Christophe Arcq : meurtrier, pas assassin
posté le 13 octobre 2010 |
catégorie Affaire Christophe Arcq, Bibliothèque judiciaire
Christophe Arcq a volé les époux Decock-Maréchal et il les a tués, mais son geste n’était pas destiné à faciliter son vol. Et il n’a pas prémédité son acte. Tel est le résumé du verdict de culpabilité rendu mercredi à 19h30 par le jury qui s’était retiré à 11h30 pour répondre aux seize questions posées par le président de la cour d’assises du Brabant wallon. Le jury était confronté à une triple éventualité. Personne ne contestait évidemment que Christophe Arcq ait tué ses victimes de respectivement 50 (Jean Decock) et 31(Danielle Maréchal) coups de couteau le 12 avril 2008. Meurtrier, il l’était donc.
L’acte d’accusation l’avait renvoyé en assises du chef de meurtre pour faciliter le vol, une circonstance aggravante, passible d’une réclusion à perpétuité alors que, pour le « simple » meurtre, la fourchette va de vingt à trente ans de réclusion.
A l’issue des débats, l’avocat général Yves Moreau se dit convaincu que le meurtrier avait prémédité son acte, une circonstance aussi aggravante que la première puisque, à supposer qu’elle soit retenue, l’accusation d’assassinat se solde également par la perpétuité. Il fit donc poser au jury une question concernant cette éventualité. Il n’a pas été suivi.
La nouvelle loi impose au jury de motiver ses décisions. En l’occurrence, cette motivation est d’une sobriété rare. « Au-delà de tout doute raisonnable », Christophe Arcq est coupable du vol de deux portefeuilles et de l’utilisation d’une carte bancaire pour se procurer des vêtements (560 euros), des vêtements de sport (245 euros), trois paires de chaussures (90 euros), un bracelet (280 euros), une bague (370 euros) et du carburant (73 euros).
Il est également coupable d’avoir tué les époux Decock-Maréchal, mais ce meurtre est sans lien aucun avec le vol. Le jury s’est donc rallié à la thèse des avocats Thierry Bayet et Christian Dalne qui avaient plaidé avec conviction des coups de couteau portés dans une espèce de folie meurtrière, sans la moindre préméditation, à l’issue d’une discussion qui tourna mal.
« Je suis le garçon le plus pacifique du monde, affirma Christophe Arcq au juge d’instruction. J’ai attrapé une sortie de furie. J’ai porté les coups de couteau parce que j’avais peur que Jean Decock, qui pouvait se montrer violent, ne me descende avec une arme. Je n’avais plus ma tête. Je n’avais pas non plus l’intention de voler. En quittant les lieux, je me suis dit “tant qu’à faire”… ».
Le jury se réunira à nouveau ce jeudi pour fixer la peine.
JEAN VANDENDRIES
Commentaires
répondre