« Il n’a jamais levé la main sur les enfants »

Justice.  Au lendemain de la condamnation de son mari pour la mort de Younes, son épouse Naïma Zraïdi le dit toujours innocent
 
 

La maman de Younès voudrait qu'une nouvelle enquête reprenne tout de zéro. © Belga.

Vendredi après la condamnation de son mari Mohamed Jratlou à 9 ans de prison pour la mort de leur fils Younès, Naïma Zraïdi est sortie des assises de Mons en pleurs. Nos confrères de Sudpresse l’ont retrouvée ce dimanche, chez elle, au Bizet (Comines-Warneton). Une femme forte, faisant face, sans jamais craquer. « Il faut continuer à chercher la vérité. Le vrai coupable court toujours », dit-elle.

En colère après le verdict ? « Non, je ne suis pas fâchée mais déçue. Car on n’a pas la vérité sur ce qui s’est passé. Il y a cependant quelque chose de positif : le meurtre est écarté. »

Naïma Zraïdi croit toujours en l’innocence de son mari, malgré la vérité judiciaire qui le dit responsable de la mort de son fils, suite à des coups. « Oui, je pense qu’il est innocent. Il n’a jamais levé la main sur les enfants et ce soir-là, c’est la première fois qu’il me frappait. Le procès n’a rien changé. Il est innocent. S’il avait frappé Younes, il aurait fait pareil avec Wasir, non ? »

La mère de Younes a été choquée durant le procès. Quand elle a vu comment les enquêteurs ont interrogé son fils Wasir pendant plus de deux heures, sans répit. Elle a envie de parler de Younes. « C’était un bon petit garçon, très poli, gentil, intelligent. Il commençait à reconnaître les lettres. Je lui parle sur les photos. Et puis, je n’ai pas lessivé ses vêtements. Je dors avec son petit gilet, qui a gardé son odeur. Cet été, j’irai au Maroc. Pour retrouver ma famille et j’irai me recueillir sur la tombe de Younes. »

Et sa vie actuelle, avec son mari en prison pour encore longtemps ? « Je suis des cours de français pour essayer de trouver du travail. Mais aussi pour relire l’enquête et creuser les pistes laissées de côté. Je veux que la vérité éclate, qu’une nouvelle enquête reprenne tout à zéro. Je suis persuadée que Younes n’est pas mort le jour de sa disparition et qu’il a été enlevé, puis tué plus tard. »

Et quand son mari sortira de prison, la vie sera-t-elle à nouveau possible avec lui ? « Je dois réfléchir à cela », répond-elle.

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