Une perpétuité et deux acquittements
posté le 19 décembre 2008 |
catégorie Affaire Lhermitte, Bibliothèque judiciaire
Commentaire
Le procès de Geneviève Lhermitte, qui s’est achevé vendredi soir à Nivelles, sanctionne de la peine la plus lourde, la perpétuité, la mère meurtrière de ses cinq enfants. La Cour et les jurés n’ont retenu aucune circonstance atténuante à cette prétendue mère parfaite qui n’a cessé, tout au long de son procès, de tenter d’expliquer l’inexplicable et l’inexcusable par des futilités reprochées à son mari, Bouchaïb Moqadem, et au bienfaiteur de sa famille, le Dr Michel Schaar.
La sévérité de la peine rend compte de l’atrocité des faits commis par l’égorgeuse de Nivelles, s’acharnant avec une rare sauvagerie sur ses cinq enfants, successivement attirés dans son piège mortel. Sa condamnation traduit aussi la répulsion suscitée par ce crime hors normes, unique dans nos annales judiciaires.
Au-delà de la lourdeur – la justesse – de la condamnation, il faut surtout saluer le fait que cette affaire ait pu aboutir devant une cour d’assises, véritable thermomètre de la conscience sociale, agora où se dit et s’écrit la vérité judiciaire. Durant deux semaines, les expertises, les témoignages, l’audition de l’accusée ont permis de reconstituer avec vraisemblance le drame de Nivelles. Ces débats ont non seulement rendu justice aux enfants assassinés. Ils ont aussi rendu leur honneur au papa des enfants, Bouchaïb Moqadem et au Dr Schaar, tous deux présentés par Geneviève Lhermitte comme les vrais accusés de son procès.
Si une décision d’internement avait dû intervenir avant le procès public, ces deux-là seraient restés pour l’éternité des « salauds » épargnés par les foudres de la justice. Et elle serait restée dans l’imaginaire une « mère parfaite », forcément victime. C’est cela la magie des assises : reconstituer minutieusement le puzzle de la réalité, confronter les slogans aux faits et à la réflexion. Le procès public rend bonne justice à tous…
METDEPENNINGEN,MARC
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