Kitty : réquisitoire cinglant
posté le 30 mars 2011 |
catégorie Affaire Kitty Nieuwenhuysen, Bibliothèque judiciaire

Le marathon accusatoire de l’avocat général Bernard Dauchot aura duré plus de six heures pour aboutir à cette conviction : « Les trois accusés sont coupables ». Du meurtre de la jeune inspectrice de police Kitty Van Nieuwenhuyzen, 23 ans, abattue dans la nuit du 3 au 4 décembre 2007. Du home-jacking sanglant commis dans la maison de la famille Saccoor. Du vol avec violences de la Volvo qui les emmena sur les lieux de ces crimes. Mais tous ne sont pas coupables, à son estime, de l’attaque d’une maison de Roux, le 7 novembre 2007, dont les occupants furent maltraités par leurs agresseurs qui emportèrent des bijoux et le contenu d’un coffre. Norredine Cheikhni est le seul coupable de ces faits : il les a avoués, après les avoir longtemps niés, lors de son interrogatoire par la présidente Karin Gérard. Et même s’il n’a pas voulu désigner ses probables complices, Bernard Dauchot a exonéré Kurum et Iassir de cette attaque sauvage, en raison, non point de sa conviction, mais de l’absence « d’éléments concordants ».
Cette concession marginale à la défense des deux exonérés n’avait sans doute d’autre but que de renforcer, aux yeux du jury, la pertinence de ses réquisitions relatives aux faits les plus graves. L’enchaînement d’un « puzzle criminel » : d’abord, le vol avec violences au garage Antoine de Thuin de la Volvo T5 qui emmena à Lot les trois meurtriers de Kitty Van Nieuwenhuyzen. Dans cette voiture, abandonnée après la fusillade mortelle, les empreintes ADN des trois accusés, ainsi que des cheveux leur appartenant furent retrouvés. Et Bernard Dauchot de démontrer que des fibres retrouvées dans cette voiture appartenaient aussi aux victimes du vol de la Volvo et furent aussi retrouvées sur la veste de pyjama de M. Saccoor. Une ligne claire, selon l’accusation : les voleurs de Thuin étaient aussi les meurtriers de Lot. Et les trois, renchérit l’avocat général, eurent au cours de la perpétration de leurs crimes, la même attitude constante : l’extinction de leurs téléphones portables, juste avant les faits pour ne les réactiver que bien plus tard, histoire de ne pas se faire repérer.
Le vol pour mobile
Pour l’avocat général, l’expédition de Lot, qui devait d’abord se concrétiser par le vol d’une camionnette pourvue d’un élévateur, aurait pu avoir comme objectif de piller le principal entrepôt de la firme électroménagère Vanden Borre établie sur le zoning de Lot. Et puis, « l’insupportable fatalité » apparut : le passage fortuit du combi où se trouvait Kitty, la volonté des trois « d’échapper à tout prix » à la police, d’éviter pour Cheikhni et Kurum de se retrouver une nouvelle fois, comme ce fut le cas lors de l’attaque de la poste de Lodelinsart, dans la nasse policière. Pour Bernard Dauchot, rejoignant l’analyse des parties civiles, c’est bien Galip Kurum qui a tiré, en la visant, sur Kitty Van Nieuwenhuyzen. Le benêt du trio, homme « d’action, sans réflexion », comme l’ont dit les psychiatres, était le seul de taille suffisante pour infliger des tirs à l’horizontale, à 1m54 de haut sur le combi de police.
Dans la salle d’audience, les proches des accusés croient que la police a manipulé les preuves. On saura aujourd’hui ce qu’en pensent les avocats de Norredine Cheikhni.
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