Renard condamné à quinze ans

La cour d’assises du Brabant wallon a rendu son arrêt

Ses défenseurs lui avaient trouvé vingt-cinq circonstances atténuantes !
La cour en a retenu cinq.

 Mercredi, en début d’après-midi, la cour d’assises du Brabant wallon a condamné Jean-Pierre Renard à quinze ans de réclusion. La veille, il avait été reconnu coupable d’assassinat sur la personne de son épouse, Thérèse Souratie, et sur celle de son beau-fils, Junior Ouoba Yempabou, tous deux abattus de plusieurs balles, le 25 mai 2007, dans la maison que le couple occupait à Mont-Saint-Guibert.

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Jean-Pierre Renard déclaré coupable d’assassinat

Les jurés des assises du Brabant wallon ont retenu la préméditation

Mardi soir, après sept heures de délibération, le jury de la cour d’assises du Brabant wallon a déclaré Jean-Pierre Renard, 53 ans, coupable d’assassinat sur la personne de son épouse, Thérèse Souratie, et sur celle de Junior Ouoba Yempabou, le fils qu’elle avait eu d’un premier mariage au Burkina Faso, son pays d’origine. Thérèse Souratie et son fils Junior avaient tous deux été abattus de plusieurs balles, dans la soirée du 25 mai 2007, dans la maison que le couple occupait à Mont-Saint-Guibert.

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« On est dans le scénario du crime provoqué »

Lundi, les avocats de Jean-Pierre Renard ont admis qu’il y avait eu une intention homicide dans le chef de leur client qui, depuis huit jours, répond devant les assises du Brabant wallon de la mort de son épouse, Thérèse Souratie, et de son fils, Junior, abattus de plusieurs coups de feu, le 26 mai 2007, à Mont-Saint-Guibert. Mes De Quévy et Amrani ont toutefois estimé que cette intention ne s’était manifestée qu’à compter du troisième coup de feu tiré sur Junior.

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« Quatre des cinq tirs visaient la tête »

Vendredi, l’avocat général Pierre Rans a demandé aux jurés des assises du Brabant wallon de dire Jean-Pierre Renard coupable de l’assassinat de son épouse Thérèse Souratie et de son beau-fils Junior, abattus de plusieurs balles de 9 mm dans la nuit du 25 au 26 mai 2007, dans leur maison de Mont-Saint-Guibert. Pour le ministère public, l’intention homicide est irréfutable. L’accusé a fait feu avec une arme redoutable : un pistolet Jericho dont les balles, expulsées du canon à la vitesse de 330 mètres par seconde, restent mortelles à une distance de 100 mètres. Et, en tireur expérimenté, il a chaque fois fait feu pour tuer : quatre des cinq tirs visaient la tête, trois furent mortels – le quatrième aurait dû l’être : la balle, de manière inouïe, se fraya un chemin entre le cuir chevelu et l’os pariétal du crâne de Junior.

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Tantôt caporal, tantôt commandant

A l’entrée de la maison qu’occupaient Jean-Pierre et Thérèse Renard, à Mont-Saint-Guibert, il y avait un étrange panneau aux inscriptions interchangeables qui permettait à l’époux de choisir entre deux grades – c’était « caporal » ou « commandant » – celui qui se prêterait le mieux aux circonstances du moment. Thérèse, elle, l’appelait le plus souvent « mon colonel ».

Difficile, pourtant de savoir lequel des deux conjoints gendarmait l’autre. Dans le couple qu’il avait formé jusqu’en 2002 avec Christiane G., Jean-Pierre Renard avait mené les choses à sa guise. Ou presque. Christiane endurait ses outrances avec une patience résignée. « Je ne disais trop rien, a-t-elle raconté jeudi. Si je le disputais quand il rentrait ivre, il repartait boire. » Elle endurait ses pitreries pathétiques quand il était rond en société : le genre à manger les fleurs qui décoraient la table, « pour faire rire ».

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Un vrai moment d’égarement ?

Assises Brabant

Seul Jean-Pierre Renard connaît l’enchaînement des événements qui, dans la nuit du 25 au 26 mai 2007, le menèrent à abattre son épouse, Thérèse Souratie, et Junior, le fils qu’elle avait eu d’un premier mariage au Burkina Faso. Et seul l’accusé sait dans quelles circonstances précises survint le drame. Il a fait de la scène une relation dont la confusion semble garantir la parfaite sincérité : « Je suis devenu comme fou », a-t-il encore répété lundi, devant les jurés brabançons.

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« Rien ne serait arrivé sans cette pluie »

De l’accusé, on remarque d’abord ces deux sourcils qui montent en flèche sur un front bas, donnant à tout le visage un air étrangement implorant. Puis plus rien : c’est un petit homme grisâtre, dans un costume grisâtre, avec une moustache grisâtre. Et, probablement, une vie d’une teinte approchante dans laquelle la seule note criarde fut ce perroquet qu’il emmenait parfois sur ses chantiers.

 Jean-Pierre Renard était plombier zingueur. Il avait appris le métier, dès l’âge de quinze ans, chez un patron de la région. C’est là qu’il avait appris à picoler, aussi, en communiant scrupuleusement au pot du vendredi. Ces soirs-là, il n’était pas rare que le dernier bus lui passe sous le nez. Alors c’était les potes qui le ramenaient chez lui. Plombier plombé. C’était un bon travailleur âpre à la tache. Mais la boisson avait tout dévasté. « Surtout l’vendredi », insiste-t-il, comme si cette ritualisation de son travers constituait un point essentiel du dossier.

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Deux corps au pied de l’escalier

Justice Un drame familial aux assises du Brabant wallon : Jean-Pierre Renard a tué son épouse et son fils

Lorsque, le samedi 26 mai 2007, à 2 h 38, l’équipe d’intervention de la police fédérale de Nivelles pénètre au rez-de-chaussée du 169 de la rue de Corbais, à Mont-Saint-Guibert, elle découvre, au pied de l’escalier, les corps enlacés d’une femme et d’un homme noirs de peau. Les policiers savent déjà qu’il s’agit de Thérèse Souratie, 48 ans, et de son fils Junior Yempabou, né à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, le 11 mai 1982. Elle a été abattue de deux balles de 9 mm dont l’une l’a atteinte au visage, l’autre à la base du cou. Junior, lui, a été abattu de trois balles : l’un des projectiles a traversé sa boîte crânienne de part en part.

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