Une lente descente aux enfers

Il y a une vie avant la cloche. Avant la rue. Et sans doute la trajectoire de Claudio Balo aurait-elle pu le conduire vers mille autres lieux que ce squat infect où, un soir de janvier, le destin – si c’est bien lui ! – fit irruption dans le capharnaüm d’ordures qui était devenu son biotope.

Mais voilà : Balo, des années durant, s’était échiné à tout rater. Sa vie, jusqu’à ce jour-là, n’avait été qu’une succession de ruptures : il avait quitté son pays – l’Argentine –, ses études, ses emplois et chacune des femmes – « elles buvaient toutes autant que moi », dit-il – qui avaient compté dans sa vie. « Il n’a pas sitôt entrepris de construire quelque chose qu’il s’empresse de le démolir », observe à son propos l’un des psychiatres qui l’ont examiné.

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