« Çui qui l’a fait est un monstre »

Justice Abdallah Ait Oud nie toujours avoir tué Stacy et Nathalie

Au premier jour de son procès, l’accusé a longuement donné sa version. Et livré un avis sur « le vrai coupable ».

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Et demain, on tente le morse ?

L’entêtement que les parties mettent quotidiennement à vouloir sortir Fourniret de son mutisme donne parfois lieu à des scènes où l’affligeant le dispute au grotesque. Lundi, c’est Me Chemla, l’avocat des Leroy, qui a tenté de faire parler l’accusé (à vrai dire, il disserte volontiers de tout pourvu qu’il ne s’agisse pas des faits).

On peut comprendre : la version que Fourniret donne du meurtre de Fabienne est très différente de celle de son épouse – nous y reviendrons. Après avoir mégoté, Fourniret finit par accepter le marché de l’avocat : il se bornera à répondre par oui ou par non aux questions de Me Chemla. « Allons-y déjà pour deux questions », dit-il sur le ton de l’homme qui conclut une affaire. Et le voilà qui se met à opiner du chef, à émettre des « hanhan » approbateurs ou à claquer de la langue pour contester une affirmation.

Mais la communication se brouille vite : le système est trop fruste pour un dossier si complexe. Fourniret se cabre. Encore raté ! Demain, on tente le morse
St.D

Sauw condamné à vingt ans

Justice Le meurtre d’Aline Jacquier aux assises du Luxembourg

Le jury arlonais a déclaré Bruce Sauw coupable du meurtre et du viol. Didier Bertin, lui, est acquitté.

 Une longue attente. Six heures grises, interminables, hachurées par la neige qui tombe sur Arlon. Il est 17 h 10 quand, la main sur le cœur, le chef du jury donne lecture du verdict. Trois questions. Deux oui, un non. Bruce Sauw est déclaré coupable du meurtre et du viol d’Aline Jacquier, commis à Florenville, le 1er janvier 2001. Didier Bertin est acquitté : il était accusé d’avoir négligé de venir en aide à la victime alors que son intervention aurait pu « se faire sans danger sérieux pour lui-même ou pour les autres », selon les termes de l’article 422 bis du Code pénal. Il y a des sanglots dans la petite salle qui n’a pas désempli depuis le début du procès. La famille Bertin exulte. Le clan Sauw s’effondre. Les proches d’Aline Jacquier restent impassibles. Les avocats de Bruce Sauw sont anéantis.

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« L’assassin court toujours »

Arlon Le meurtre d’Aline Jacquier aux assises

Bertin et sauw innocents : c’est l’intime conviction de la défense des accusés, dont
le ministère public a requis la culpabilité.

 Ces deux-là partagent un secret, dit l’avocate générale Françoise Mottet en se tournant vers le box des accusés. Un très grand secret. » Elle vient, dans un réquisitoire concis mais efficace, de réunir Didier Bertin et Bruce Sauw au cœur d’un scénario sordide dont le meurtre d’Aline Jacquier est l’épilogue abject et inéluctable. Et dont il faut sans doute chercher le prologue, pense-t-elle, dans les sentiments que Bertin nourrissait pour Aline.

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Le polygraphe n’aura pas éclairé les jurés

Justice Le meurtre d’Aline Jacquier devant les assises du Luxembourg

Le test du polygraphe auquel Bruce Sauw a été soumis ce dimanche n’aura guère éclairé les jurés arlonais sur la sincérité du jeune homme qui, depuis huit jours, répond devant les assises du Luxembourg du meurtre d’Aline Jacquier, commis à Florenville dans la nuit du 31 décembre 2000 au 1er janvier 2001.

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« Bruce m’a parlé et tout s’est effondré »

De Bruce Sauw, le principal accusé, le psychiatre Jocquet note « le narcissisme conséquent » et « le déni de l’identité féminine » dont le machisme ordinaire est la traduction la plus vénielle. Ses ex-flirts et ses anciennes petites amies – vendredi, on en a entendu une bonne demi-douzaine, sous réserve d’un inventaire plus exhaustif – n’ont pourtant vu en Bruce qu’un garçon charmant et attentionné. L’une d’elles, Mélodie H., fut l’une des premières personnes à recueillir les terribles confidences de Bruce Sauw, le 7 janvier 2004. « Il tremblait », se souvient-elle.

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« Ma liste des mecs »

Justice Le meurtre d’Aline Jacquier aux assises d’Arlon

Les témoins défilent. Près de cinquante, hier. Des Belges et des Français : il y a belle lurette que la frontière s’est perdue dans les délicieuses gibbosités du paysage, entre Florenville et Carignan.

 Aline Jacquier était elle-même française, née à Bar-le-Duc. Elle était, paraît-il, arrivée avec des pieds de plomb à Florenville où sa mère, divorcée, avait repris la gérance de l’Intermarché. Au fil du temps, Aline s’était si solidement enracinée dans la bourgade qu’il n’était plus question pour elle de jamais en partir.

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Le polygraphe se trompe parfois

Justice Le meurtre d’Aline Jacquier devant les assises d’Arlon

Puis il y a – l’oublierait-on ? – l’autre accusé, Didier Bertin, qui fit longtemps figure de principal suspect et qui, depuis les révélations sidérantes de Bruce Sauw, en janvier 2004, n’est plus inculpé que de non-assistance à personne en danger : une prévention pour laquelle il encourt, tout au plus, une année d’emprisonnement, amplement couverte par le temps (14 mois) qu’il passa en détention préventive.

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Une mémoire très nébuleuse

Justice Le meurtre d’Aline Jacquier devant les assises

Certains éléments plaident en faveur de l’accusé. Qui s’est étrangement tu pendant trois années…

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Le réveillon hideux de Bruce Sauw

Justice Le meurtre d’Aline Jacquier devant les assises du Luxembourg

Je ne pensais pas plus loin que ça, dit-il. Des moments pareils se vivent seconde après seconde. » L’accusé Bruce Sauw ne tente jamais de donner à son récit la cohérence que chacun voudrait qu’il y mette. Il fait, de son histoire, un récit halluciné comme on livrerait les bribes d’un cauchemar hideux dont la formidable prégnance oblitère toutes les approximations, toutes les invraisemblances. « Je ne sais pas, c’est ainsi que cela s’est passé », répond-il quand une question du président le laisse à quia. Et il reste là, la tête engoncée dans les épaules, le nez à l’aplomb du micro qui, soudain, ne capte plus que son silence.

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