L’accusé, aveugle, nie les 3 assassinats
posté le 15 juin 2009 |
catégorie Affaire Patrice Debruyne, Bibliothèque judiciaire

Soupçonné d’avoir fait supprimer sa belle-famille
Rien vu, rien entendu, rien voulu : accusé d’avoir exécuté son ancienne compagne mais aussi la mère et l’oncle de celle-ci, Patrice Debruyne a juré de son innocence aux jurés de la cour d’assises liégeoise. « Je suis étranger à tous ces faits, a-t-il insisté. Je ne connais pas le tueur à gages Serge Pierrin. Quant à Mario Tomasi, c’était effectivement un ami mais je ne lui ai jamais commandé ces exécutions. »
Le seul coup de feu tiré, a répété Patrice Debruyne, aurait été cette tentative de suicide commise en décembre 1996, après avoir appris que Cindy Ory en aimait un autre et voulait le quitter : « J’en ai eu marre et j’ai posé le pistolet contre ma tempe. (…) Mais je me suis raté et depuis lors, je suis aveugle. » La suite, laisse-t-il entendre, ne fut qu’une longue descente aux enfers : une douloureuse convalescence, d’autres infidélités de sa compagne, cet avortement qu’elle aurait décidé et assumé seule dans une clinique des Pays-Bas, une nouvelle tentative de suicide commise en juillet 1997.
L’accusé a-t-il alors attribué la responsabilité de cette dégénérescence à Cindy pour ensuite lui en faire payer le prix ? Le premier à tomber sous les balles de Serge Pierrin, un tueur à gages régulièrement sollicité par le milieu liégeois, fut l’oncle de Cindy, Eric Guilleaume, abattu alors qu’il venait de ranger sa voiture dans le garage. Puis c’est la mère de Cindy qui, dans son garage elle aussi, fut interpellée par un mystérieux motard et déchiquetée par une rafale de pistolet-mitrailleur. Enfin, l’ancienne compagne de l’accusé fut, à son tour, prise pour cible par le tueur à gages : agressée en compagnie de son nouvel ami et blessée à la jambe, elle fut traînée par les pieds puis achevée de deux balles dans la tête.
Comme l’a rappelé lundi Danièle Reynders, alors juge d’instruction, ce sont les confessions d’un témoin protégé, Bejtulah Cej, qui ont mis les enquêteurs sur la piste de Patrice Debruyne. Et qui ont donné un nouveau relief aux menaces qui, bien plus tôt, avaient été proférées par celui-ci à l’égard de son amie et de sa belle-famille.
De nouveaux témoins, dont certains avaient déjà défilé lors du procès Habran, seront entendus ce mardi. Ils seront accompagnés des médecins légistes et experts en balistique.
MATRICHE,JOEL,BELGA
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