Kitty : les victimes collatérales de la fusillade sauvage de Lot
posté le 23 mars 2011 |
catégorie Affaire Kitty Nieuwenhuysen, Bibliothèque judiciaire
La jeune policière de Beersel Kitty Van Nieuwenhuysen, abattue dans la nuit du 3 au 4 novembre 2007 à Lot, n’est pas la seule victime de la fusillade sauvage attribuée aux trois accusés qui comparaissent depuis le 1er mars devant la cour d’assises de Bruxelles. Il y eut aussi son collègue Peter Van Stalle, grièvement blessé, de même qu’Ismaël Sacoor, atteint de trois balles alors que les truands voulaient à tout prix voler sa voiture.
On avait entendu, la semaine dernière la peine des parents de Kitty. Et hier, ce sont ces « victimes collatérales » d’une folie meurtrière qui ont exprimé leur peine. L’épouse de Peter Van Stalle, d’abord qui a dit combien son homme, avec lequel elle devait se marier (et ce fut le cas) avait changé : « Après, ce n’était plus le même Peter », a-t-elle témoigné en décrivant tout ce travail de reconstruction de leur couple fragilisé par cette nuit d’horreur. Il y eut aussi cette avocate, amie de Kitty, et qui ne peut désormais qu’aborder avec dégoût les affaires pénales, jusqu’à refuser d’user des arcanes de la procédure pour sortir des griffes de la Justice des clients auteurs de violences graves.
Il y eut surtout cette déposition de la marraine et du parrain des enfants d’Ismaël Sacoor, qui se portèrent à leurs côtés dès la fusillade terminée. Pour les protéger, les rassurer. Naomi, 11 ans et son frère Johnatan, 8 ans, « ne voulaient plus retourner dans leur chambre. Nous devions dormir avec eux, portes fermées. Même dans leur sommeil, ils nous touchaient pour se rassurer. Ces enfants n’en parlent jamais, alors que leurs parents en parlent toujours. Leur maison est désormais une forteresse ». Pour Naomi, le pire fut d’avoir été rejetée par les policiers qui intervenaient auprès du combi mitraillé. « Elle leur tirait la veste, ils ne sont pas venus immédiatement auprès de leur père blessé. » Les collègues de Kitty, eux aussi, demeurent marqués. Les victimes se comptent par dizaines. C’est l’effroyable effet papillon du crime.
M. METDEPENNINGEN
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