« Josée se serait confiée à un pied de table »
posté le 12 mars 2010 |
catégorie Affaire Michel Letiexhe
Les Letiexhe, mari et femme, avaient fait irruption dans la vie de Berthe Loix après la mort de son mari, au début des années 2000. « Je ne les avais jamais vus auparavant, raconte une proche. La présence de Marie Vossen aux côtés de Berthe Loix, le jour des funérailles, ne m’en avait paru que plus étrange. Elle ne la lâchait pas et j’avais le sentiment qu’elle voulait me tenir à l’écart. »
Berthe Loix n’avait pas eu d’enfant – au contraire de son défunt mari qui avait eu une fille d’un premier lit. Avenante, dynamique, elle avait longtemps travaillé pour une compagnie d’assurances et assumait depuis de longues années la gérance du petit immeuble où elle vivait, quai du Condroz à Liège : la paperasse ne lui faisait pas peur. Son entourage s’était donc étonné qu’elle confiât au Dr Letiexhe la gestion « de ses papiers ».
Le docteur passait souvent. Il apportait des fleurs. Marie aussi lui rendait régulièrement visite, quoi qu’elle en dise. Berthe Loix – « tante Betty » – était aux anges. Sans doute trouvait-elle flatteuse la considération dont l’honorait le médecin – « un docteur du CHU ! » – et son épouse.
« Betty, raconte une amie, était très élogieuse avec lui et très affectueuse avec elle. »
Betty ne voulait pas que ses sous reviennent un jour à sa belle-fille. Alors, elle avait fait de Marie Vossen la légataire de tous ses avoirs : un appartement à Liège, un autre à la mer, ses économies et quelques-uns de ces rossignols dont les vieilles dames font tant de cas.
Berthe Loix était l’amie de Josée Julémont, la pétulante marraine de Marie Vossen. Sans doute cette proximité avait-elle aidé les Letiexhe à gagner d’emblée la confiance de la tante Betty. D’autant que Josée considérait depuis toujours Marie Vossen comme sa fille. « Elle l’adorait », raconte une proche. Elle couvrait sa filleule de cadeaux et lui alloua longtemps une rente mensuelle de 20.000 FB.
Tout le monde, dans le quartier, savait que c’est Marie qui hériterait de tout. Elle le claironnait partout. « Elle aurait fait des confidences à un pied de table », se souvient son amie. Tout le voisinage savait aussi qu’elle dissimulait sa fortune dans l’horloge du rez-de-chaussée et dans un tuyau, quelque part à la cave. « Raymond, disait-elle en évoquant la mémoire de son mari défunt, était tellement riche ! Je n’aurais jamais cru que nous avions autant d’argent ! »
« Je la déshérite ! »
Josée Julémont avait déposé une partie de ses biens dans le coffre-fort que les Letiexhe possédaient dans leur villa de La Reid. Elle s’était mis en tête, dans les semaines avant sa mort, de retirer les titres qu’elle avait confiés aux Letiexhe pour les déposer dans une banque : une façon de leur manifester son mécontentement d’être si peu l’objet de leur attention. « Elle aurait voulu que le docteur et sa femme l’entourent davantage », raconte une voisine. Josée Julémont avait un jour sondé, avec la complicité de sa femme de ménage, les véritables sentiments que Marie Vossen éprouvait à son égard : ce qu’elle avait appris l’avait mortifiée. « Je la déshérite ! », clamait-elle à la cantonade. « Elle n’y pensait pas une seconde », précise son amie.
Josée était morte sans crier gare le 10 février 2001. Tante Betty onze mois plus tard. Elles étaient toutes deux d’une santé insolente. « Quand j’ai appris la mort de Josée Julémont, je suis tombée à la renverse », a raconté la généraliste qui la soignait depuis des années.
En bref
Les accusés Michel Letiexhe et son ex-épouse Marie Vossen répondent comme auteurs ou coauteurs de la mort de Josée Julémont, en février 2001, et de Berthe Loix, en janvier 2002. Marie Vossen et Christine S., qui fut l’amie de l’accusé, accusent Michel Letiexhe d’avoir provoqué le décès de ces deux femmes.
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