20 ans pour Coralie

Un arrêt clément

Vendredi, en fin de matinée, la cour d’assises de Namur a condamné à une peine de 20 ans de réclusion Coralie Gossiaux que le jury avait, la veille, déclarée coupable du meurtre aggravé de tortures de Noam Lixon : l’enfant tout juste âgé d’un an que le compagnon de l’accusée avait eu de son union avec Claude Collet, décédée le surlendemain de l’accouchement. Noam, dont son père venait de récupérer la garde, était décédé le 7 octobre 2008, victime des sévices que lui avait fait subir l’accusée, cinq jours à peine après l’arrivée de l’enfant à Brûly-de-Pesche (Couvin), dans le bungalow où Coralie Gossiaux avait pris la place de la mère défunte.

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Meurtrière et tortionnaire

Justice Les jurés namurois ont déclaré Coralie Gossiaux coupable

Jeudi, en début de soirée, les jurés de la cour d’assises de Namur ont déclaré Coralie Gossiaux coupable de meurtre et de tortures sur la très fragile personne de Noam Lixon : l’enfant, à peine âgé d’un an, que le compagnon de l’accusée avait eu de son union avec Claude Collet, décédée le surlendemain de l’accouchement.

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Rahim pouvait-il récupérer Noam ?

Justice Coralie Gossiaux devant les assises de Namur

Certains ont voulu voir dans le destin dramatique de Noam la faillite scandaleuse des instances commises à la protection de l’enfance et, plus singulièrement, du Service d’aide à la jeunesse (SAJ) de Dinant qui, le 2 octobre 2008, accéda – avec les conséquences tragiques que l’on sait – à la requête de Rahim Lixon, le père de l’enfant, lorsqu’il voulut récupérer la garde de son fils. « C’est un échec, admet Marie-Jeanne C., conseillère de l’Aide à la jeunesse de Dinant. Mais ce n’est pas spécifiquement celui du SAJ. Quelle que puisse être notre charge de travail, nous consacrons à chaque dossier toute l’énergie qu’il nécessite. Aurions-nous disposé de plus de temps et de moyens que nous n’aurions pu intervenir autrement ». A cette date, dit-elle, le SAJ ne disposait tout simplement pas des informations qui lui auraient permis de contester à Rahim Lixon un droit que la loi garantit à n’importe quel père dès lors qu’il n’a pas été déchu de son autorité parentale.

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Un père sur la sellette

Justice Assises de Namur : Coralie Gossiaux est accusée d’avoir assassiné Noam

Voilà, tendue d’un joli papier peint bleu turquoise, la chambre de Noam, dans le bungalow de Brûly-de-Pesche. C’est le laboratoire de la PJ qui a fait les photos. Dans un coin de la pièce, il y a le petit lit blanc : fracassées, quatre traverses se sont désolidarisées du sommier. Gros-plans sur un barreau fendu, sur un longeron cassé. Il y a, dans ces clichés muets, une brutalité qu’exacerbe encore l’innocence pastel du décor. Dans son box, Coralie Gossiaux baisse la tête et mange ses doigts. Ultime photo : un singe en peluche – un chichi – dont la frimousse en celluloïd est brisée : un choc a emporté la moitié de son sourire, ne laissant qu’un trou noir sous la pommette vermillon.

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« J’essayais de l’aimer mais … »

Justice Coralie Gossiaux devant les Assises de Namur

C’est une femme avec un visage Renaissance de madone qui met en charpie le mouchoir en papier qu’elle malmène sans trêve entre ses mains. Dont les yeux rougis et, parfois, les mains adressent des suppliques muettes au président chaque fois que ses questions la mettent à la torture. Et qui pleure sur « l’irréparable ». Sur Noam dont elle a un jour raconté qu’au milieu de son calvaire, il faisait encore « alouette » avec ses mains. « J’ aurais voulu l’aimer, hoquette-t-elle. Mais je ne le pouvais pas ». Elle pleure sur elle aussi. Et sur ce funeste aveuglement qu’elle avait mis, cette année-là, à vouloir sur-le-champ ce qu’elle voyait comme sa rédemption.

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Noam était « le fils de la crevée »

Coralie Gossiaux répond du calvaire et de la mort d’un enfant

On ne saura jamais ce que fut le calvaire de Noam Lixon. Mais il ne put s’agir que d’une horreur, une abomination, dont les légistes ont livré un compte rendu clinique en lisant son martyre dans les ecchymoses, les brûlures, les pétéchies, les plaies, les lésions et les abrasions qui tavelaient le corps de l’enfant. Des sévices dont on devine que Coralie Gossiaux elle-même n’a pourtant pas tout dit, lorsqu’elle fut inculpée pour le meurtre aggravé de tortures de Noam, le 8 octobre 2008.

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