Kitty : un nouvel aveu de Cheikhni

Au début du procès intenté aux trois accusés qui répondent du meurtre de la policière Kitty Van Nieuwenhuysen, abattue à Lot dans la nuit du 3 au 4 décembre 2007, la présidente Karin Gérard avait obtenu de Noureddine Cheikhni l’aveu de sa participation à un fait connexe, l’attaque de Roux : un couple avait été sauvagement délesté de ses bijoux et du contenu de son coffre-fort.

Vendredi, la présidente a récidivé. Cueillant Cheikhni à froid, elle est revenue sur la proposition de la défense de l’accusé d’envisager le recel de la Volvo T5 volée à Thuin et qui emmena les tueurs de Kitty à Lot. Dans cette voiture, l’ADN des trois accusés avait été retrouvé. Mais voilà, le recel étant un « délit instantané », il fallait, avant de soumettre cette question aux jurés, préciser la date de ce recel. Et elle fit lever Cheikhni qui avoua ce qu’il niait depuis le début de l’enquête : « Plusieurs personnes m’ont demandé un service. J’ai fait deux ou trois bricoles sur cette voiture. J’ai travaillé dessus trois quarts d’heure sachant que la voiture était volée. » Il prétend ne pas se souvenir de la date précise de ce recel. Et refuse de donner les noms de ces « gens qui lui ont demandé un service », qui seraient donc, à l’entendre, les véritables tueurs de Kitty. Il se tait sous prétexte de l’omertà qui règne dans le milieu du grand banditisme, quitte à encourir la perpétuité.

Expertises polluées ?

Me Olivier Martins, l’avocat de Galip Kurum, considéré par l’accusation comme le tireur à la kalashnikov qui a tué Kitty, s’est lui aussi intéressé à cette Volvo dans laquelle des traces d’ADN de son client ont été retrouvées sur des ceintures de sécurité et des outils. « Ma conviction est que cette voiture est passée entre les mains de plusieurs personnes. » Les traces ADN sur les outils ? Kurum, dont il a demandé l’acquittement, fréquente les garages et a beaucoup d’outils qui auraient pu atterrir dans les sacs retrouvés dans la Volvo, tombée en panne à Lot.

L’avocat soutient que ces outils auraient pu contaminer les autres ; que les expertises ADN auraient été polluées. Qu’au final, elles ne seraient pas concluantes et qu’en tout cas elles ne démontreraient pas la présence certaine de Kurum dans cette fameuse Volvo T5, au cœur de ce procès. Lundi, l’avocat du dernier accusé, Hassan Iassir prendra la parole.

METDEPENNINGEN,MARC

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