Sauw condamné à vingt ans

Justice Le meurtre d’Aline Jacquier aux assises du Luxembourg

Le jury arlonais a déclaré Bruce Sauw coupable du meurtre et du viol. Didier Bertin, lui, est acquitté.

 Une longue attente. Six heures grises, interminables, hachurées par la neige qui tombe sur Arlon. Il est 17 h 10 quand, la main sur le cœur, le chef du jury donne lecture du verdict. Trois questions. Deux oui, un non. Bruce Sauw est déclaré coupable du meurtre et du viol d’Aline Jacquier, commis à Florenville, le 1er janvier 2001. Didier Bertin est acquitté : il était accusé d’avoir négligé de venir en aide à la victime alors que son intervention aurait pu « se faire sans danger sérieux pour lui-même ou pour les autres », selon les termes de l’article 422 bis du Code pénal. Il y a des sanglots dans la petite salle qui n’a pas désempli depuis le début du procès. La famille Bertin exulte. Le clan Sauw s’effondre. Les proches d’Aline Jacquier restent impassibles. Les avocats de Bruce Sauw sont anéantis.

lire la suite

« L’assassin court toujours »

Arlon Le meurtre d’Aline Jacquier aux assises

Bertin et sauw innocents : c’est l’intime conviction de la défense des accusés, dont
le ministère public a requis la culpabilité.

 Ces deux-là partagent un secret, dit l’avocate générale Françoise Mottet en se tournant vers le box des accusés. Un très grand secret. » Elle vient, dans un réquisitoire concis mais efficace, de réunir Didier Bertin et Bruce Sauw au cœur d’un scénario sordide dont le meurtre d’Aline Jacquier est l’épilogue abject et inéluctable. Et dont il faut sans doute chercher le prologue, pense-t-elle, dans les sentiments que Bertin nourrissait pour Aline.

lire la suite

Le polygraphe n’aura pas éclairé les jurés

Justice Le meurtre d’Aline Jacquier devant les assises du Luxembourg

Le test du polygraphe auquel Bruce Sauw a été soumis ce dimanche n’aura guère éclairé les jurés arlonais sur la sincérité du jeune homme qui, depuis huit jours, répond devant les assises du Luxembourg du meurtre d’Aline Jacquier, commis à Florenville dans la nuit du 31 décembre 2000 au 1er janvier 2001.

lire la suite

« Bruce m’a parlé et tout s’est effondré »

De Bruce Sauw, le principal accusé, le psychiatre Jocquet note « le narcissisme conséquent » et « le déni de l’identité féminine » dont le machisme ordinaire est la traduction la plus vénielle. Ses ex-flirts et ses anciennes petites amies – vendredi, on en a entendu une bonne demi-douzaine, sous réserve d’un inventaire plus exhaustif – n’ont pourtant vu en Bruce qu’un garçon charmant et attentionné. L’une d’elles, Mélodie H., fut l’une des premières personnes à recueillir les terribles confidences de Bruce Sauw, le 7 janvier 2004. « Il tremblait », se souvient-elle.

lire la suite

« Ma liste des mecs »

Justice Le meurtre d’Aline Jacquier aux assises d’Arlon

Les témoins défilent. Près de cinquante, hier. Des Belges et des Français : il y a belle lurette que la frontière s’est perdue dans les délicieuses gibbosités du paysage, entre Florenville et Carignan.

 Aline Jacquier était elle-même française, née à Bar-le-Duc. Elle était, paraît-il, arrivée avec des pieds de plomb à Florenville où sa mère, divorcée, avait repris la gérance de l’Intermarché. Au fil du temps, Aline s’était si solidement enracinée dans la bourgade qu’il n’était plus question pour elle de jamais en partir.

lire la suite

Le polygraphe se trompe parfois

Justice Le meurtre d’Aline Jacquier devant les assises d’Arlon

Puis il y a – l’oublierait-on ? – l’autre accusé, Didier Bertin, qui fit longtemps figure de principal suspect et qui, depuis les révélations sidérantes de Bruce Sauw, en janvier 2004, n’est plus inculpé que de non-assistance à personne en danger : une prévention pour laquelle il encourt, tout au plus, une année d’emprisonnement, amplement couverte par le temps (14 mois) qu’il passa en détention préventive.

lire la suite

Une mémoire très nébuleuse

Justice Le meurtre d’Aline Jacquier devant les assises

Certains éléments plaident en faveur de l’accusé. Qui s’est étrangement tu pendant trois années…

lire la suite

Assises du Luxembourg: le meurtre de la nuit du réveillon du Millénaire

C’est une histoire étrange. Troublante, même. Elle débute le 31 décembre 2000, dans l’euphorie bambocheuse du réveillon qui, à Florenville, salue « le vrai début » du millénaire. On fait la fête partout dans la bourgade : au dancing « La Ferme », à la discothèque « La Loreva », à la buvette du foot, à la salle « La Gaumaise », au café « Le Storm », place Roi Albert. Que l’on sache, Aline Jacquier a quitté « La Ferme », vers 4 h 30, cette nuit-là, pour faire un brin de conduite à son amie Manda, un peu pompette. Les copines se sont séparées à hauteur de la pizzeria, dans le voisinage de l’appartement qu’Aline occupe seule, depuis peu de temps, rue d’Arlon. lire la suite