule, mais quelqu’un qui a le sens de la famille, sur qui on peut compter, admet l’avocat général Ingrid Godart. Il ne présente pas de risque de récidive ni de risque pour la sécurité publique. » Elle a requis une condamnation légère : trois ans avec sursis probatoire, alors que la peine maximale est la réclusion à perpétuité.

Le jury l’a suivie, Sébastien Fontaine, qui comparaissait libre, est reparti libre.

GUTIERREZ,RICARDO

Commentaires

Une réponse à “Assassin, mais libre”

  1. faridadjout, le 1 septembre 2008 12 h 33 min

    j ai l honneur de venir saluer tout le monde et puis donner un avis sur cette affaire.
    je crois que quelq un qui souffre beaucoup pour cause de maladie et que la guerison est quasie impossible merite que l on se penche sur son cas pour decider la fin du calvaire seulement je demande aux sientifiqures au juristes de preparer ensemble une loi qui determine les cas dits sans desesperes et la maniere de prendre la decision car agir dans l anarchie est dangereux

répondre