« Il n’a jamais levé la main sur les enfants »

Justice.  Au lendemain de la condamnation de son mari pour la mort de Younes, son épouse Naïma Zraïdi le dit toujours innocent
 
 

La maman de Younès voudrait qu'une nouvelle enquête reprenne tout de zéro. © Belga.

Vendredi après la condamnation de son mari Mohamed Jratlou à 9 ans de prison pour la mort de leur fils Younès, Naïma Zraïdi est sortie des assises de Mons en pleurs. Nos confrères de Sudpresse l’ont retrouvée ce dimanche, chez elle, au Bizet (Comines-Warneton). Une femme forte, faisant face, sans jamais craquer. « Il faut continuer à chercher la vérité. Le vrai coupable court toujours », dit-elle.

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Le père a tué le fils : c’était un accident

Justice.  Verdict dans le procès Younes

C’était un accident. C’est désormais une vérité judiciaire : Mohamed Jratlou a tué son fils Younes sans avoir jamais envisagé ou voulu cette issue tragique. Vendredi matin, les jurés des assises du Hainaut, après en avoir longuement débattu – leur délibération avait débuté la veille, en fin de matinée – ont déclaré l’accusé coupable de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort de l’enfant sans intention de la donner. Avec cette double circonstance aggravante que la victime était un mineur d’âge et que l’auteur des violences qui lui coûtèrent la vie était son père.

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Verdict attendu ce vendredi

Justice. La mort de Younes Jratlou devant les assises du Hainaut

 

Mohamed Jratlou attend que le verdict du jury : sa durée rend compte de l’âpreté du débat, l’enquête n’ayant pu produire une preuve formelle de sa culpabilité. © Belga.

L’épilogue du procès de Mohamed Jratlou, poursuivi pour le meurtre de son fils Younes, n’interviendra que ce vendredi. Au moment d’envoyer les jurés en délibération, hier en fin de matinée, la cour avait décidé que la lecture du verdict dûment motivé serait reportée au lendemain si d’aventure les jurés n’avaient pas fini de débattre du sort de l’accusé à 18 heures. A l’heure dite, la délibération n’étant toujours pas terminée, il a été convenu de reporter la motivation et l’annonce du verdict à ce vendredi. Si d’aventure l’accusé était déclaré coupable, le débat et la délibération sur la peine à lui infliger auraient lieu immédiatement après l’annonce du verdict.

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La partie civile a rallié la défense

Justice.  Plaidoiries et réquisitoire aux procès de Mohamed Jratlou, à Mons

 

Me Xavier Magnée, l'un des défenseurs de Mohamed Jratlou, évoque les pistes négligées par l'enquête: "Et c'est à nous qu'on ose opposer les zones d'ombre d'un dossier plongé dans cette nuit totale? " © Belga.

 

Où est Younes ? . Peut-être est-ce le souvenir de cette simple question qui, des années plus tard, continue de soutenir Naïma Zraidi dans cette conviction qui a, aujourd’hui, la force d’un credo : Mohamed Jratlou, son mari, n’a pas tué leur fils Younes.

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Les quatre (ou cinq) vérités de Wasir Jratlou

Justice.  La mort de Younes devant la cour d’assises du Hainaut
 

Naïma Zraidi demeure convaincue de l'innocence de son époux: aujourd'hui ses avocats devraient faire chorus à ceux de la défense. © Belga.

Wasir, le frère aîné de Younes, fut entendu à deux reprises par les enquêteurs. La première fois, il n’avait pas encore 9 ans : c’était deux jours après la disparition de son cadet. La seconde, c’était le 8 novembre 2010, peu d’heures avant l’inculpation de ses parents. Wasir allait avoir 10 ans.

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« S’il joue la comédie, il est balèze »

Justice.  La mort de Younes Jratlou devant les assises du Hainaut
 
 

Mohamed Jratlou a souvent pleuré durant son procès, répétant au nom d'Allah qu'il n'a pas tué "ce fils que Dieu lui avait donné tardivement". Il n'a toutefois pas convaincu le polygraphe de son innocence. © Belga.

Deux semaines durant, Younes Jratlou avait été un disparu omniprésent. On le signalait partout : à Charleroi, à Courtrai, à Comines, à Mouscron, aux Pays-Bas et jusqu’en Avignon. Des voyants l’avaient aperçu dans leurs transes. Des radiesthésistes le logeaient au diable vauvert avec leurs pendules.

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Tout l’accable, tout le disculpe

Justice.  Le procès de Mohammed Jratlou se poursuit devant les assises du Hainaut

 

La culpabilité, trop évidente, de Mohamed Jratlou est ébranlée par l'enquête qui n'a pu rassembler aucun élément matériel recevable comme une preuve définitive de culpabilité. © Belga.

 

Analyse

C’est un procès étrange. Tout paraît désigner Mohamed Jratlou comme le meurtrier de son fils Younes, étouffé puis jeté dans la Lys dont son cadavre fut retiré le 10 novembre 2009, quinze jours après sa disparition.

Tout ! A commencer par les circonstances dans lesquelles l’enfant avait disparu, dans la nuit du 25 au 26 octobre 2009 : une violente dispute entre ses parents, au cours de laquelle Mohamed Jratlou avait porté des coups à son épouse Naïma Zraidi. Epouvantée, celle-ci avait pris la fuite, peu après minuit, résolue à faire constater ses blessures par un médecin et à porter plainte contre son mari. Mohamed Jratlou, écumant de rage, était resté seul avec ses deux fils, Wasir (8 ans) et Younes (4 ans). lire la suite

Troublants trous noirs dans un emploi du temps

Justice. La mort de Younes Jratlou devant les assises du Hainaut
 
 

Mohamed Jratlou fait de son emploi du temps, cette nuit-là, un récit qui tarabuste les policiers. © Belga.

Ce qui tarabuste les enquêteurs, c’est l’emploi du temps de Mohamed Jratlou après la fuite de son épouse Naïma, dans la nuit du 25 au 26 octobre 2009.

Après une violente dispute avec son époux, Naïma Zraidi a quitté la maison peu après minuit. Il est acquis que l’accusé, alors accompagné de son fils Wasir, a fini par retrouver sa femme à Ploegsteert et qu’il l’a convaincue de monter à bord de la Peugeot 806 : c’est un fait avéré par les images saisies, peu avant 4 heures du matin, par une caméra de surveillance. lire la suite

Les analyses ne prouvent rien

Justice.  La mort de Younes aux assises
 
 

Naïma Zraidi, la mère de Younes, est formelle: Younès était indemne, cette nuit-là, quand elle avait fui la maison. ©D.R.

Elle avait à toute force voulu voir ce grain de beauté qu’il avait dans la main. Elle ne pouvait pas, elle ne voulait pas, dit-elle, accepter que ce corps gâté par les eaux corrompues de la Lys fût celui de son fils. Les policiers l’avaient laissée faire. Elle avait saisi la main de l’enfant – « Elle était douce », sanglote-t-elle –, dont elle avait déplié l’un après l’autre les doigts crispés. Il n’y avait pas de grain de beauté dans la paume de l’enfant. Elle s’était ravisée : c’était l’autre main. Dans l’autre non plus, elle n’avait rien vu. On lui avait expliqué : « C’est à cause de l’eau ». La Lys lui avait volé son grain de beauté.

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Le récit confus du père de Younes

Justice Mohamed Jratlou répond du meurtre de son fils aux assises du Hainaut

Il était 6 h 05, ce matin-là. Quelqu’un avait frappé à la vitre du commissariat de Comines. Le policier de faction avait reconnu Mohamed Jratlou – tout le monde le connaissait, à Comines. Il était accompagné de son fils Wasir. Il semblait paniqué. Il venait signaler la disparition de son autre fils. Son cadet. Younes. Tout juste quatre ans. Ce qui avait frappé le policier, ce sont ces quelques mots en arabe que son père avait adressés à Wasir – Mohamed Jratlou niera les avoir jamais prononcés – quand l’agent avait interrogé le gamin : « Tu as vu ton petit frère quitter la maison ? ».

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