Perpétuité pour Trentesaux

Le père infanticide est coupable d’assassinat.
Il ne bénéficie d’aucune circonstance atténuante.

Le maximum. Eric Trentesaux a été condamné à la réclusion à perpétuité. Le jury l’a déclaré coupable de l’assassinat de son fils Louis, étouffé dans la chambre d’un hôtel de Neuville-en-Ferrain (F), le soir du 12 janvier 2007. Oui, il avait voulu lui donner la mort. Oui, il avait prémédité son geste. Plus tard, dans son arrêt, la cour ne lui reconnaîtra aucune circonstance atténuante. Rien, dans cet homme, n’a ému les magistrats et les jurés. « Je l’ai souvent observé au cours de ce procès, a dit à son propos l’avocat général, Ingrid Godart. Et je n’ai vu qu’un homme arrogant et agacé. »

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L’accusé avait deux visages

C’est tout juste si les témoins qui se sont succédé, mercredi, ont pu mitiger le portrait terrible que son épouse et ses enfants avaient peint de l’accusé, la veille. Tout au plus pourrait-on dire qu’Eric Trentesaux avait deux visages. Celui qu’il affichait en société était on ne peut plus avenant. Ses collègues de travail ont décrit un homme gentil, affable, efficace et compétent. Ses amis du Lion’s ont loué son investissement dans les opérations caritatives mises en œuvre par le service-club. Tous ont décrit un homme fier et droit, constamment soucieux d’offrir l’image infroissable de la respectabilité. Qui les voyait de loin regardait les Trentesaux comme la famille idéale : « Quatre enfants magnifiques, polis, élevés dans les valeurs chrétiennes », s’extasie encore une voisine.

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« J’aurais préféré ne pas avoir de père »

Vu du dehors, c’était un monde lisse. Tennis, hockey, pulls en mohair et faux-semblants. Eric Trentesaux tenait aux apparences. Aux convenances. Il avait été président du Lion’s, son épouse ne travaillait pas, ses enfants fréquentaient les meilleures écoles, sa belle-famille avait amassé « une fortune considérable » dans le textile mouscronnois. Il tenait son rang. Il tenait à sa femme. Il regardait sa famille comme une entité indissoluble.

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« Mon corps l’a fait »

Eric Trentesaux nie avoir prémédité le meurtre de son cadet, Louis, qui avait 11 ans. Il ne comprend pas son geste.

La tenue est décontractée. Chemise bleu pâle, pull en V assorti, jean impeccable : pour un peu, Eric Trentesaux semblerait avoir été cueilli à la sauvette dans le parterre mondain d’une garden-party sans chichi. Pour scabreuse que soit sa position – le box des accusés a sur l’orgueil les effets les plus émollients –, il ne peut expurger son discours d’une pointe d’arrogance dont s’agace visiblement le président Delmarche : « Un autre ton ! », s’impatiente-t-il quand l’accusé s’exprime avec trop de véhémence.

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« Il a étouffé sa souffrance »

Eric Trenteseaux a tué son fils cadet âgé de 11 ans en qui il lisait sa propre détresse à la veille de son divorce. 

 Eric Trenteseaux n’a jamais vraiment dit pourquoi il avait tué Louis, le cadet de ses quatre enfants : un gamin de 11 ans. Il ne supportait plus, a-t-il dit, la souffrance qui suintait de l’enfant depuis la séparation de ses parents.

Eric Trenteseaux, estiment les psys, aurait vu en son fils sa propre détresse : dans son égarement, il avait cru mettre un terme à cette douleur en supprimant « l’être souffrant » qui était tout à la fois lui-même et ce fils avec lequel il s’était identifié jusqu’à là fusion.

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