Meurtre simple ou aggravé ?

C’est ce mercredi que le jury de la cour d’assises du Brabant wallon rendra son verdict de culpabilité à l’égard de Christophe Arcq qui, le 12 avril 2008, tua les époux Jean Decock-Danielle Maréchal dans leur maison de l’allée de la Relevée à Nivelles.

 Il se trouvera devant une triple voie, celles du meurtre simple, du meurtre pour faciliter le vol ou de l’assassinat. Ces deux dernières thèses ont été développées mardi matin par l’avocat général Yves Moreau qui n’a pas caché sa préférence pour la seconde, laquelle implique la préméditation.

Arcq avait appris d’une connaissance que le couple nourrissait des soupçons à son encontre à propos du vol commis chez lui dans la nuit du 12 au 13 février. Il lui avait permis d’effectuer de nombreux achats à l’intention de ses proches en utilisant le nom d’un beau-fils. Pour se rendre à Nivelles, il mit les chaussures de ce dernier et s’arma de deux couteaux. Il gara sa voiture à un endroit inhabituel. Il avait bu « pour se désinhiber », mais pas autant qu’il a voulu le faire croire (six bouteilles de Bayley’s) puisqu’il vida cul sec deux verres de cognac en compagnie de ses futures victimes.

Une grosse dispute, entendue par des voisins, opposa les trois protagonistes. Arcq craignait d’être dénoncé à la police car il avait horreur de la prison. Il porta 50 coups de couteau à l’homme et 31 à sa femme. Pour supprimer les traces de son passage, il emporta verre et cendrier. « La preuve qu’il était maître de ses nerfs… », conclut l’avocat général qui épingla une autre phrase lourde de sens : « On ne saura jamais que c’est moi l’auteur », lâcha Arcq à ses amis aussitôt après les faits.

Mes Bayet et Dalne s’efforcèrent de démontrer que seule tenait la route l’hypothèse du meurtre simple. Ils ironisèrent sur le fait que, malgré ses efforts, le procureur général n’ait toujours pas trouvé la vérité puisqu’il met deux fers au feu.

Si leur client a tué, c’est parce que la discussion a mal tourné. La violence dont il a fait preuve ne cadre pas avec le personnage doux comme un agneau dépeint par plusieurs témoins. Il a porté d’innombrables coups de couteau dans une espèce de folie meurtrière causée, selon ses avocats, par la peur que lui inspirait Jean Decock.

Il ne peut plus ou il ne veut plus se souvenir de toute la scène. Un « trou noir » selon les uns, un « voile rouge » selon d’autres. L’amnésie, les pertes de mémoire n’excusent rien, mais elles n’en font pas pour autant un menteur. Bref, Arcq n’avait pas l’intention de tuer pour voler ni celle de tuer après avoir prémédité son geste.

Le simple meurtre est bien entendu moins punissable que les deux premiers chefs d’accusation, lesquels sont passibles de la réclusion à perpétuité. Reste à voir qui aura convaincu le jury.

JEAN VANDENDRIES

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