Avouer pour sortir un jour

Trente ans de prison pour Clottemans

Ce n’est qu’anecdotique : Els Clottemans, déclarée coupable mercredi soir par les jurés limbourgeois du « meurtre au parachute » de sa rivale amoureuse Els Van Doren, avait chaussé jeudi des lunettes. Comme pour se rendre compte qu’elle ne rêvait pas ; que ces 12 jurés face à elle étaient réellement ceux qui l’avaient déclarée coupable sur des suppositions, plus que sur des preuves.

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Clottemans coupable du « meurtre au parachute »

Moins de quatre heures de délibérations ont suffi aux jurés de la cour d’assises du Limbourg pour déclarer coupable d’assassinat Els Clottemans, cette institutrice de 26 ans qui répondait depuis le 24 septembre de l’assassinat d’Els Van Doren, sa rivale amoureuse, dont les deux parachutes avaient été sabotés.

 A l’annonce du verdict, l’accusée a laissé échapper des larmes tandis que sa mère et son frère s’enfonçaient de tristesse dans leurs chaises, dans la salle d’audience. Les motivations des jurés, consignées par la cour après leur délibération, indiquent que le « sabotage a dû être commis entre le 5 novembre (NDLR : dernier repliage de son parachute par Els van Doren) et le 18 novembre ». Elles indiquent aussi l’impossibilité qu’un étranger ait pu commettre les faits dans le hangar du para-club de Zwartberg. Et que ni Marcel Somers, l’amant commun à l’accusée et à la victime, ni Jan De Wilde, le mari cocu de la victime, n’ont pu être incriminés. lire la suite

Les jurés se prononcent sur la culpabilité d’Els Clottemans, sans preuves, dans « le meurtre au parachute ». En motivant leur décision. Normal ?

« Condamner sans preuves serait une honte judiciaire » 

Est-il envisageable que Els Clottemans soit condamnée sans preuves ?

Ce serait une honte judiciaire si on pouvait aboutir à une condamnation sans preuves. La question est plutôt de savoir quels éléments sont jugés suffisants pour former une preuve permettant de déclarer une personne coupable. La loi accepte ainsi les éléments tirés des aveux, des déclarations de témoins directs (ce qu’ils ont vu et non pas ce qu’ils ont comme opinion), des résultats d’expertise, des constatations directes sur les lieux avec des pièces à conviction, mais aussi des présomptions qui sont jugées graves, précises et concordantes. lire la suite

La peur de l’erreur judiciaire

A la leçon de criminologie déclinée lundi par Me Jan Vermassen, l’avocat de la victime du « meurtre au parachute » – « nous n’avons pas de preuves matérielles, mais elle a le profil » –, comme à la réduction opérée dans son réquisitoire par l’avocat général Patrick Boyen – « Els Clottemans est coupable parce que personne d’autre ne peut l’être » –, a répondu mardi devant la cour d’assises du Limbourg la réplique charpentée des avocats de la jeune institutrice de 26 ans accusée d’avoir saboté en novembre 2006 les parachutes de sa rivale amoureuse Els Van Doren, l’entraînant dans une chute mortelle.

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Le scénario du crime parfait

Jef Vermassen, l’avocat de la famille d’Els Van Doren, dont les parachutes sabotés avaient entraîné la mort le 18 décembre 2006, l’a admis hier lors de sa plaidoirie devant les assises du Limbourg : « Nous n’avons pas de preuves matérielles (de la culpabilité de l’accusée Els Clottemans), mais avons-nous pour autant les mains vides ? Non, c’est de la foutaise ! », s’est-il exclamé lundi avec cette théâtralité bonhomme qui le caractérise. Pas de preuves matérielles ? « C’est ce que M. Tout-le-Monde (Jan met de Pet, en néerlandais, NDLR) pourrait croire. Mais M. Tout-le-Monde n’a pas lu le dossier. » Et Vermassen, auteur à succès (100.000 exemplaires en Flandres) d’un livre à succès consacré aux Assassins et leurs mobiles, se lance dans une magistrale dissertation sur les chemins qui mènent au crime.

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Déductions et manque de preuves

 Le procès intenté à Els Clottemans, l’institutrice de 26 ans accusée d’avoir saboté en novembre 2006 les parachutes de sa rivale amoureuse Els Van Doren, demeurera, dans les annales judiciaires, comme l’un des plus difficiles soumis à une cour d’assises. A l’extraordinaire « qualité » du crime (un « meurtre en plein ciel ») se conjugue, depuis le début de cette affaire, l’incapacité de l’accusation ou de la partie civile, d’avancer des preuves matérielles flagrantes de la culpabilité de l’accusée. En trois semaines d’un procès placé sous haute émotion les accusateurs d’Els Clottemans, n’ont pu qu’exciper de « mensonges collatéraux » qu’aurait commis l’accusée, après les faits, sans jamais démontrer sa participation au sabotage, établir un mobile absolu, prouver son implication effective dans la découpe des suspentes des parachutes dorsal et de secours de l’infortunée Els Van Doren. lire la suite

La douleur des enfants d’Els

Avant le début, lundi, des plaidoiries et du réquisitoire, les jurés de la cour d’assises du Limbourg sont rentrés chez eux vendredi soir le cœur chargé des témoignages poignants de la fille et du fils de la parachutiste assassinée en plein ciel, Els Van Doren, dont les voiles dorsale et de secours ont été sabotées le 18 novembre 2006.

L’audition de Karol, la fille de la victime, revêtait, outre les larmes attendues par le public massé en nombre dans la salle vidéo, une importance pour les parties. En évoquant lors des interrogatoires les profils possibles du saboteur, Els Clottemans, l’accusée, avait notamment évoqué l’hypothèse que Karol, alors âgée de 15 ans, aurait pu, elle aussi, avoir un mobile pour saboter les parachutes. « Elle se plaignait des absences continuelles de sa mère. Elle ne la voyait jamais le week-end. Elle aurait pu vouloir lui faire peur. » Cette hypothèse, comme tant d’autres, n’a jamais été investiguée par les enquêteurs. lire la suite

La traque ardue des meurtriers du ciel

Si elle est condamnée à Tongres, Els Clottemans, accusée d’avoir saboté le parachute de sa rivale, deviendrait la deuxième parachutiste au monde à être frappée d’infamie.

 Le meurtre en plein ciel d’Els Van Doren, qui fait l’objet depuis deux semaines de débats enflammés à la cour d’assises du Limbourg, est suivi aux quatre coins du monde par les passionnés de parachutisme et les policiers américains et britanniques, confrontés à des affaires similaires jamais résolues.

Si Els Clottemans, l’accusée de 26 ans soupçonnée d’avoir saboté les deux parachutes de sa rivale amoureuse, le 18 novembre 2006, devait être déclarée coupable (malgré l’absence de preuves) mercredi prochain, elle deviendrait la deuxième parachutiste au monde à être reconnue coupable d’une telle machination criminelle. Elle rejoindrait ainsi sur les tablettes noires du parachutisme mondial un Allemand, aujourd’hui âgé de 44 ans, Ralf Kasparek, condamné à la réclusion à perpétuité en 2000 par le tribunal de district de Münster pour le meurtre de la jeune infirmière de 31 ans dont il convoitait le cœur, Andrea Ulrich. lire la suite

Des témoins tombés du ciel

els.jpgLe procès, à Tongres, d’Els Clottemans, la parachutiste accusée d’avoir saboté, le 18 novembre 2006, le parachute de sa rivale amoureuse Els Van Doren, a pris mardi une tournure quasi burlesque. Aux invectives des bancs de la défense ont répondu les imprécations de l’avocat général, voué, en cette dernière journée de comparution des experts, à démontrer coûte que coûte la culpabilité de la jeune institutrice aujourd’hui âgée de 26 ans ; l’autre côté de la barre ferraillant ferme pour démontrer le contraire.

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Une amie de l’accusée dénonce

La cour d’assises du Limbourg, qui juge depuis deux semaines Els Clottemans, la jeune institutrice de 26 ans accusée d’avoir saboté les parachutes de sa rivale amoureuse Els Van Doren, s’est encore intéressée, lundi, avec l’audition de membres du para-club de Zwartberg, à la découverte fortuite, selon la défense, ou volontaire, selon l’accusation, de l’extracteur saboté du parachute de la victime. Jan Ceulemans a ainsi affirmé qu’en juin 2006, Els Clottemans avait été contrainte d’actionner son propre parachute de réserve lors d’un saut. Son parachute principal s’était envolé et la jeune femme (qui dit s’être concentrée sur son atterrissage en ces circonstances périlleuses) n’avait pu le localiser. Sa toile avait finalement pu être localisée par un garde-forestier. Trois jours après la mort tragique d’Els Van Doren, Els Clottemans avait retrouvé l’extracteur saboté, planté en haut d’un arbre. Selon Ceulemans, lorsque pareil accident survient, les membres de l’équipe de saut peuvent aisément repérer le point de chute de la toile défaillante. Sous-entendu : Clottemans aurait dû savoir où l’extracteur tomberait… et ne l’a récupéré que trois jours plus tard, le confiant cependant à la police.

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