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	<title>les grands procès</title>
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		<title>Geeraerdt condamné à 25 ans</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Affaire Michel Geeraerdt]]></category>
		<category><![CDATA[Bibliothèque judiciaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Assises de Bruxelles La cour a suivi l’avocat général Michel Geeraerdt, 53 ans, a été condamné, mardi, à vingt-cinq ans de réclusion pour un vol aggravé d’un meurtre sur la personne de Daniel Thomson Pacheco : un homme de 34 ans qu’il avait abattu d’une balle dans le crâne, le 15 décembre 2009, à Dilbeek. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20120125-01RZ37 --><!-- date=2012-01-25-->
<div class="avantTitre">Assises de Bruxelles La cour a suivi l’avocat général</div>
<p>Michel Geeraerdt, 53 ans, a été condamné, mardi, à vingt-cinq ans de réclusion pour un vol aggravé d’un meurtre sur la personne de Daniel Thomson Pacheco : un homme de 34 ans qu’il avait abattu d’une balle dans le crâne, le 15 décembre 2009, à Dilbeek.</p>
<p><span id="more-1260"></span>
<p> Michel Geeraerdt encourait la perpétuité. La cour, comme le jury l’avait fait la veille, a suivi les réquisitions de l’avocat général Bernard Dauchot qui avait réclamé une peine de vingt-cinq ans, rappelant notamment que le code pénal assimile ce crime – un meurtre commis pour assurer l’impunité d’un vol – à un assassinat. Il ne lui avait reconnu d’autres circonstances atténuantes que son casier judiciaire vierge et les regrets qu’il avait formulés à l’endroit des proches de la victime. Me Joëlle Noël, l’avocate de l’accusé, avait plaidé pour une peine mesurée : quinze ans.</p>
<p> Michel Geeraerdt, qui n’était guère plus qu’un voleur de poules – sa spécialité, c’était le vol d’outillages dans les abris de jardin –, avait résolu de tenter « un coup fumant », fin 2009. Son idée : tendre un guet-apens à deux antiquaires bruxellois qu’il avait contactés sous couleur de leur vendre des objets appartenant, disait-il, à sa soeur âgée. Il leur avait fixé rendez-vous, le 15 décembre 2009, à deux heures d’intervalle, dans une villa isolée située à Dilbeek, 515, chaussée de Ninove : une maison qu’il croyait inoccupée. Il comptait les braquer tour à tour et s’enfuir avec l’argent liquide qu’ils n’auraient pas manqué d’emporter avec eux. </p>
<p> Lorsqu’il s’était lui-même introduit dans la maison par effraction, ce matin-là, il avait eu la surprise de découvrir Daniel Thomson Pacheco, l’occupant de la villa, dans une chambre à coucher de l’étage. Il l’avait abattu. <i>« Un accident »</i>, disait-il. Il n’a pas été cru. </p>
<div class="signature">DETAILLE,STEPHANE</div>
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	</item>
		<item>
		<title>C’était un meurtre&#8230;</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/grandsproces/2012/01/23/c%e2%80%99etait-un-meurtre/</link>
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		<pubDate>Mon, 23 Jan 2012 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Affaire Michel Geeraerdt]]></category>
		<category><![CDATA[Bibliothèque judiciaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Assises de Bruxelles Michel Geeraerdt déclaré coupable Hier, vers 21 h 30, les jurés de la cour d’assises de Bruxelles ont déclaré Michel Geeraerdt coupable d’un vol aggravé d’un meurtre sur la personne de Daniel Thomson Pacheco : un homme qu’il avait abattu d’une balle dans le crâne, le 15 décembre 2009, alors qu’il s’était [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20120124-01RXDC --><!-- date=2012-01-24-->
<div id="picture"><img src="http://blog.lesoir.be/grandsproces/files/2012/01/t-20120124-01RXDC_1.jpg" /></div>
<div class="avantTitre">Assises de Bruxelles Michel Geeraerdt déclaré coupable</div>
<p>Hier, vers 21 h 30, les jurés de la cour d’assises de Bruxelles ont déclaré Michel Geeraerdt coupable d’un vol aggravé d’un meurtre sur la personne de Daniel Thomson Pacheco : un homme qu’il avait abattu d’une balle dans le crâne, le 15 décembre 2009, alors qu’il s’était introduit par effraction dans l’habitation de la victime, à Dilbeek. Michel Geeraerdt a toujours prétendu que c’était un accident : trébuchant dans l’escalier, il avait – involontairement, dit-il – pressé sur la détente du pistolet 7,65 qu’il étreignait dans sa main, tuant à bout portant Daniel Thomson Pacheco qui le précédait, une ou deux marches plus bas.</p>
<p><span id="more-1259"></span>
<p> Cette version, l’avocat général Dauchot s’était employé – avec succès, donc – à l’anéantir, quelques heures plus tôt, en reprenant à son compte la plupart des arguments développés vendredi par les avocats des parties civiles (<i>Le Soir</i> d’hier). Comme eux, il regardait l’accusé comme un homme méticuleux – voyez le soin qu’il avait mis à préparer <i>« son nécessaire de braqueur »</i> –, organisé, calculateur : tout, sauf <i>« un simplet inoffensif »</i>.</p>
<p> La défense, faut-il le dire ?, avait livré de l’accusé un portrait autrement émollient, en piochant dans son parcours de vie quantité d’éléments propres à lui rendre <i>« sa vraie dimension humaine »</i> : celle, somme toute, d’un <i>« looser »</i> que les vicissitudes d’une existence trop longtemps chaperonnée par une mère étouffante avaient mené – à 50 ans ! – sur les sentiers raboteux de la petite délinquance.</p>
<p> « C’est plausible ! »</p>
<p> Un voleur de tondeuses à gazon : voilà ce que Michel Geeraerdt était devenu. Un gagne-petit que ses misérables ambitions situent à cent lieues du personnage calculateur décrit par l’accusation. <i>« Il n’a jamais eu le projet de tuer,</i> avait martelé son avocate, Me Joëlle Noëlle. <i>Sinon, pourquoi aurait-il emporté dans son sac ces cordages, ce rouleau d’adhésif, ces bâillons ? »</i></p>
<p> Pourquoi, avait-elle poursuivi, ne pas ajouter foi aux propos de son client quand il raconte la conversation surréaliste qu’il a avec Daniel T. Pacheco, lorsqu’il fait irruption dans sa chambre à coucher ? <i>« Elle a forcément eu lieu,</i> dit-elle : <i>comment l’accusé aurait-il pu savoir autrement que la victime travaillait à la banque de La Poste et occupait une maison appartenant à la marraine de sa compagne ? »</i></p>
<p> Pourquoi ne pas suivre l’accusé quand il prétend que, oui, ce fut un accident ? <i>« C’est plausible »,</i> avait-elle lancé. Elle avait décrit sa carrure de grizzli engagée dans l’étroit boyau de l’escalier – 70 cm seulement séparent les deux murs –, sa pointure 45 ripant sur des marches de 22 cm de profondeur, la pente casse-pipe – 44 degrés, c’est raide –, le stress qui devait forcément affecter ses capacités motrices. Oui, il était tombé – il avait même failli se ramasser à l’identique, lors de la reconstitution. Et c’est parce qu’il avait fait cette chute qu’il ne portait sur lui aucune trace de sang : sa glissade l’avait soustrait <i>« au cône d’aspersion »</i> décrit par le légiste.</p>
<p> Sa connaissance des armes ? <i>« Parlons-en, </i>dit Me Noël. <i>Il ne sait même pas ce qu’est une glissière. »</i> La défense avait encore noté ceci : l’accusé avait renoncé à attendre les antiquaires auxquels il avait tendu ce guet-apens : si, comme l’avait prétendu l’accusation, il avait tué Daniel T. Pacheco pour éliminer <i>« un témoin gênant »</i>, pourquoi aurait-il renoncé à mettre son plan à exécution jusqu’au bout ?</p>
<p> Mais voilà : ce raisonnement-là, le jury ne l’a pas suivi.</p>
<div class="signature">DETAILLE,STEPHANE</div>
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	</item>
		<item>
		<title>« J’ai glissé, chef ! »</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/grandsproces/2012/01/22/%c2%ab-j%e2%80%99ai-glisse-chef-%c2%bb/</link>
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		<pubDate>Sun, 22 Jan 2012 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Affaire Michel Geeraerdt]]></category>
		<category><![CDATA[Bibliothèque judiciaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Justice Michel Geeraerdt aux assises de Bruxelles C’est un meurtre, point final. Pour les avocats des parties civiles, Mes Philippe Forton et Frédéric Clément de Cléty, il n’est pas douteux que l’accusé, Michel Geeraerdt, a délibérément, résolument, froidement abattu Daniel Thomson Pacheco, le 15 décembre 2009, dans cette maison de Dilbeek où il venait de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20120123-01RWAH --><!-- date=2012-01-23-->
<div id="picture"><img src="http://blog.lesoir.be/grandsproces/files/2012/01/t-20120123-01RWAH_1.jpg" /></div>
<div class="avantTitre">Justice Michel Geeraerdt aux assises de Bruxelles</div>
<p>C’est un meurtre, point final. Pour les avocats des parties civiles, Mes Philippe Forton et Frédéric Clément de Cléty, il n’est pas douteux que l’accusé, Michel Geeraerdt, a délibérément, résolument, froidement abattu Daniel Thomson Pacheco, le 15 décembre 2009, dans cette maison de Dilbeek où il venait de s’introduire par effraction. </p>
<p><span id="more-1257"></span>
<p> Il l’a tué pour assurer son impunité. Il était venu sans cagoule et il avait éliminé un témoin susceptible de l’identifier. </p>
<p> On aurait peut-être pu, disent-ils, ajouter foi à la thèse de l’accident si Michel Geeraerdt n’en avait lui-même ruiné la crédibilité en la truffant d’incohérences, d’approximations et de mensonges. Or, il a menti sur toute la ligne : il a prétendu que le tir était parti alors qu’ils s’étaient, <i>« Monsieur Daniel »</i> et lui, déjà bien engagés dans l’escalier. Une version inconciliable avec les constats des experts (<i>Le Soir</i> de vendredi) selon lesquels Michel Geeraerdt se trouvait encore sur le palier quand il avait fait feu. On n’a, du reste, retrouvé aucune trace de l’accusé dans la mare de sang qui baignait l’escalier : il en aurait immanquablement laissé si, comme il l’a prétendu, il était tombé, provoquant ce tir accidentel. Non, il n’était pas tombé : il avait abattu Daniel Thomson Pacheco d’une balle à bout portant puis il avait rejoint le rez-de-chaussée en empruntant l’autre escalier.</p>
<p> Les palinodies de l’accusé, disent les avocats, sont frappées au coin du mensonge : il déclare tantôt que Daniel Thomson Pacheco se trouvait dans son lit lorsqu’il avait fait irruption à l’étage, tantôt qu’il était déjà debout, occupé à regarder la télé dans sa chambre à coucher. Et comment croire qu’un familier des armes – l’accusé était membre d’un club de tir – ait pu, à son insu, tenir en main un pistolet prêt à faire feu ?</p>
<p> « Il avait d’autres choix »</p>
<p> Il y a, aussi, ce détail qui chiffonne Me Clément de Cléty : pourquoi donc Michel Geeraerdt avait-il voulu à toute force ramener <i>« monsieur Daniel »</i> au rez-de-chaussée – là même où il était censé tendre un guet-apens aux deux antiquaires ! – alors que la logique commandait qu’il le neutralisât en le ligotant à son lit ou sur l’un ou l’autre des sièges de l’étage ? Une décision incompréhensible dans le chef d’un homme que les deux avocats ont présenté comme <i>« ordonné, calculateur et méthodique »</i>.</p>
<p> Reste, aussi, que Michel Geeraerdt aurait pu faire d’autres choix en découvrant que la villa était occupée. Il aurait pu fuir. Au lieu de quoi, il était resté. Il avait liquidé un homme sans plus d’état d’âme. Et, rattrapé par la justice, il s’était mis en devoir de trousser cette histoire invraisemblable que Me Clément de Cléty allait brocarder en reprenant à son compte cette réplique célèbre : <i>« J’ai glissé, chef ! »</i></p>
<div class="signature">DETAILLE,STEPHANE</div>
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	</item>
		<item>
		<title>Un 7,65, ça ne part pas tout seul</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/grandsproces/2012/01/19/un-765-ca-ne-part-pas-tout-seul/</link>
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		<pubDate>Thu, 19 Jan 2012 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Affaire Michel Geeraerdt]]></category>
		<category><![CDATA[Bibliothèque judiciaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Assises de Bruxelles La version de Michel Geeraerdt laisse les experts perplexes C’était un accident, dit l’accusé. Un dramatique accident. Il s’était engouffré dans l’escalier de service de la villa, son 7,65 pointé sur Daniel Thomson Pacheco qui marchait devant. Il avait trébuché. Le coup était parti tout seul. A bout portant. La balle avait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20120120-01RR1D --><!-- date=2012-01-20-->
<div id="picture"><img src="http://blog.lesoir.be/grandsproces/files/2012/01/t-20120120-01RR1D_1.jpg" /></div>
<div class="avantTitre">Assises de Bruxelles La version de Michel Geeraerdt laisse les experts perplexes</div>
<p>C’était un accident, dit l’accusé. Un dramatique accident. Il s’était engouffré dans l’escalier de service de la villa, son 7,65 pointé sur Daniel Thomson Pacheco qui marchait devant. Il avait trébuché. Le coup était parti tout seul. A bout portant. La balle avait traversé la boîte crânienne de <i>« Monsieur Daniel »</i>, avait ricoché sur un mur, percuté celui d’en face avant de retomber, enfin inerte, dans l’une des pantoufles de la victime. Les enquêteurs l’avaient retrouvée là, indécemment calfeutrée dans ce pitoyable écrin : la mule douillette de l’homme qu’elle venait de tuer.</p>
<p><span id="more-1255"></span>
<p> Un accident ? Les experts sont perplexes. L’escalier, c’est vrai, est piégeux : la profondeur des marches (22 cm) et leur largeur (70 cm) rendent la descente passablement périlleuse. Que Michel Geeraerdt, l’accusé, s’y soit cassé la pipe, c’est possible. Que le coup soit parti tout seul, c’est une autre affaire : l’arme – un pistolet FN semi-automatique que l’accusé avait hérité de son frère – est munie d’une double sécurité.</p>
<p><i> « Avant de pouvoir faire feu,</i> explique un expert,<i> il faut l’armer en faisant glisser la culasse vers l’arrière pour faire monter une balle du chargeur dans la chambre. Il faut placer le levier de la sécurité extérieure en position basse – faute de quoi la détente est bloquée –, exercer une pression suffisante sur la crosse pour neutraliser la sécurité de poignée et presser la détente avec une force de 27 newtons au moins. »</i></p>
<p> Le coup de feu aurait</p>
<p> été tiré sur le palier</p>
<p> La version livrée par l’accusé impliquerait donc que l’arme était prête à faire feu au moment de ce faux-pas tragique dans l’escalier. Ce qui revient à considérer qu’à cette seconde précise, une balle se trouvait déjà dans la chambre, prête à être percutée, que le levier de sécurité était abaissé et que – dans le mouvement désordonné qu’il fit pour retrouver l’équilibre en tentant d’agripper la rampe – Michel Geeraerdt avait serré la crosse au point d’enfoncer la sécurité de poignée et exercé sur la détente la pression qu’il faut pour déclencher le tir.</p>
<p> L’accusé ignorait, dit-il, que le 7,65 était prêt à faire feu. Il raconte que, la veille, il avait exhumé l’arme du tiroir où il l’avait remisée. Il ne l’avait jamais utilisée. Les mécanismes, à l’en croire, étaient un peu grippés – les experts, eux, ont décrit une arme parfaitement entretenue et lubrifiée. Il avait voulu, explique-t-il, s’assurer que le chargeur contenait des munitions. Quand il avait actionné la culasse pour faire monter une balle dans le canon, elle était restée coincée entre la chambre et la fenêtre d’éjection. Il l’avait extraite à grand-peine, avec un tournevis. La seconde balle était restée bloquée de la même façon. Alors, il les avait éjectées toutes – l’analyse des balles retrouvées chez lui a montré qu’elles portaient en effet les marques laissées par l’extracteur – avant de les replacer dans le chargeur. Il suppose qu’une des balles était restée dans la chambre sans qu’il s’en aperçût. Et qu’il avait placé l’arme dans son sac sans s’inquiéter de la position du levier de sécurité. Une négligence étonnante dans le chef d’un familier des armes – Michel Geeraerdt avait été membre d’un club de tir et aurait été affecté à l’armurerie durant son service militaire.</p>
<p> Les circonstances accidentelles dans lesquelles le coup serait parti intriguent pareillement les enquêteurs.</p>
<p> Michel Geeraerdt explique avoir trébuché alors que les deux hommes étaient déjà bien engagés dans l’escalier. Mais voilà : les projections de sang ont maculé le mur à l’aplomb du palier, à une hauteur de 1,85 mètre. <i>« Il est beaucoup plus plausible</i>, estime le médecin légiste, <i>que le coup de feu a été tiré alors que l’accusé se trouvait sur le palier et la victime une ou deux marches plus bas. »</i> Et alors ? Alors rien. Hors le fait, bien sûr, qu’on trébuche rarement sur un palier.</p>
<div class="signature">DETAILLE,STEPHANE</div>
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	</item>
		<item>
		<title>Le voleur de pioches avait rêvé de se refaire</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Jan 2012 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Affaire Michel Geeraerdt]]></category>
		<category><![CDATA[Bibliothèque judiciaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Justice L’affaire Geeraerdt aux assises de Bruxelles Michel Geeraerdt, c’était pas Arsène Lupin. Ni pour l’allure – une tête de voisin, un embonpoint de carabin –, ni pour l’ambition. Son truc à lui, c’était les cabanes de jardin. Des fric-frac miteux. « Pelles, bêches, pioches, brouettes, tondeuses…, énumère-t-il de tête. Du brol pour mes brocantes. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20120119-01RP7L --><!-- date=2012-01-19-->
<div id="picture"><img src="http://blog.lesoir.be/grandsproces/files/2012/01/t-20120119-01RP7L_1.jpg" /></div>
<div class="avantTitre">Justice L’affaire Geeraerdt aux assises de Bruxelles</div>
<p>Michel Geeraerdt, c’était pas Arsène Lupin. Ni pour l’allure – une tête de voisin, un embonpoint de carabin –, ni pour l’ambition. Son truc à lui, c’était les cabanes de jardin. Des fric-frac miteux. <i>« Pelles, bêches, pioches, brouettes, tondeuses…,</i> énumère-t-il de tête. <i>Du brol pour mes brocantes. » </i>Il n’avait pas vraiment la vocation. Juste un sans-le-sou qui faisait bouillir la marmite à petit feu en revendant sur les marchés aux puces des pioches et des bêches chouravées.</p>
<p><span id="more-1253"></span>
<p> Il avait été patron, Michel. Une boîte qui s’appelait TSB : Techniques Spéciales du Bâtiment. Sa faillite l’avait mis dans la dèche. Son épouse avait mis les voiles. Il avait dû vendre cette maison qu’ils possédaient à Nieuport. Il avait déjà 50 ans, ou pas loin, quand il était revenu vivre à Bruxelles. Des logements toujours plus minables, des jobs toujours plus nases. Il avait, dit-il, <i>« des mains en or »</i> – sa passion, c’était de fabriquer des armures – mais elles ne trouvaient plus preneurs. Même au black, c’était dur.</p>
<p> Alors, il piquait des tondeuses dans le Pajottenland. Il escroquait les brocanteurs : depuis juillet 2009, il faisait l’objet d’un avis de recherche pour avoir revendu à un antiquaire deux tableaux volés. Il connaissait un peu ce milieu-là : des antiquaires, il en avait vu défiler tout un contingent – <i>« Dix-neuf »,</i> dit-il – quand, au décès de ses parents, il avait revendu <i>« tout le bazar »</i> qu’ils avaient accumulé dans leur maison d’Enghien. Ils débarquaient là-bas, des sous pleins les poches : des milliers d’euros.</p>
<p> C’est comme ça que lui était venue cette idée de braquer un antiquaire. Il s’était souvenu de cette maison isolée de Dilbeek où il avait un jour volé une brouette : l’endroit parfait pour un guet-apens. Il avait pris le bus pour faire un repérage. Il avait griffonné un croquis des lieux – pas de doute, il montait de trois divisions. Puis il était passé à l’action. Le 14 décembre 2009, il avait contacté deux antiquaires. Avec un GSM dont la carte prépayée brouillerait la traçabilité de l’appel. Il avait baratiné ses interlocuteurs : bronzes, marbres, ivoires, vaisselles <i>« dont un service de Longwy »</i> – il fallait les convaincre d’emporter des liasses. Il avait donné l’adresse à Dilbeek. Et rendez-vous avait été pris pour le lendemain. Un à 10 heures, l’autre à midi.</p>
<p> – <i>« Pourquoi avoir contacté deux antiquaires ? »,</i> demande le président.</p>
<p> – <i>« Mon intention, était d’en braquer un seul, </i>dit l’accusé. <i>Je n’aurais attendu l’autre que si le premier n’avait pas emporté assez d’argent avec lui. »</i></p>
<p> Il tablait sur 6.000, voire sur 10.000 euros. Il braquait l’antiquaire, lui prenait son blé, le ficelait sur une chaise – il avait préparé ses cordages en concevant des nœuds <i>« qu’il n’aurait plus qu’à tirer »</i> – et prenait le large avec la voiture de sa victime. Direction Marseille : il comptait refaire sa vie au bord de la Grande Bleue.</p>
<p> Le 15 décembre, le bus l’avait amené de Schaerbeek à Dilbeek avec tout son matos serré dans un sac. Il n’en menait pas large. <i>« J’étais pas prêt »,</i> dit-il. Il avait erré dans les parages avant de sonner au portail du nº 515. Simple précaution : il était convaincu que la villa était inoccupée. Il avait sonné quatre fois, patienté cinq minutes, cogné sur les volets. Aucun signe de vie, hors cette Polo couverte de givre dans l’allée. Alors, il était entré en brisant la vitre de la buanderie.</p>
<p> Il avait exploré le rez-de-chaussée. L’idée lui était venue de sortir l’arme – un pistolet 7,65 – du sac qu’il portait en bandoulière, <i>« des fois que l’antiquaire serait à l’avance ».</i> Puis il avait gagné l’étage où Daniel Thomson Pacheco expiait sous la couette les excès de la nuit précédente – il était rentré aux petites heures.</p>
<p><i> « On a sursauté tous les deux »,</i> raconte Michel Geeraerdt. Il l’avait pointé avec le 7,65. Ils avaient eu cette petite conversation surréaliste dans la chambre à coucher. Geeraerdt aurait expliqué à <i>« monsieur Daniel »</i> – il l’appelle ainsi – la raison de sa présence en ces lieux.</p>
<p> L’autre se serait montré plutôt compréhensif. Il s’était habillé sans moufter. <i>« Je lui ai dit qu’on allait descendre, que j’allais le ligoter sur une chaise. Il a eu un sourire en coin. Il m’a dit : “J’ai l’impression de jouer dans un film” »</i>. Ils s’étaient engouffrés dans l’escalier qui mène à la cuisine. <i>« Monsieur Daniel »</i> devant, lui derrière, le 7,65 à la main. L’escalier était traître. Il avait glissé. Le coup était parti. «<i> Monsieur Daniel »</i> était mort, une balle dans la tête. C’était un accident.</p>
<div class="signature">DETAILLE,STEPHANE</div>
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	</item>
		<item>
		<title>L’accusé avait choisi la villa de la victime pour tendre un piège à deux antiquaires</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/grandsproces/2012/01/17/l%e2%80%99accuse-avait-choisi-la-villa-de-la-victime-pour-tendre-un-piege-a-deux-antiquaires/</link>
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		<pubDate>Tue, 17 Jan 2012 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Affaire Michel Geeraerdt]]></category>
		<category><![CDATA[Bibliothèque judiciaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Justice Michel Geeraerdt répond de la mort d’un habitant de Dilbeek devant les assises de Bruxelles Il connaissait la maison : il l’avait cambriolée quelques mois plus tôt – « Du brol pour ses brocantes ». La bicoque idéale pour un guet-apens : une grande villa isolée, dans une marqueterie de jardins. Pas de voisin [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20120118-01RMNQ --><!-- date=2012-01-18-->
<div class="avantTitre">Justice Michel Geeraerdt répond de la mort d’un habitant de Dilbeek devant les assises de Bruxelles</div>
<p>Il connaissait la maison : il l’avait cambriolée quelques mois plus tôt – <i>« Du brol pour ses brocantes »</i>. La bicoque idéale pour un guet-apens : une grande villa isolée, dans une marqueterie de jardins. Pas de voisin proche – les voisins, c’est la plaie de ce métier. Alors, Michel Geeraerdt avait préparé son coup.</p>
<p><span id="more-1251"></span>
<p> Le 14 décembre 2009, il contacte deux antiquaires bruxellois : Alain V. et Gérard L. Il leur raconte à tous deux la même histoire : des objets d’art à vendre. Du beau, oui, oui, garanti. Il leur fixe rendez-vous le lendemain, mardi, dans cette maison-là, 515, chaussée de Ninove, à Dilbeek. Gérard L. à 10 heures, Alain V. sur le coup de midi.</p>
<p> Michel Geeraerdt voit les choses ainsi : le premier antiquaire arrive à Dilbeek à l’heure dite, du liquide plein les poches – 3.000 à 5.000 euros, au bas mot. <i>« Dans ma tête,</i> racontera-t-il plus tard aux enquêteurs, <i>je rentre dans la maison, j’attends l’antiquaire, je le braque, je l’attache à une chaise, je lui prends son argent. »</i> Il fait pareil avec le suivant puis s’éclipse avec les sous, direction la France. Bonnard !</p>
<p> Geeraerdt croit dur comme fer que cette maison de Dilbeek n’est occupée que le week-end. Quand il arrive en bus, de Schaerbeek, ce matin-là, il découvre une voiture dans l’allée du garage de la villa. Il ne s’en émeut pas : elle est couverte de givre, l’air de n’avoir pas bougé depuis des jours. Il a emporté dans un sac <i>« son petit nécessaire de braquage »</i>. Et son pistolet 7,65. Il brise une vitre, pénètre dans la maison, fait le tour du propriétaire. Tout va bien. A ce bémol près que, dans l’une des chambres de l’étage, il réveille un dormeur : Daniel Thomson Pacheco, l’occupant de la maison. L’homme, 34 ans, vit là depuis 2006. Sa compagne, Solange W., a quitté la villa à 9 heures pour se rendre au travail. Daniel Thomson Pacheco, lui, sommeille encore. Il a fait la java, la veille, avec quelques collègues de travail. Il est rentré aux petites heures.</p>
<p> On retrouvera le cadavre de Daniel Thomson Pacheco trois heures plus tard. Il gît dans l’escalier qui va de la cuisine à l’étage. Il a été abattu d’une balle dans le crâne. C’est l’antiquaire Alain V. qui a donné l’alerte. Il avait eu beau sonner quand, à l’heure dite, il s’était présenté à la villa. Alors il avait fait le tour de la maison, il avait vu la vitre brisée, la fenêtre ouverte et il avait flairé une sale affaire.</p>
<p> L’enquête avait progressé très vite. Les policiers possédaient un numéro de GSM : celui qu’un certain « Sylvain » avait utilisé pour contacter les deux antiquaires. Un numéro activé par une carte prépayée : pas la moindre chance d’identifier l’utilisateur. Simple contretemps : la carte SIM reliée à ce numéro a été placée dans un GSM dont le numéro Imei est, lui, identifiable. Il est attribué à un certain Michel Geeraerdt, déjà recherché pour deux vols qualifiés dans le Pajottenland. Les écoutes téléphoniques ne sont pas longues à loger le suspect : Michel Geeraerdt est alpagué, le 30 décembre, à Schaerbeek, où il réside incognito.</p>
<p> Geeraerdt, 52 ans, n’est guère plus qu’un petit margoulin – et encore n’en était-il venu à voler que sur le tard, quand une faillite l’avait précipité dans la dèche.</p>
<p> Nul ne sait dans quelles circonstances Michel Geeraerdt a tué Daniel Thomson Pacheco, le 15 décembre 2009. Lui, il parle d’un accident. Il l’avait menacé avec son 7,65 quand il l’avait découvert, ce matin-là, expiant sa java sous sa couette. Geeraerdt raconte qu’il avait le projet de le ficeler sur une chaise au rez-de-chaussée. <i>« Il a mis un pull et des pantoufles, il était obéissant. »</i></p>
<p> Le drame, dit Geeraerdt, était survenu dans l’escalier. Le coup était parti quand il avait raté une marche. La balle avait atteint Daniel Thomson Pacheco qu’il poussait devant lui. Il n’avait pas voulu le tuer. Il comptait se rendre à la police <i>« après les fêtes »</i>.</p>
<p> Cette version-là n’a pas convaincu les enquêteurs. Un 7,65, ça ne part pas comme ça : pour tirer – membre d’un club de tir, Geeraerdt le sait mieux que personne –, il faut placer la sécurité extérieure en position basse, puis enfoncer la sécurité de poignée avant de presser la détente. Le légiste et le balisticien avaient tiqué, eux aussi : pour eux, Michel Geeraerdt se trouvait encore sur le palier au moment du coup de feu.</p>
<p> Lui, Geeraerdt, n’en démord pas. C’était un accident. <i>« Cet homme,</i> dit-il, <i>est mort pour rien du tout. »</i> En tout cas pour peu de chose : on découvrira plus tard que Michel Geeraerdt n’était pas reparti tout à fait bredouille de Dilbeek. Il avait emporté la montre et les lunettes de la victime. Geeraerdt avait soigneusement tu ce détail un peu trop moche.</p>
<div class="article">
<div class="titre">En Bref</div>
<p>
L’accusé
</p>
<p>  Michel Geeraerdt, né en 1959, répond d’un vol avec violences avec cette circonstance aggravante qu’un homicide a été commis pour faciliter ce vol. Il est accusé d’avoir abattu d’une balle dans le crâne Daniel Thomson Pacheco, 34 ans, le 15 décembre 2009, au nº 515 </p>
<p> de la chaussée de Ninove à Dilbeek.</p>
<p>Le procès
</p>
<p>  Il débute ce mercredi. Il sera présidé par Karin Gérard. L’avocat général sera Bernard Dauchot. </p>
</div>
<div class="signature">DETAILLE,STEPHANE</div>
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	</item>
		<item>
		<title>« Nous irons en cassation »</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Dec 2011 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Affaire Sadia Sheikh]]></category>
		<category><![CDATA[Bibliothèque judiciaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Justice Le père de Sadia est condamné à 25 ans, sa mère à 20 ans Quinze ans pour Mudusar. Cinq pour sa sœur Saryia. Vingt-cinq pour Tariq, son père. Vingt pour Parveen Zahida, sa mère. L’arrêt rendu hier soir par la cour d’assises du Hainaut n’a pas vraiment racheté, comme certains l’espéraient, la sévérité du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20111213-01Q11F --><!-- date=2011-12-13-->
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<div class="avantTitre">Justice Le père de Sadia est condamné à 25 ans, sa mère à 20 ans</div>
<p>Quinze ans pour Mudusar. Cinq pour sa sœur Saryia. Vingt-cinq pour Tariq, son père. Vingt pour Parveen Zahida, sa mère. L’arrêt rendu hier soir par la cour d’assises du Hainaut n’a pas vraiment racheté, comme certains l’espéraient, la sévérité du verdict exprimé, vendredi, par le jury : ce jour-là, les quatre accusés avaient été déclarés solidairement coupables de l’assassinat de Sadia Sheikh, leur fille, leur sœur, abattue de trois balles tirées par son frère Mudusar, le 27 octobre 2007, dans la maison familiale de Lodelinsart. Les jurés avaient suivi la thèse de l’accusation. C’était un complot familial : ses proches avaient ourdi la mort de Sadia, coupable d’avoir éreinté l’honneur des siens en prétendant se soustraire à un mariage dont elle ne voulait pas.</p>
<p><span id="more-1250"></span>
<p> La cour, c’est un fait, n’a pas eu la main lourde avec Mudusar : elle a tenu compte de son jeune âge et de son passé judiciaire sans tache – Mudusar, qui a déjà passé quatre ans en détention préventive, pourrait être admissible à la libération conditionnelle dans un an.</p>
<p> Pareil pour Saryia, sa cadette, qui n’était guère qu’une gamine à l’époque des faits : une immaturité que la cour a prise en compte. Saryia, enceinte de cinq mois, pourrait recouvrer la liberté au tiers de sa peine, vers la moitié de l’année 2013.</p>
<p> L’arrêt est autrement sévère avec Tariq et son épouse Parveen : l’un, dit la cour, a <i>« usé de son autorité »</i>, l’autre <i>« de son ascendant »</i> pour pousser leur fils à commettre les faits.</p>
<p> Le ministère public, c’est vrai, avait requis la perpétuité pour tous, sauf pour Saryia dont il voulait bien prendre en compte le jeune âge et l’immaturité – s’agissant de la cadette, l’avocat général avait quand même placé la barre <i>« entre vingt et trente ans »</i>. </p>
<p> Aux trois autres, il ne reconnaissait aucune circonstance atténuante. Au contraire : l’avocat général avait stigmatisé <i>« le rôle odieux »</i> des parents qui, pour restaurer l’honneur familial, avaient mandaté leur fils pour tuer leur fille. Un frère dont il avait notamment vilipendé <i>« la traîtrise »</i> : personne, autant que Mudusar, n’avait manœuvré pour convaincre Sadia de réintégrer la maison familiale. A la seule fin de l’abattre.</p>
<p> La défense n’avait pas la tâche facile. Me Nathalie Buisseret, l’avocate de Sariya, allait évoquer à ce propos <i>« cette position schizophrénique »</i> qui était devenue la sienne, et celle de ses confrères, à ce stade-ci du procès : il leur revenait à eux, avocats, de produire des circonstances propres à atténuer la culpabilité de leurs clients dont ils demeurent convaincus qu’ils n’ont rien voulu de tout cela.</p>
<p> Le cœur n’y était pas. Mais il fallait faire flèche de tout bois. Me Vincent Desaucy, l’avocat de Parveen, peignit une femme modeste et soumise – <i>« Je n’ai jamais pris de décision seule »,</i> avait-elle expliqué aux enquêteurs –, formatée par une tradition dont sa fruste éducation ne pouvait en aucun cas l’affranchir. Me Bouchat, l’avocat de Tariq, retraça l’itinéraire d’un homme qui avait travaillé toute sa vie sans jamais faire parler de lui. Me Buisseret, elle, se demanda de quel poids sa cliente – cette gamine ! – avait bien pu peser dans ce plan que les siens auraient ourdi contre Sadia. Me Donatangelo, l’avocat de Mudusar, réclamait une peine qui ne fût pas désespérante.</p>
<p> Il était déjà clair que certains, parmi les avocats, n’acceptaient pas le verdict : la cour et les jurés ne s’étaient d’ailleurs pas sitôt retirés pour délibérer que Mes Bouchat et Dusaucy annonçaient leur intention de se pourvoir en cassation. <i>« Parce que la motivation du verdict n’est pas pertinente,</i> expliquait Me Bouchat. <i>Elle ne nous permet pas de comprendre pourquoi nos clients ont été déclarés coupables. Le verdict se borne à constater que l’ensemble des éléments antérieurs aux faits constituent “un faisceau de présomptions graves et précises démontrant leur participation active à l’assassinat”. En quoi ? La motivation du verdict ne l’explique pas ».</i></p>
<p> La lourdeur des peines prononcées quelques heures plus tard n’était pas de nature à infléchir la résolution des deux avocats : <i>« La lecture de l’arrêt,</i> commentait Me Bouchat, <i>vient de m’apprendre que mon client était le commanditaire du meurtre de sa fille. Le verdict ne lui a jamais imputé ce rôle-là. »</i></p>
<p> Il est douteux que la défense de Saryia leur emboîte le pas : la cadette des Sheikh, c’est vrai, s’en tire à bien meilleur compte. </p>
<div class="signature">DETAILLE,STEPHANE</div>
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	</item>
		<item>
		<title>Le jury retient la thèse du complot</title>
		<link>http://blog.lesoir.be/grandsproces/2011/12/09/le-jury-retient-la-these-du-complot/</link>
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		<pubDate>Fri, 09 Dec 2011 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Affaire Sadia Sheikh]]></category>
		<category><![CDATA[Bibliothèque judiciaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Justice Le frère de Sadia, sa sœur et ses parents sont dits coupables d’assassinat Saryia, la cadette, aura été la première à comprendre : le président en est encore à lire les réponses – « Oui », « Oui », « Oui »… – apportées par les jurés aux vingt-quatre questions qui leur étaient soumises [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20111210-01PWXP --><!-- date=2011-12-10-->
<div id="picture"><img src="http://blog.lesoir.be/grandsproces/files/2011/12/t-20111210-01PWXP_1.jpg" /></div>
<div class="avantTitre">Justice Le frère de Sadia, sa sœur et ses parents sont dits coupables d’assassinat</div>
<p>Saryia, la cadette, aura été la première à comprendre : le président en est encore à lire les réponses – <i>« Oui », « Oui », « Oui »</i>… – apportées par les jurés aux vingt-quatre questions qui leur étaient soumises qu’elle étrangle déjà des sanglots. C’est déjà une certitude : le jury a retenu la thèse de l’accusation. Celle du complot familial.</p>
<p><span id="more-1248"></span>
<p> Il est 14 h 30 : les quatre accusés sont déclarés solidairement coupables de l’assassinat de Sadia Sheikh, leur fille, leur sœur, au nom du principe de corréité – sont considérés comme auteurs et coauteurs d’un crime tous ceux qui, d’une manière quelconque, ont prêté à son exécution une aide telle que, sans leur assistance, il n’eût pu être commis. Un assassinat commis avec cette circonstance aggravante que le mobile du crime est la haine à l’égard d’une personne en raison de son sexe. C’était un crime d’honneur.</p>
<p> Il y a du grabuge dans la salle. Les policiers s’interposent. Le compagnon de Saryia ne peut taire son écœurement. Mudusar, le frère de Sadia, est anéanti : après avoir coûté la vie à Sadia, son geste fou – un acte qu’il a toujours prétendu assumer seul – expose désormais son père, sa mère et sa sœur à de lourdes peines. Depuis son arrestation, il ne se battait que pour éviter ça. Et c’est fichu.</p>
<p> Les jurés ont longuement délibéré. Ils n’ont pu dégager la majorité requise par la loi (8/4) sur la question de la participation de Parveen Zahida à l’assassinat de sa fille. C’était sept « oui » contre cinq « non ». La cour – le président et ses deux assesseurs – a rallié la majorité des jurés pour dire Parveen coupable.</p>
<p> Curieusement, seuls Mudusar et son père ont été déclarés coupables de la tentative de mariage forcé. La motivation du verdict est lapidaire, on ne comprend pas tout. Le président Delmarche suspend sagement l’audience : les peines seront prononcées lundi. </p>
<div class="article">
<div class="titre">« La porte ouverte à l’arbitraire »</div>
<p>Réactions</p>
<p> <b>Jean Navarre</b> Le fiancé de Sadia a témoigné de la plus grande retenue : <i>« J’attendais ce moment depuis longtemps et maintenant que le verdict est tombé, je n’éprouve encore aucun sentiment particulier. Justice a été faite. J’espère que ce qui s’est passé ici permettra d’éviter à d’autres femmes de vivre le calvaire que Sadia a enduré. »</i></p>
<p> <b>Michel Bouchat</b> L’avocat de Tariq Mahmood Sheikh, le père de Sadia, n’a pu dissimuler son dépit : <i>« Que reproche-t-on à mon client ? Pour ma part, je n’ai pas compris ce qui lui était imputé. Des présomptions, c’est quoi ? Avec des présomptions, on ouvre la porte à l’arbitraire. Je suis peut-être excessif mais je suis révolté. Beaucoup, ici, ne comprennent ni le verdict du jury ni sa motivation. »</i></p>
<p> <b>Michel Pasteel</b> Le directeur de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, qui s’était constitué partie civile, ne cachait pas sa satisfaction : <i>« Nous avions l’obligation morale et légale de nous constituer partie civile dans ce procès, d’autant que les proches de Sadia avaient renoncé à le faire. Nous espérons que ce verdict va faire jurisprudence. Il aura, en tout cas, une vertu pédagogique, tant pour ceux des parents qui persisteraient à contraindre leurs filles à contracter des mariages dont elles ne veulent pas, que pour ces jeunes femmes elles-mêmes : elles savent, désormais, que ceux qui voudraient les contraindre encourent des condamnations. »</i></p>
<p> <b>Une amie de Sadia</b> <i>« La vérité judiciaire rejoint la vérité tout court. Puisse ce verdict décourager chez nous cette pratique des mariages forcés. »</i></p>
<p> <b>Michaël Donatangelo </b>L’avocat de Mudusar, le frère de Sadia, a fait part de sa déception. <i>« Pour mon client, le verdict était couru d’avance. Mais pour les trois autres… Mudusar a toujours dit qu’il avait agi seul. Ce verdict l’a anéanti. Et sa motivation me laisse perplexe : où sont les actes de participation qui pourraient fonder la thèse d’un complot familial ? J’espère, désormais, que la cour sera clémente au moment d’infliger les sanctions. »</i></p>
<p> <b>Marc Preumont </b>L’avocat de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes a évoqué l’impact que pourrait avoir le verdict rendu à Mons : <i>« C’est un signal. Si des faits semblables devaient encore survenir, ceux qui les commettent sauront désormais qu’ils n’échapperont pas forcément à la justice au prétexte qu’un bouc émissaire est venu, en victime expiatoire, revendiquer la sanction pour lui seul. »</i></p>
</div>
<div class="article">
<div class="titre">Il y a le doute et l’intime conviction du juré</div>
<div class="avantTitre">Commentaire</div>
<p>Pour Mudusar, c’est une autre affaire : il était en aveux. Il l’avait fait. Pour les autres, il y a ce doute. Celui qui doit profiter à l’accusé. En vertu de ce principe qui éclipse – qui doit éclipser – tous les autres, Saryia, son père Tariq Mahmood et sa mère Parveen devaient être acquittés : dans cette tragique affaire, la superficie des zones d’ombre couvrait des hectares enténébrés.</p>
<p> Bien sûr, il y a aussi l’intime conviction des jurés qui peut s’alimenter de n’importe quoi – la preuve est libre – qui ait été contradictoirement débattue à l’audience. A cet égard, la motivation du verdict rendu à Mons n’a pu compiler que les éléments épars laborieusement réunis par des enquêteurs qui, c’est vrai, travaillèrent d’arrache-pied.</p>
<p> Il est prioritairement question d’un faisceau convergent de présomptions – <i>« opinions seulement fondées sur des signes de vraisemblance »</i>, rappellera le premier dico venu –, de phrases qui purent après coup sonner comme prophétiques, d’un climat général fait de menaces et de chantages, de présences ou d’absences inexplicables, d’expertises médico-légales et balistiques dont les conclusions n’expriment jamais que des probabilités.</p>
<p> On ne fera pas aux jurés l’insulte de penser qu’ils n’ont pas soupesé le tout <i>« en leur âme et conscience », </i>selon les termes de leur serment – ils ont très longuement délibéré. Ils ont choisi d’évacuer le doute. Puissent-ils avoir eu raison. Car, à tout prendre, on préférera toujours, et mille fois, savoir un coupable en liberté qu’un innocent en prison.</p>
</div>
<div class="signature">DETAILLE,STEPHANE</div>
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	</item>
		<item>
		<title>L’honneur en paravent d’un amour inavoué ?</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Dec 2011 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Affaire Sadia Sheikh]]></category>
		<category><![CDATA[Bibliothèque judiciaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Sadia, 20 ans, a-t-elle été victime d’un complot familial dont Mudusar, son frère aîné, n’aurait été que l’exécutant ? A l’heure de boucler cette édition, le jury de la cour d’assises du Hainaut délibérait toujours de la culpabilité des quatre accusés : Mudusar – qui a d’emblée plaidé coupable –, sa sœur Saryia et ses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20111209-01PW44 --><!-- date=2011-12-09--></p>
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<div id="attachment_1239" class="wp-caption alignleft" style="width: 551px"><a href="http://blog.lesoir.be/grandsproces/files/2011/12/t-20111209-01PW44_1.jpg"><img class="size-full wp-image-1239" title="t-20111209-01PW44_1.jpg" src="http://blog.lesoir.be/grandsproces/files/2011/12/t-20111209-01PW44_1.jpg" alt="" width="541" height="250" /></a><p class="wp-caption-text">Sarya et ses parents nient avoir comploté contre Sadia © belga</p></div>
</div>
<p>Sadia, 20 ans, a-t-elle été victime d’un complot familial dont Mudusar, son frère aîné, n’aurait été que l’exécutant ? A l’heure de boucler cette édition, le jury de la cour d’assises du Hainaut délibérait toujours de la culpabilité des quatre accusés : Mudusar – qui a d’emblée plaidé coupable –, sa sœur Saryia et ses parents, Tariq Mahmood et Parveen Sheikh, qui ont tous trois réclamé leur acquittement.</p>
<p>Le verdict n’est pas couru d’avance tant le procès aura peiné à démêler l’écheveau des relations complexes que les protagonistes du drame entretenaient entre eux dans un contexte culturel particulier. Le procès aura, à cet égard, eu le mérite de faire un sort aux idées simples : l’histoire – la tragique histoire – de Sadia n’est pas seulement celle d’une jeune Pakistanaise occidentalisée en butte à l’obscurantisme des siens, tuée par son clan parce qu’elle prétendait se soustraire à un mariage dont elle ne voulait pas, sacrifiée parce qu’elle aurait eu le front de placer son bonheur plus haut que leur honneur.<span id="more-1240"></span></p>
<p>Sans doute Sadia avait-elle grandi dans une famille qui faisait le plus grand cas de ces choses-là : l’honneur et les traditions – dont celle de ces mariages endogames qu’on arrange entre familles pour éviter la dispersion du patrimoine et garantir la pérennité du clan. Sans doute l’adolescence de Sadia et de ses sœurs avait-elle été sévèrement chaperonnée dans un milieu qui regarde la virginité de ses filles comme la propriété du clan et leur chasteté comme le premier gage de sa respectabilité.</p>
<p>Mais le procès aura, peu à peu, révélé l’image d’une famille où l’on s’aime vraiment. Où chacun, oui, a autant le souci de la norme que du bonheur des autres. Où personne n’est irréprochable. Ni Tariq, le patriarche – il a des maîtresses –, ni Mudusar-le-Vertueux, ni même Sadia dont on découvrira qu’elle afficha longtemps un comportement illisible pour les autres : tiraillée entre son amour pour Jean Navarre et sa loyauté pour les siens, elle donna si bien le change que sa fugue, le 27 mars 2007, ne pouvait susciter que la colère et l’incompréhension des siens.</p>
<p>Sadia est alors convaincue d’être dans une impasse. Mais elle a elle-même verrouillé l’unique porte du réduit où elle s’est réfugiée : l’hystérie que sa fugue a provoquée dans sa famille – on la harcèle, on la piste, on la menace – la fonde à penser, c’est vrai, qu’il n’y a rien d’autre à faire qu’à se terrer. Mais peut-être se trompe-t-elle sur l’intransigeance des siens : quand elle accepte, enfin, de regagner la maison paternelle, pour fêter l’Aïd, en octobre 2007, son père se montre plutôt conciliant. Elle lui a parlé de Jean. Il n’a pas dit non. Il lui a demandé trois mois : le temps de s’informer sur ce fiancé et sa famille.</p>
<p>Mudusar tuera Sadia dix jours plus tard. Tout au long du procès, on se sera interrogé sur les mobiles de ce frère si soucieux de la conduite de ses jeunes sœurs. <em>« La chasteté de ses sœurs est l’honneur de leur frère », </em>écrit-il dans une lettre de revendication rédigée peu de jours avant le drame. Il parle de Sadia, mais également de Saryia, la cadette : il voulait la tuer, elle aussi, a-t-il annoncé, dès les premières heures du procès – une déclaration qui tombera à plat alors qu’elle aurait pu justifier un report de la session.</p>
<p>Mudusar dit qu’il a agi seul. Pour restaurer l’honneur de sa famille en lieu et place d’un père dont l’inconduite aurait entamé l’autorité, sinon la légitimité ? C’est ce qu’il dit. Mais ce mobile-là pourrait bien être le paravent culturel d’un meurtre passionnel : au fil des jours, il est apparu que Mudusar éprouvait pour sa sœur un sentiment à tout le moins ambigu. Un expert psychiatre parlera même d’<em>« inceste symbolique »</em>. A bien y voir, dit-il, Mudusar se comportait comme un mari jaloux.</p>
<p>Mudusar lui-même a décrit, durant le procès, cette folie qui s’était emparée de lui. Il ne dormait plus, il n’était plus que transes. Il bombardait Sadia de SMS – <em>« Tu me manques, j’ai envie d’entendre ta voix. »</em> Sadia, dit-il, était <em>« son double »</em>. Il a évoqué <em>« la trahison de sa sœur »</em>, sa propre souffrance de la voir choisir ses confidents <em>« en dehors de ceux de son sang »</em>. Il comprenait qu’elle l’écartait de sa vie. Le jour de sa mort, Sadia portait la bague de fiançailles que lui avait offerte Jean Navarre : ce bijou, Mudusar ne l’avait jamais vu.</p>
<p>Les autres – père, mère, sœurs – se lamentaient sur leur déshonneur. Mudusar souffrait parce que Sadia le quittait : une souffrance qu’il ne pouvait partager parce qu’elle était inavouable. Quand il avait agi – seul, disent-ils tous : il n’y a jamais eu de complot –, les autres s’étaient peut-être mépris sur son geste : il avait, sans mandat, tué pour l’honneur, quoi d’autre ? Se trompaient-ils, comme ils s’étaient trompés pour Sadia, à l’époque où ils l’avaient crue résignée, sinon heureuse ?</p>
<div class="signature">DETAILLE,STEPHANE</div>
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		<title>« Je dis que Mudusar était amoureux de Sadia »</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Dec 2011 22:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Affaire Sadia Sheikh]]></category>
		<category><![CDATA[Bibliothèque judiciaire]]></category>

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		<description><![CDATA[« Pas de complot », dit l’avocat de la mère de Sadia, qui plaide l’acquittement Un jour de janvier 2008, Parveen Zahida, la mère de Sadia, va et vient, en pleurs, dans sa maison, rue du Chesnois, à Lodelinsart. Elle est seule au logis. Elle soliloque à voix haute, en urdu, ignorant que, dans la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- archid=t-20111208-01PTKK --><!-- date=2011-12-08--></p>
<div id="attachment_1237" class="wp-caption alignleft" style="width: 138px"><a href="http://blog.lesoir.be/grandsproces/files/2011/12/t-20111208-01PTKK_1.jpg"><img class="size-full wp-image-1237" title="t-20111208-01PTKK_1.jpg" src="http://blog.lesoir.be/grandsproces/files/2011/12/t-20111208-01PTKK_1.jpg" alt="" width="128" height="164" /></a><p class="wp-caption-text">Me Vincent Dusaucy, avocat de la mère de Sadia © AVPRESS</p></div>
<div class="avantTitre">« Pas de complot », dit l’avocat de la mère de Sadia, qui plaide l’acquittement</div>
<p>Un jour de janvier 2008, Parveen Zahida, la mère de Sadia, va et vient, en pleurs, dans sa maison, rue du Chesnois, à Lodelinsart. Elle est seule au logis. Elle soliloque à voix haute, en urdu, ignorant que, dans la pièce où elle fait les cent pas, les écouteurs placés par les enquêteurs sont toutes ouïes. Elle se lamente. Elle invoque Allah : <em>« Mon fils,</em> dit-elle, <em>a commis une atrocité. Pardonne-lui. »</em> Ces mots, l’avocat de Parveen les a rapportés dans sa plaidoirie, mercredi : <em>« Une mère,</em> dit Me Vincent Dusaucy, <em>est faite pour donner la vie, pas pour la reprendre. »</em></p>
<p><span id="more-1238"></span></p>
<p>Bien sûr, Parveen aura un jour des propos bien moins amènes quand elle évoquera Sadia – <em>« La putain »</em> – mais <em>« ces mots regrettables, inspirés par la colère »</em> ne font pas d’elle une criminelle, dit son avocat. Pas plus que cette phrase – <em>« Je préférerais que ma fille se suicide ou qu’elle meure plutôt que de la voir épouser un non-musulman »</em> – ne pourrait fonder dans son chef une quelconque intention homicide.</p>
<p>Et, dit Me Dusaucy, l’on chercherait vainement dans les 14.000 pages du dossier un seul élément objectif propre à prouver la culpabilité de sa cliente – laquelle ne fut du reste inculpée que trois ans après les faits, sur la foi du rapport généraliste d’un expert qui soulignait la place centrale occupée par les mères dans les familles traditionnelles pakistanaises.</p>
<p>On ne saurait guère, dit son avocat, tenir grief à Parveen que de ses pleurs – <em>« Mais on lui reprochera aussi de n’avoir pas assez pleuré »</em> –, de ses lamentations, de ses chantages affectifs : toutes choses qu’on peut mettre sur le compte d’un comportement formaté par la tradition.</p>
<p>Pour le reste, rien. Hors les fantasmes d’une enquête qui, dit l’avocat, voulut à toute force que chaque membre de la tribu Sheikh tînt son rôle dans le prétendu complot familial dont Mudusar, le fils, n’aurait été que l’exécutant. <em>« Ce complot postulerait que, dans l’obsession qui aurait été la sienne de restaurer son honneur, la famille aurait résolu de sacrifier deux de ses membres : Sadia et Mudusar, l’unique descendant mâle de Tariq Mahmood. Dans la mentalité pakistanaise, c’est impensable. »</em></p>
<p>Ce plan, dit l’avocat, n’a jamais existé. Sinon comment comprendre qu’on ait pu choisir de tuer Sadia dans la maison familiale, de préférence à tout autre lieu – la famille connaissait l’adresse de la jeune femme à Mons ? Si la mort de Sadia avait été planifiée, Mudusar aurait-il pris la fuite sans son passeport ? Peut-on décemment considérer que la famille aurait chargé cette écervelée de Saryia d’assister son frère dans son rôle d’exécuteur ? Aurait-il seulement eu besoin d’une assistance pour abattre sa sœur dans une pièce aux dimensions étriquées ?</p>
<p>Me Dusaucy, comme Me Bouchat la veille, reviendra sur les conclusions de l’expertise sémantique qui fut faite de la fameuse lettre de revendication rédigée par Mudusar, peu de jours avant le drame : elles privilégient la thèse d’un acte mené isolément.</p>
<p>Pour l’honneur ? C’est l’alibi brandi par Mudusar dont le mobile profond est sans doute à chercher, selon l’avocat, dans la relation fusionnelle qu’il entretenait avec sa sœur : <em>« J’ai la conviction,</em> martèle Me Dusaucy, <em>que Mudusar était amoureux de Sadia. »</em> Il cite ces SMS que le frère adresse à sa sœur : <em>« Sadia, j’ai la larme à l’œil, appelle-moi, STP, tu me manques, j’ai envie d’entendre ta voix »,</em> ou encore : <em>« Ne prends pas mon cœur pour la place du marché. »</em></p>
<p>Cette thèse-là, c’est aussi celle de Me Bouchat, l’avocat de Tariq. Sinon celle de Me Donatangelo, le défenseur de Mudusar : <em>« Son frère,</em> avait-il expliqué mardi, <em>a mal supporté que Sadia prenne de la distance. Il évoquera une trahison. Il se sent abandonné par son double. Oui, une forme de jalousie s’était installée en Mudusar. »</em> On serait, alors, très loin du crime d’honneur.</p>
<p>Le jury entrera en délibération sur la culpabilité ce jeudi.</p>
<div class="article">
<p><strong>Bernard Pivot, parrain </strong></p>
<p><strong> du prix Rossel, commente&#8230;</strong></p>
</div>
<div class="article">
<div class="titre">« Personne ne peut intervenir dans la vie intime d’autrui »</div>
<p>« Personne ne peut intervenir<br />
dans la vie intime d’autrui »</p>
<p><em>« Déjà, appeler crime “d’honneur” un acte qui se conclut par la mort d’une jeune fille (</em>Sadia Sheikh<em>) qui refuse un mariage forcé… Même sans issue aussi dramatique, je ne vois pas en quoi un père, un frère, une sœur interviendraient dans la vie intime d’un homme ou d’une femme. Quels que soient les us et coutumes en vigueur ailleurs. En France, le principe de laïcité me paraît un bon principe, qui doit s’appliquer à tout le monde, même si je sais très bien qu’il existe des situations complexes, qui doivent être résolues. » </em></p>
</div>
<div class="signature">BOURTON,WILLIAM,DETAILLE,STEPHANE</div>
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