Grégory Henry déclaré coupable d’assassinat

Les jurés namurois ont estimé qu’il avait prémédité le meurtre de Fabien Dupont, le 5 février 2009, à Anhée

C’était un assassinat. Jeudi, les jurés ont considéré que Grégory Henry avait prémédité le meurtre de Fabien Dupont dont le corps poignardé avait été découvert, le 6 février 2009, dans le living de sa maison d’Anhée. L’essentiel du débat, en matinée, avait concerné la préméditation, dès lors que l’intention homicide n’était ni contestable ni contestée. Pour l’accusation, cette préméditation était évidente. Elle transparaissait clairement des faits : l’accusé avait emporté un couteau pour se rendre chez Fabien Dupont – « Que l’on sache, il n’était pas question d’un pique-nique ! », avait tonitrué Me Preumont, avocat des parties civiles – et il s’était délibérément rendu au domicile de la victime, peu avant l’heure dite, alors qu’ils avaient convenu de se retrouver au complexe sportif. On était d’autant plus enclin à penser que Grégory Henry avait prémédité son geste, avait dit l’accusation, que toute son attitude, après les faits, avait révélé un tempérament calculateur, organisé : il y a cet appel qu’il passe, juste après le meurtre, sur le GSM de sa victime, ce simulacre de cambriolage qu’il revient mettre en scène, cette affliction ostentatoire qu’il traîne en tout lieu après les faits, son dévouement aux obsèques, ces propos écœurants qu’il glisse à l’oreille des parents affligés aux funérailles

(« J’espère qu’on attrapera celui qui a fait ça »), cette photo de la victime qu’il punaise sur un des murs de sa cuisine…

Autant de choses dans lesquelles la défense voyait, elle, les signes des remords qui avaient d’emblée assailli son client. lire la suite

Un brave zigue avait tué un chic type

Justice Grégory Henry répond du meurtre de Fabien Dupont devant les assises de Namur

Peu de jours après la mort de Fabien Dupont, le Volley Club d’Anhée avait organisé des funérailles à la mesure du vide que laissait le départ de son secrétaire regretté. Grégory Henry avait fait offre de service, ce jour-là : il n’avait pas ménagé sa peine – au bar, en salle, en cuisine –, témoignant d’un dévouement qui avait forcé la gratitude dans l’entourage du disparu. Il était venu embrasser les parents du défunt au cimetière : « J’espère qu’on attrapera celui qui a fait ça », leur avait-il glissé durant cette accolade. On l’avait attrapé une semaine plus tard : c’était lui.

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La confrontation tragique de deux ego ?

Justice Grégory Henry répond du meurtre de Fabien Dupont devant les assises de Namur

Peut-être y avait-il deux crocos dans le marigot. Peut-être. Dire de Fabien Dupont qu’il était la cheville ouvrière du Volley Club d’Anhée serait rendre un compte faiblard de l’énergie qu’il avait déployée, des années durant, à la bonne marche de cette société sportive. Il assurait tout : les entraînements des équipes d’âge, la paperasse, les conduites et tout le reste. « C’était l’homme à tout faire, résume l’ex-présidente du club. Toujours au four et au moulin. » Il assumait sa fonction au sein de l’ASBL « Complexe sportif et culturel » avec la même énergie. Et, sans doute, avec le même absolutisme régalien.

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« J’ai perdu les pédales »

Justice Grégory Henry devant les assises de Namur

A Anhée, l’ASBL « Complexe sportif et culturel » fonctionnait comme ça. A la bonne franquette. Elle n’avait plus convoqué d’assemblée générale depuis belle lurette. Et la fonction de trésorier était restée vacante, plusieurs années durant : c’était le secrétaire, Fabien Dupont, qui tenait la caisse. Il gérait quasiment l’affaire à sa guise : l’ASBL, c’était d’abord lui.

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Meurtre en petit comité, une nuit, à Anhée

Assises de Namur L’accusé était le trésorier magouilleur de l’ASBL, la victime était le comitard qui l’avait confondu

Il y a, comme ça, des vies qui, tout à coup, basculent sans crier gare. L’affaire, peut-être, de quelques secondes dont le terrible tic-tac résonne comme autant de coups frappés à la porte du destin. Grégory Henry aurait pu mener jusqu’à son terme son existence étale de père de famille, partagée entre son épouse, ses deux enfants, son job d’ouvrier communal et une vie sociale peuplée d’amis. Mais voilà : Grégory Henry avait détourné de l’argent – 4.000 euros, guère plus. Et pour avoir tenté de conjurer la honte d’être regardé comme un voleur, il encourt désormais l’ignominie d’être déclaré assassin. Grégory Henry est en aveux : oui, c’est lui, c’est bien lui qui a tué Fabien Dupont.

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