Kitty : « Cheikhni, innocent ! »
posté le 31 mars 2011 |
catégorie Affaire Kitty Nieuwenhuysen, Bibliothèque judiciaire

Les avocats de Noureddine Cheikhni, l’un des trois suspects du meurtre de la jeune policière Kitty Van Nieuwenhuyzen, abattue à Lot (Beersel) dans la nuit du 3 au 4 décembre 2007, ont répliqué avec combativité au réquisitoire cinglant prononcé la veille par l’avocat-général Bernard Dauchot. Pour Mes Marc Uytttendaele et Laurent Kennes, leur client, depuis le début de cette affaire « semble inaudible. Tout ce qu’il peut dire a été passé au filtre de sa culpabilité supposée ». Et de dénoncer « cette hargne à faire justice pour un crime insupportable. Une rage et une hargne qui ont transpiré dans l’opinion », ne laissant plus qu’un champ ouvert : celui de la culpabilité.
Certes, au cours des débats, Cheikhni a avoué sa participation à l’agression commise à Roux où en compagnie de 3 complices il s’empara du contenu d’un coffre-fort et de bijoux, malmenant leurs propriétaires.
« Mais ce n’est pas parce qu’il était à Roux qu’il était mécaniquement à Lot », soutient Me Uyttendaele, qui proclame, comme Me Kennes, « l’innocence de Nourredine Cheikhni ». Pour l’accusation, des traces d’ADN retrouvées dans la Volvo T5, tombée en panne et abandonnée par les tueurs à Lot, confondent Cheikhni et ses deux coaccusés, Galip Kurum et Hassan Iasir. Cette pièce maîtresse de l’avocat général a été combattue par la défense selon le schéma suivant. Cheikhni, « qui fait partie d’une nébuleuse criminelle », aurait eu « un contact » avec cette voiture, mais pas durant la nuit du 3 au 4 novembre. Me Kennes soutient : « Les auteurs de la fusillade étaient masqués et gantés : ils n’ont pas laissé d’ADN dans la voiture ». Et Cheikhni, s’il était présent à Lot, n’aurait pas fait preuve de la plus élémentaire des prudences, ce qui exclurait sa participation. La présence de l’ADN de Cheikhni découlerait donc d’un « contact », antérieur à la nuit du crime, avec l’habitacle de cette voiture volée dans un garage à Thuin. Et les avocats d’expliquer que les groupes criminels s’échangent des armes ou des voitures. Me Kennes a donc demandé à la Cour de poser une question
supplémentaire : celle du recel de cette Volvo volée. La présidente Karin Gérard a aussitôt interpellé Noureddine Cheikhi :
– Reconnaissez-vous le recel de la Volvo ?
L’accusé s’en est référé à la plaidoirie de ses avocats, sans concéder d’aveu. La présidente s’est ensuite tournée vers les avocats des deux autres accusés, leur demandant s’ils souhaitaient aussi que la question du recel soit posée. Ils ont décliné. On saura aujourd’hui, avec la plaidoirie de Me Olivier Martins, l’avocat de Galip Kurum, désigné comme le tueur de Kitty, comment, après cette main tendue, il compte évacuer cette preuve essentielle de l’accusation : la présence avérée, à un moment qui ne peut être fixé, des trois dans la voiture des tueurs.
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