« Xavier, dors tranquille ! »

Justice Peine maximale pour Junior Pashi Kabunda

Aux assises, avait rappelé le président Luc Maes en terminant la lecture de son arrêt, il n’y a ni gagnants ni perdants. Il y a des gens qui pleurent, d’autres qui s’étreignent, soulagés. L’arrêt tombé, Charlenne, la compagne de Laurent Koniemba, s’est lentement recroquevillée sur son siège, terrassée par le chagrin. A quelques rangées de là, Céline, son père et son grand-père se sont embrassés sans mot dire, communiant à un sentiment ineffable qui n’était ni le bonheur ni même la joie. Dans leur box, les deux accusés n’ont pas cillé : « J’accepterai ma peine, quelle qu’elle soit », avait déclaré Junior alors que la cour s’apprêtait à partir en délibération.

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Les peines attendront lundi

Jury flapi, jurés épuisés. Vendredi, en fin de journée, le président Luc Maes a résolu de reporter à lundi les ultimes plaidoiries et la délibération sur la peine : après leur journée-marathon de la veille – quatorze heures à débattre, motivation du verdict comprise –, certains jurés bruxellois présentaient, dès le début de l’audience, les signes d’une imminente catalepsie. Junior Pashi Kabunda et Laurent Oniemba Koniemba devront donc attendre deux longues journées encore avant d’être fixés sur leur sort : rien de plaisant, faut-il le dire ?

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Coupables sur toute la ligne

jeudi, peu avant minuit, les jurés de la cour d’assises de Bruxelles ont déclaré Junior Pashi Kabunda et Laurent Oniemba Koniemba solidairement coupables d’un meurtre pour faciliter le vol sur la personne du pianiste Benjamin Rawitz, battu à mort au rez-de-chaussée de son domicile, rue des Minimes, à Bruxelles, dans la nuit du 28 au 29 août 2006.

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Un procès d’une absolue désespérance

On ne peut pas tout détruire sans se détruire soi-même.

« A l’intérieur, je suis déjà mort », dit Junior à Cynthia, quelques heures après avoir tué Marcelle, Anaïs et – du moins le croit-il – Céline, qu’il abominera encore longtemps. Junior s’est tué.

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« Je ne suis pas un monstre »

Les derniers mots de Junior devant les assises de Bruxelles

Les débats étaient clos. Le président a, selon l’usage, donné la parole aux accusés. Alors, ils ont parlé, l’un et l’autre. Longuement. Avec une véhémence, une volubilité et – on peut l’espérer – une sincérité qui ont surpris.

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« Fou d’amour, il devient fou de haine »

Justice La défense de Junior Pashi Kabunda devant les assises de Bruxelles

Que dire pour Junior ? Que dire qui ne soit ni malvenu, ni maladroit, ni indécent, ni offensant pour la mémoire de ses victimes ? Que dire qui puisse peser de quelque poids face à l’horreur de ses crimes ? Que dire qui soit digne de foi à propos d’un homme qui a tout abdiqué – « A l’intérieur, je suis déjà mort », confiait-il à son amie Cynthia, deux heures après avoir tenté de tuer Céline ?

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« Solidairement coupables »

Lundi, le réquisitoire de l’avocat général Pierre Rans a, pour quelques heures, sorti le meurtre du pianiste Benjamin Rawitz de l’ombre où l’avait longuement confiné l’atrocité des faits commis, deux ans plus tard, à Woluwe-Saint-Lambert.

S’agissant du meurtre de la rue des Minimes, l’avocat général s’est d’abord attaché à démontrer qu’il s’agissait indiscutablement d’un homicide volontaire – sans doute les défenses voudront-elles n’y voir que des coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner. lire la suite

« Un facteur temps terrifiant »

Pardonnez-moi de vous interrompre, Me Couquelet, susurre soudain le président Luc Maes avec l’entregent goguenard qu’appelle la suite du propos, mais je crains que vous n’endormiez monsieur Pashi. »

 Vautré dans son box, Junior Pashi Kabunda a dû considérer que les plaidoiries des parties civiles constituaient une parenthèse propice à une petite sieste roborative : depuis quelques minutes, son attitude trahit une imminente narcolepsie – on n’évoquera pas le sommeil du juste. lire la suite

« Comprenez ma honte de père »

Justice Junior Pashi Kabunda et Laurent Koniemba devant les assises de Bruxelles

Louis-Dieudonné Ngomba Koniemba Shato, « plus ou moins 44 ans », prend la Terre entière à témoin de « sa honte de père », de « son humiliation ». Il lève les bras au ciel. Les laisse retomber dans un geste las d’impuissance : il a tout fait, martèle-t-il, – tout ! – pour soustraire son fils, Laurent Oniemba Koniemba, à ce destin-là. « Je me cassais la tête, dit-il. Je ne cessais de lui parler, de le conseiller. Mais il n’écoutait rien. » Il disserte abondamment sur ces devoirs sacrés qui incombent à un père. Mais qu’il serait bien en peine, désormais, d’exercer : il a été déchu de son autorité parentale sur Laurent.

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Une forêt en mémoire du pianiste

Les meurtres odieux commis à Woluwe-Saint-Lambert avaient presque oblitéré – au vif soulagement, sans doute, de Laurent Oniemba Koniemba – celui dont fut victime, le 28 août 2006, le pianiste Benjamin Rawitz dont les nombreux amis sont venus fort opportunément évoquer le souvenir devant les jurés bruxellois. Tous ont décrit un homme dont les talents de musicien n’avaient d’égal que le culte qu’il savait, comme personne, rendre à l’amitié.

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