Les excuses à la mère innocentée

Jessica Bily acquittée sous les applaudissements. Jessica Bily, 29 ans poursuivie pour l’infanticide du nouveau-né qu’elle étouffa au moment de sa naissance en janvier 2008, n’avait jamais été applaudie. Elle qui se demandait dans son journal intime « pourquoi (ses) parents l’avaient faite petite, grosse et conne », elle qui se cantonnait dans une timidité maladive la privant de toute relation sociale, elle a eu droit, pour la première fois de sa vie, aux applaudissements du public de la cour d’assises alors que le président Jean-Francis Jonckheere venait de prononcer ce mot magique et inattendu pour elle : « Acquittée ».

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L’infanticide au banc des victimes

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Aucun doute sur le déni de grossesse : pourquoi ce procès ?

Jessica Bily a esquissé un discret sourire de fierté lorsque le président de la cour d’assises du Hainaut, Jean-Francis Jonckheere, évoquant la bonne éducation dispensée à sa fille Jody, l’a gratifiée d’un : « Vous êtes une bonne mère ! » Une bonne mère ? « Je ne le suis pas puisque je suis en prison », lui a répliqué l’accusée, les yeux rougis de larmes. L’accusée ? Elle a plutôt occupé, en cette première journée de son procès, la place d’une victime. Victime de ce syndrome du « déni de grossesse » qui impose à des femmes « de toutes origines, de toutes conditions », comme l’a rappelé un président particulièrement documenté sur la question, des gestations clandestines, ignorées de ces femmes qui découvrent avec fulgurance leur condition de mères à l’occasion de l’expulsion de leur bébé, le plus souvent sans témoin et dans des conditions d’extrême souffrance imposées par cet intrus qui a habité clandestinement leur corps durant neuf mois.

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Déni de grossesse : les «passagers clandestins» de l’accusée

La cour d’assises du Hainaut, siégeant à Mons, ouvre ce matin un procès historique et dramatique. Historique, car c’est la première fois qu’une mère infanticide, reconnue par les psychiatres qui l’ont examinée comme souffrant d’un « déni de grossesse », comparait devant la plus haute juridiction criminelle. Dramatique, parce qu’entre le 5 et le 20 janvier (elle ne se souvient plus de la date exacte), elle étouffa de sang-froid ce bébé de sexe masculin dont on ignore le prénom. Il pesait 3,780 kilos. Il était né à terme et, selon le légiste, il était viable.

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