Les louanges des amis et des familles des accusés
posté le 15 juin 2012 |
catégorie Affaire Frédérique Levêque, Bibliothèque judiciaire

LA BMW 316 confisquée par la police de Nivelles quelques heures avant le drame. Son vendeur ne s'est pas présenté à la cour d'assises © Belga.
A entendre les proches des deux accusés qui répondent depuis vendredi dernier du hold-up sanglant de la rue Vanderkindere, à Uccle, le 5 mars 2010, et de la mort de Frédérique Levêque, cette mère de trois enfants, à laquelle les deux truands essayaient de ravir la voiture, il faudrait ouvrir tout grand le box des accusés, les rendre à la liberté et leur donner acte d’un parcours de vie sans taches qui les exonéreraient de cette journée paranoïaque qui les vit tenter de s’attaquer à des bijouteries, à tabasser à sang le commerçant Léon-Philippe Rubin, à tuer la kinésithérapeute de Braine-l’Alleud.
« J’espère que les jurés seront cléments. La place de mon fils n’est pas en prison », a plaidé la mère d’Hassan Essahale qui a éduqué seule ce « fils modèle » né d’une union fugace – elle ne se souvient pas du nom du géniteur de son enfant.
Tous les amis de Hicham Gaarbouri, le tireur, et d’Hassan Essahale, sont venus réciter le même laïus devant les jurés : les deux étaient « gentils, serviables, ne connaissaient pas de problèmes financiers ». L’un était un « modèle », l’autre « sincère », empreint de « valeurs ». Les deux cousins, à entendre leurs proches, « avaient de l’ambition, des projets de vie ». Hicham El Gaarbouri était même « trop gentil », « naïf », « parce qu’il n’avait pas grandi dans la rue dont il ne connaissait pas les codes ».
Et pourtant, ces deux « anges » étaient devenus ce 5 mars 2010 des démons. Ils avaient tenté de braquer deux bijouteries à Braine-l’Alleud et Nivelles avant de choisir « par hasard » celle de l’avenue Vanderkindere, d’où, pour assurer leur fuite et leur impunité, ils s’en prirent mortellement à Frédérique Levêque, banalement arrêtée au feu rouge de l’avenue Brugmann.
Le portrait des accusés est un miroir renversé du portrait que dressent d’eux leurs amis. Le « coup » qu’ils préparaient depuis une quinzaine de jours ? Le brigadier de Bruxelles-Propreté, chef de service d’Hassan Essahale, a anéanti cette version des faits. Hassan ne lui avait demandé en urgence un congé que la veille des faits. Comme s’il y avait un impératif absolu de passer à l’acte ce vendredi 5 mars. « Ils ont dû être influencés », a glissé l’un des amis des deux. Mais par qui ? On ne le saura sans doute jamais. Un témoin dont l’accusation et les parties civiles attendaient avec impatience la venue ne s’est pas présenté.
Le président Luc Maes en a été réduit à lire sa déposition. Hamza E. aurait sans doute eu beaucoup de choses à expliquer. C’est lui qui avait vendu la BMW 316 à El Gaarbouri. Elle devait servir aux hold-up. Les deux accusés, interrogés par le président, s’étaient fourvoyés dans les conditions de l’achat de cette voiture. Ils n’avaient même pas voulu citer le nom d’Hamza : « Il n’est pas impliqué dans le dossier », l’avaient-ils défendu. Hamza E., auquel El Gaarbouri devait de l’argent pour l’achat d’une autre voiture Golf 3, logeait depuis 5 jours chez Essahale. Il en était parti, dit-il, la veille du hold-up fatal. Et dans sa déposition à la police, ce fournisseur de voitures avait déclaré : « Ils ont vraiment préparé ce coup à eux deux. »
Comment pouvait-il affirmer cela sans avoir eu connaissance des intentions des deux qu’il côtoyait quotidiennement dans les jours précédant le drame ? Ces questions demeureront sans réponse. La Cour et les parties ont renoncé à l’entendre. Les jurés, au cours des débats, avaient souvent évoqué le nom d’Hamza.
Ils ont été privés d’une partie intéressante de l’histoire qu’ils doivent juger…
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