Kitty: les trois accusés hurlent leur innocence
posté le 6 avril 2011 |
catégorie Affaire Kitty Nieuwenhuysen, Bibliothèque judiciaire

Depuis l’ouverture du procès des meurtriers présumés de la jeune policière Kitty Van Nieuwenhuysen, abattue en intervention à Lot (Beersel) dans la nuit du 3 au 4 décembre 2007, les trois accusés ne se sont jamais départis de leurs proclamations d’innocence, même si au cours du procès entamé le 28 février, l’un ou l’autre a dû concéder des aveux partiels.
Hier, au moment de clôturer les débats, la présidente de la Cour d’assises de Bruxelles Karin Gérard leur a une ultime fois donné la parole. Noureddine Cheikhni a dit sa confiance en la réflexion des jurés : « Cela fait plus de trois ans que j’attends ce procès. Au départ, sachant que je serais traduit devant un jury populaire, je m’étais dit que j’étais foutu. Mais ce n’est plus le cas après ces semaines d’audience ». Et de mettre en cause la presse, comme le font classiquement les accusés ou leurs avocats : « Les journalistes n’écrivent que ce qui les arrange ». L’aveu qu’il fit en audience d’avoir maquillé la voiture des tueurs (dont il ne donne pas les noms ) ? : « Je n’ai pas compris les conséquences du maquillage de la voiture. Depuis mon adolescence, j’ai des difficultés à me fixer les limites du grave et du pas grave »
Galip Kurum, désigné par l’avocat-général et les parties civiles comme le tueur de Kitty écrase une larme lorsque vient son tour : « Je vous le jure. Je suis incapable de tirer sur quelqu’un. Je n’étais pas à Lot ». Il admet avoir recelé des voitures, jamais en avoir volé. Il se défend d’avoir déjà voulu tuer un policier lors du braquage de la poste de Lodelinsart. « J’ai toujours voulu aider mon prochain. Ne me condamnez pas parcequ’alors, j’ai voulu fuir la police. ». Au contraire, se révolte-t-il, la police qui l’avait grièvement blessé lors de l’affaire de la poste de Lodelinsart, lui aurait « sauvé la vie » : « Ce n’est pas l’ambulance qui m’a emmené à l’hôpital lais bien le policier qui l’avait tiré dessus. Je n’ai pas de haine contre la police ! »
GSM en prison
Et de lâcher, sans doute maladroitement, que Cheikhni demeure son ami, au point qu’à la prison de Forest, tous deux incarcérés, ils disposaient chacun d’un GSM et qu’ils se téléphonaient tous les jours.
Hassan Iasir, lui, s’est montré plus sobre, se référant à la plaidoirie de son avocat Michel Bouchat : « Cela fait trois ans que je suis accusé à tort. Je vous demande de chercher la vérité. Je vous demande de me rendre ma liberté ».
Les jurés s’en sont allés délibérer dans un hôtel bruxellois tenu secret. Ils devront répondre à 219 questions (au lieu des 289 initialement prévues). Leur verdict est attendu pour samedi matin. Ils ne disposeront pas de la traditionnelle sonnette. En cas d’accord sur le verdict, ils devront passer un message sous la porte de leur salle de délibération : « double coup de sonnette ».
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