La victime raconte l’agression de Deprince et Cagnina

Les faits reprochés aux deux accusés s’étaient déroulés la nuit du 27 au 28 mars 2007 à Braives, en région hutoise. Une jeune fille de 17 ans avait été battue et violée à son domicile. Grégory Deprince et Gaëtan Cagnina, pensant qu’elle ne survivrait pas à ses blessures, avaient tenté de mettre le feu à la maison pour l’éliminer. La jeune fille a été entendue lundi, en fin de journée, devant la cour d’assises de Liège. C’est par internet, sur MSN, qu’elle a rencontré Grégory Deprince. Celui-ci lui a demandé de se déshabiller devant sa webcam et elle s’est exécutée. Elle a également accepté de lui envoyer des photos d’elle, qu’elle ne considérait pas choquantes. Les deux jeunes ont convenu d’une rencontre.

Durant l’été 2006, Grégory Deprince et Gaëtan Cagnina ont été invités au domicile de la jeune fille, en présence des parents. La jeune fille avoue qu’elle a eu « un faible » pour Gaëtan Cagnina et qu’elle avait l’impression qu’elle lui plaisait. Son envie était de rencontrer Gaëtan Cagnina seul. C’est à l’occasion du voyage des parents en week-end que la jeune fille s’est décidée à inviter Gaëtan Cagnina à son domicile au soir du 27 mars 2007. Elle n’écartait pas la possibilité d’une relation plus qu’amicale. « Je ne lui ai pas demandé d’amener des préservatifs », a précisé la jeune fille en contrant les déclarations des accusés.

Selon la jeune fille, Grégory Deprince s’est imposé lors de cette rencontre. La victime explique que les deux accusés sont arrivés avec de l’alcool. Gaëtan Cagnina a ensuite proposé à la jeune fille d’entretenir des rapports sexuels. Elle ne souhaitait pas avoir un rapport avec Gaëtan Cagnina alors que Grégory Deprince était encore présent. Mais elle s’est exécutée en ressentant une pression, précise-t-elle. A l’issue de cette relation, Grégory Deprince a insisté pour voir les seins de la jeune fille qui s’est exécutée face à la pression. Elle a encore constaté que des dégâts ont été occasionnés au cours de la soirée et que Grégory Deprince jetait des bouteilles de bière sur les murs

« Grégory Deprince a voulu m’embrasser, a ajouté la victime. Je l’ai repoussé, c’est la dernière chose dont je me souviens. Je me suis réveillée le lendemain parce que j’avais froid. J’étais nue et je ne savais pas ouvrir les yeux. » Selon la jeune fille, Deprince et Cagnina sont revenus chez elle le lendemain matin. Elle n’avait pas encore réalisé qu’elle avait été agressée et pensait avoir été victime d’un cambriolage. C’est à leur départ, quand ils lui ont demandé d’attendre une heure avant d’appeler de l’aide, qu’elle a mesuré la gravité de la situation. Elle a ensuite été hospitalisée pendant une semaine.

Mardi, c’est un médecin légiste qui a témoigné. Le docteur Philippe Van Parijs a constaté sur la victime de nombreux hématomes et un important gonflement facial. L’expert estime que les coups ont été extrêmement violents, comme en témoignent la tuméfaction des quatre paupières et l’arrachement par éclatement du lobe de l’oreille gauche. Ils n’ont pas été portés uniquement avec les mains et un seul de ces coups pouvait entraîner la mort. (b)

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