L’insolente liberté d’Aubin Bellens

Justice Ses complices ont été lourdement condamnés par les assises du Hainaut

Mercredi soir, la cour d’assises du Hainaut a condamné lourdement Dorian Cherpion, Abdelah Mostefa et Frédérick Echazar que les jurés avaient déclarés solidairement coupables d’un vol aggravé d’un homicide volontaire sur la personne de Pascal Hennuy, le boulanger de Jamioulx, abattu d’une balle en plein cœur, dans la nuit du 5 novembre 2007.

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Nonante-sept ans à eux quatre

Vingt-cinq ans pour Dorian Cherpion, trente pour Abdelah Mostefa, vingt-sept pour Frédérick Echazar, quinze pour Tahar Zouad. La sentence est tombée comme un couperet. Les coupables l’ont reçue tête baissée. Ils avaient annoncé, quelques heures plus tôt, qu’ils accepteraient – avaient-ils seulement le choix ? – la sanction, quelle qu’elle fût. Mais sans doute avaient-ils espéré des peines moins lourdes. Tahar Zouad, singulièrement : il n’était pas de l’expédition à Jamioulx et, en d’autres circonstances, les faits dont il venait de répondre devant la cour d’assises du Hainaut auraient pu être correctionnalisables.

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Tous coupables de tout

Assises du Hainaut

Il n’y a pas eu de surprise. Mardi soir, les jurés des assises du Hainaut ont suivi les réquisitions du ministère public en déclarant Dorian Cherpion, Abdalah Mostefa et Frédérick Echazar solidairement coupables du vol avec violence au cours duquel Pascal Hennuy, le boulanger de Jamioulx, avait été abattu d’un tir en plein cœur, dans la nuit du 5 novembre 2007 – aux termes d’un habillage juridique cruel, le meurtre n’est ici considéré que comme une circonstance aggravante du vol.

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Au détail ou au prix de gros ?

Qui a fait feu sur le boulanger de Jamioulx, dans la nuit du 5 novembre 2007 ? Après avoir été au centre de l’instruction d’audience, dès le premier jour du procès, cette question s’est inévitablement retrouvée au cœur des débats sur la culpabilité, même si – l’oublierait-on ? – le meurtre de Pascal Hennuy ne constitue pas le fait principal reproché aux accusés : ici, la mort du boulanger est seulement considérée comme une circonstance aggravante du vol avec violence dont répondent Dorian Cherpion, Abdelah Mostefa et Frédérick Echazar.

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« Tous coupables d’un homicide »

Justice Assises du Hainaut

Les avocats sont entrés dans la danse. A commencer par ceux des parties civiles qui jouent sur le velours : les faits sont établis et les accusés sont en aveux – « En aveux sur tout, ironisera Me Mayence, sauf sur l’inacceptable » : aucun d’eux n’admet avoir fait feu sur le boulanger.

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« Des mauvaises fréquentations »

Des pères et des mères défilent à la barre. Des frères, des sœurs, des oncles et des tantes aussi. Tous à gratter pareillement le passé dans une démarche collective d’archéologie familiale. A fouiller dans leur mémoire des strates épaisses de souvenirs sédimentés à la recherche de quelque chose – mais quoi ? – qui leur aurait échappé. Et qui leur permettrait de comprendre. En pure perte : rien, semble-t-il, n’est de nature à expliquer pourquoi Dorian, Abdelah, Frédérick et Tahar ont basculé, sans crier gare, dans la délinquance.

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Un si irréprochable accusé

Justice La mort du boulanger de Jamioulx aux assises du Hainaut

Pas une aspérité, pas une faille. Rien. Cherpion, c’est le plus lisse de la bande. Si tant est, d’ailleurs, qu’il a jamais vraiment fait partie de la bande : à Mons, il répond de sa seule participation à l’expédition tragique de Jamioulx. Il n’était ni à Virelles, ni à Wayaux – encore qu’un doute subsiste à ce propos –, ni à Lodelinsart. Il n’aurait même pas dû se trouver à Jamioulx : il est acquis que Bellens et Mostefa avaient d’abord songé à emmener Zouad, leur partenaire habituel, sur ce coup-là. Mais voilà, Zouad ne possédait pas de voiture, au contraire de Cherpion qui s’était acheté une Golf…

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De longues années de pain noir

Sa vie aussi, somme toute, était mal partie. Pire que celle des autres, là, dans le box. A treize ans, Pascal Hennuy n’avait rien. Même pas le physique : il traînait en ahanant le boulet de son obésité. Il venait de perdre sa mère, morte inopinément. Il était seul, ou presque. Richard, son frère aîné, n’était pas mieux loti que lui. Leur père tentait lui-même de reconstruire sa vie. La partie n’était pas gagnée. « Pourtant, raconte un de ses proches, Pascal était parvenu à faire de sa vie quelque chose de bien. »

Il n’avait pour lui que sa force de caractère. Il l’avait mobilisée pour arriver. Il s’était inscrit à l’Université du Travail, à Charleroi. D’aussi loin que ses proches se souviennent, il voulait devenir boulanger. Il était étonnamment dur à la tâche : il n’était pas rare qu’il travaille pour trois boulangeries, durant les vacances et les week-ends. Il faisait la nuit ici, une demi-journée là, une autre ailleurs. lire la suite

« J’ai subi 35 hold-up : si j’en vois un, je tire »

Justice La mort du boulanger de Jamioulx devant les assises du Hainaut

Après la mort tragique du boulanger de Jamioulx, les enquêteurs furent intrigués par le soin qu’avaient mis les auteurs à récupérer les douilles éjectées par le pistolet 9 mm sur les lieux du drame. Ce zèle précautionneux leur donnait à penser que l’arme était « chaude » : le pistolet avait dû servir ailleurs.

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Une femme terrorisée

Justice Le meurtre du boulanger de Jamioulx aux assises

Ils avaient songé faire un coup à Montignies-sur-Sambre, cette nuit-là. Mais rien, là-bas, ne s’était passé comme prévu. Alors Bellens avait suggéré Virelles : un coup qu’il préparait pour plus tard, mais bon. Ils avaient eu du mal à retrouver la maison : les repérages de Bellens n’avaient été que sommaires. Ils étaient arrivés sur les lieux peu avant 8 heures, ce samedi 20 octobre 2007 – quatre jours avant Wayaux, seize avant Jamioulx.

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