Un retour sur les lieux

Grégory Deprince et Gaëtan Cagnina, accusés de viol et d’une tentative d’assassinat sur une jeune fille âgée de 17 ans dans la nuit du 27 au 28 mars 2007, ont refusé de porter secours à la victime, a indiqué mercredi un témoin.

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Entre justice et injustice

Suspecté pendant huit ans, Labeau a bénéficié du doute

ANALYSE

 Cela s’appelle la vérité judiciaire : mardi soir, les jurés de la cour d’assises du Hainaut ont estimé que l’accusé, Stéphane Labeau, n’avait pas tué Rita et Christian Duquene, le samedi 10 mars 2001, dans l’étable de leur ferme de Roisin (Le Soir de mercredi).

La vérité judiciaire n’est pas forcément la vérité tout court. Cette vérité-là, il est à craindre qu’elle restera à jamais claquemurée dans la tête de Stéphane Labeau, de Mélanie Duquene et de Bernard Wallecam. Parce qu’il n’est pas douteux qu’ils savent, eux. Et que, par-delà les rancœurs qui les dressent désormais les uns contre les autres, ils restent indissolublement liés par leur terrible secret.

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Il y aura un nouveau procès Habran

Les assises n’avaient pas motivé leur verdict : 4 condamnés seront rejugés

L’arrêt Habran, résultat d’un des plus longs procès de l’histoire judiciaire belge, est cassé : l’affaire de braquages et d’assassinats devra être rejugée à Bruxelles, dans un an au plus tôt. La Cour de cassation, saisie d’un pourvoi signé par quatre condamnés, a estimé que le verdict de la cour d’assises de Liège aurait dû être motivé. En l’absence d’une telle motivation, la condamnation de ceux qui contestaient les accusations ne peut être comprise et acceptée. Dans l’intervalle, Marcel Habran, Pepe Rosato, Anouar Bennane et Thierry Dalem pourraient être remis en liberté, théoriquement.

Le procès dit Habran a été monstrueusement long et éprouvant pour tout le monde : jurés, juges professionnels, magistrats, avocats… Six mois de débats devant la cour d’assises de Liège, de septembre 2008 à mars 2009, pour déboucher sur neuf condamnations à des peines allant de deux ans de prison à la réclusion à perpétuité. Décodage.

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La victime raconte l’agression de Deprince et Cagnina

Les faits reprochés aux deux accusés s’étaient déroulés la nuit du 27 au 28 mars 2007 à Braives, en région hutoise. Une jeune fille de 17 ans avait été battue et violée à son domicile. Grégory Deprince et Gaëtan Cagnina, pensant qu’elle ne survivrait pas à ses blessures, avaient tenté de mettre le feu à la maison pour l’éliminer. La jeune fille a été entendue lundi, en fin de journée, devant la cour d’assises de Liège. C’est par internet, sur MSN, qu’elle a rencontré Grégory Deprince. Celui-ci lui a demandé de se déshabiller devant sa webcam et elle s’est exécutée. Elle a également accepté de lui envoyer des photos d’elle, qu’elle ne considérait pas choquantes. Les deux jeunes ont convenu d’une rencontre.

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Stéphane Labeau a été acquitté

Justice Le meurtre des fermiers de Roisin devant les assises du Hainaut

Le procès de Roisin est terminé. Mardi, en début de soirée, les jurés de la cour d’assises du Hainaut ont estimé que Stéphane Labeau n’était pas coupable du meurtre de Rita et Christian Duquene, assassinés dans l’étable de leur ferme de Roisin, dans la soirée du samedi 10 mars 2001. Une issue qu’on avait longtemps cru improbable jusqu’à la plaidoirie étincelante de l’avocat de l’accusé. Toute la matinée durant, Me Bouchat avait en effet entrepris – et avec quel talent ! – d’instiller le doute dans l’esprit des jurés. Et, selon toute évidence, il y est parvenu.

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Jugés pour viol et tentative de meurtre

Tribunal Des faits horribles, commis à Braives en 2007, sur une jeune fille de 17 ans

La cour d’assises de Liège a entamé lundi le procès de Grégory Deprince et Gaëtan Cagnina, deux Liégeois de 26 ans principalement accusés d’un viol et d’une tentative d’assassinat commis sur une jeune fille âgée de 17 ans à l’époque des faits. Un jury de 8 femmes et 4 hommes a été composé pour juger les accusés. Les faits reprochés aux deux accusés s’étaient déroulés la nuit du 27 au 28 mars 2007 à Braives, en région hutoise. Une jeune fille âgée de 17 ans à l’époque des faits avait été agressée par les deux accusés à son domicile alors qu’elle les avait rencontrés sur internet et invités à passer la soirée chez elle. La jeune fille avait été retrouvée nue, le visage tuméfié et méconnaissable. Elle avait une oreille déchirée, présentait une balafre au visage et d’importantes plaies. Elle ne se souvenait pas de tous les événements qui s’étaient déroulés lors de la soirée. L’enquête a démontré qu’en l’absence de ses parents, elle avait invité Gaëtan Cagnina et Grégory Deprince à passer la soirée avec elle. C’est au cours de cette soirée que les deux accusés ont violé et battu la victime. Grégory Deprince est celui qui aurait adopté l’attitude la plus violente lors des faits. Les auteurs de l’agression avaient déversé du mazout et du white-spirit et avaient tenté de mettre le feu à la maison pour faire disparaître les traces de leur agression.

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« Un double assassinat »

La scène se déroule au troisième jour du procès. Le témoin appelé à la barre, cet après-midi-là, s’appelle Mikaël M. : un Français qui, lui aussi, travaillait chez les Duquene. Il admet avoir été, trois années durant, l’amant de Rita Wallecam. Christian Duquene et Mikaël M. avaient eu, dit-il, « une discussion entre hommes » quand le mari s’était avisé de son infortune – les deux autres ne se cachaient guère. « T’es pas l’premier et tu s’ras pas l’dernier », aurait dit Christian à son rival. Et les choses en étaient restées là.

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Le codétenu a trahi le secret

Michaël T. a la tête et la gouaille de ces fripouilles sympathiques des films de série B. Il avait partagé la cellule de Stéphane Labeau, l’accusé, lorsqu’il était en préventive à la prison de Mons. Les deux hommes n’avaient pas été longs à sympathiser. Au point que Labeau était devenu le confident de Michaël T. Il lui avait raconté son histoire. D’abord par bribes et morceaux. Puis, un jour, il avait lâché : c’était lui, Labeau, le coupable. « Tout à coup, je me suis rendu compte que je partageais la cellule d’un meurtrier, raconte Michaël T. Moi, j’étais en taule pour un car-jacking. Pour moi, la vie a un prix. On était dans des mondes différents. » Michaël T. avait donc résolu de confier à la police ce que Labeau lui avait dit. Au nom du seul devoir civique ? Pas vraiment : il admet avoir tenté – mais sans succès – d’échanger son témoignage contre « certains avantages » quand il comprit que ses informations suscitaient l’intérêt des enquêteurs.

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« Je regrette de ne pas t’avoir dénoncé ! »

Procès Labeau

Il y a, dans ce procès, cette impression frustrante de décrire des cercles toujours plus concentriques autour d’une vérité qui, invariablement, se dérobe au dernier moment, comme un insecte furtif. Ainsi, jeudi matin, quand le président rappelle Mélanie Duquene à la barre. Elle est là, qui pleure, prostrée devant le micro qui amplifie ses sanglots. Le président Jonckheer vient de lui parler longuement. Doucement.

– « J’ai l’impression, lui dit-il, que si vous aviez dit toute la vérité, vous ne seriez pas mal comme ça, Mademoiselle Duquene ».

Mélanie renifle.

– « N’essaierait-on pas, ensemble, d’aller un petit peu plus loin ? », chuchote le président.

– « Oui », souffle Mélanie.

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L’accusé mouille Bernard Wallecam

proces.jpgCe fut une journée particulière. D’abord parce que l’accusé, Stéphane Labeau, qui comparait libre depuis le début de son procès, n’est pas dans le box lorsque l’audience reprend, mercredi matin – on apprendra plus tard qu’il s’est présenté, tôt, dans un hôpital de Valenciennes pour y recevoir des soins : « Je ne me sentais pas bien », expliquera-t-il. Ensuite parce que, de retour dans le prétoire, peu avant 16 heures – encadré, cette fois, par deux policiers –, Labeau prendra la parole pour faire une déclaration à tout le moins tonitruante. Lui qui, lundi encore, prétendait ignorer jusqu’au premier mot de l’affaire qui l’a conduit aux assises, va fournir des explications qui, à défaut de l’accuser vraiment, imputent à Bernard Wallecam un rôle central dans la mort de Rita et Christian Duquene.

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