Verdict attendu ce vendredi

Justice. La mort de Younes Jratlou devant les assises du Hainaut

 

Mohamed Jratlou attend que le verdict du jury : sa durée rend compte de l’âpreté du débat, l’enquête n’ayant pu produire une preuve formelle de sa culpabilité. © Belga.

L’épilogue du procès de Mohamed Jratlou, poursuivi pour le meurtre de son fils Younes, n’interviendra que ce vendredi. Au moment d’envoyer les jurés en délibération, hier en fin de matinée, la cour avait décidé que la lecture du verdict dûment motivé serait reportée au lendemain si d’aventure les jurés n’avaient pas fini de débattre du sort de l’accusé à 18 heures. A l’heure dite, la délibération n’étant toujours pas terminée, il a été convenu de reporter la motivation et l’annonce du verdict à ce vendredi. Si d’aventure l’accusé était déclaré coupable, le débat et la délibération sur la peine à lui infliger auraient lieu immédiatement après l’annonce du verdict.

lire la suite

Mudusar et Saryia s’accrochent à une version très improbable

Justice La mort de Sadia devant les assises du Hainaut

Le procès n’avait pas sitôt commencé, ce lundi, que Mudusar Sheikh passait à confesse dans un prétoire médusé : il avait non seulement prémédité le meurtre de Sadia, mais également – « Je vais l’apprendre à ma famille », hoqueta-t-il – celui de Saryia, leur sœur cadette assise à ses côtés dans le box des accusés. Tout sauf une péripétie d’audience. Car cet aveu-là, si les débats venaient jamais à lui donner quelque consistance, innocenterait Saryia, ci-devant troisième accusée, désormais deuxième victime.

lire la suite

Une famille dans l’infamie

Justice La mort de Sadia devant les assises du Hainaut

Tout le monde s’épiait dans cette famille-là, comme si chacun avait voulu prévenir chez les autres l’inconduite ou le faux pas qui aurait entaché la réputation de la tribu. Les Sheikh formaient une famille honorable, selon les normes sourcilleuses de leur communauté.

lire la suite

Mudusar : « J’ai voulu tuer Saryia »

Mudusar Sheikh a l’air d’un chien battu. Comme si toute la tristesse du monde s’était soudainement diluée dans la flaque noire de son regard. Il est là pour dire que ni ses parents, ni sa sœur Saryia ne sont impliqués d’aucune manière dans la mort de Sadia. Il a agi seul. Il entend surtout, dit-il, livrer à la cour d’assises le fruit d’une récente introspection qui l’a conduit à enfin regarder en face l’être qu’il a été. « Ces dernières semaines, dit-il, j’ai pris conscience de beaucoup de choses que je ne voulais pas accepter. » Il est ému. Ses propos sont confus, ses phrases tarabiscotées ne sont pas toujours intelligibles. Mais cette phrase-là, tout le monde doit l’avoir entendue : « Je vais l’apprendre à ma famille, annonce Mudusar : j’ai voulu tuer Saryia ».

lire la suite

Procès Janssen : les enquêteurs sur la sellette

© belga

Assises du Limbourg Les assassinats de Shana et de Kevin auraient peut-être pu être évités

Lorsque le cadavre d’Annick Van Uytsel, abîmé par les coups de marteau portés par Ronald Janssen, apparut sur l’écran géant de la cour d’assises du Limbourg, siégeant à Tongres, son père ne put que quitter la salle.

lire la suite

Trois crocos et un magot

Pascal Gillot et Nathalie Van Kessel, deux des trois accusés qui comparaissent dès ce lundi devant les assises de Liège. La troisième accusée, Georgette Jonckers, répond elle aussi d’assassinat. © belga.

Justice Une mère, son fils et sa bru devant les assises de Liège

Quand Henri Vanhaeren était mort, le 5 novembre 2003, les formalités administratives avaient été promptement expédiées : mort naturelle. Même si, à 76 ans, le défunt portait encore beau. Il affichait même une santé insolente qu’il jardinait avec un soin jaloux : il pratiquait encore assidûment la danse de salon et la culture physique – deux heures d’haltères et de banc de musculation, chaque jour, dans son appartement de Waremme.

lire la suite

Le tueur incrimine ses victimes

Eddy Van Uytsel, le père d’Annick, a quitté plusieurs fois la salle d’audience en entendant la nouvelle version de la mort de sa fille débitée par Ronald Janssen. ©Yorick Jansens/Belga

Assises du Limbourg Ronald Janssen livre une nouvelle version des faits

Et le « monstre » lâcha des larmes de crocodile. Ronald Janssen, le tueur en série dont le procès s’est ouvert vendredi devant la cour d’assises du Limbourg, siégeant à Tongres, offrait jusqu’alors le visage d’un tueur froid et déterminé, un Docteur Jekyll et Mister Hyde, homme parfait et sociable le jour, cruel prédateur la nuit, désireux de mener le procès à sa manière en accumulant les exigences (pas de dessins, de photos, de GSM…). Hier, lorsqu’il se leva à l’invitation du président Michel Jordens, il offrit le visage d’un petit bonhomme défait, coincé dans son box comme écolier dans le coin, serrant ses mains derrière le dos. Et il lâcha des sanglots. Les siens avaient déjà été précédés de ceux des parents des victimes, quittant en matinée la salle d’audience pour échapper, lors de la lecture de l’acte d’accusation de 69 pages, à l’écoute sordide du meurtre de leurs enfants : le marteau fracassant la tête d’Annick Van Uytsel, les deux balles tirées froidement dans la tête de Kevin Paulus, le viol et la mise à mort de Shana Appelmans.

lire la suite

« Andy, mort deux fois »

Assises du Hainaut Les accusés coupables de la mort du bébé

Accrochée à son pupitre, l’avocat-général Ingrid Godart avait dit toute l’horreur que lui suscitait le sort réservé à Andy Martini, ce bébé de 17 mois violé et battu à mort par le compagnon de sa mère indifférente : « Ce petit bonhomme ne demandait rien d’autre que de rire, grandir. Il faut mettre un nom sur l’innommable ! ». Et son bras, drapé du rouge de la colère et de sa toge, dressé à sa droite sur l’écran désormais éteint, avait rappelé aux jurés les images atroces de l’autopsie du bambin, de son intimité déchirée, de cette vie à peine commencée broyée par la cruauté de Jonathan Brichard. « Au terme de ce procès, on reste avec cette impression de nausée au fond de la gorge », avait-elle dit en se tournant vers le beau-père et la mère indignes, enferrés dans leurs proclamations d’innocence : lui, soutenant jusqu’à l’absurde « n’avoir rien fait », elle « n’avoir rien vu ». « Par votre lâcheté, lâcha la magistrate, Andy est mort une deuxième fois ! ».

lire la suite

Et le bourreau se mit à pleurer

Assises du Hainaut Son mariage en prison n’a tenu que 15 jours

Un policier l’avait dit aux jurés : « Jonathan Brichard sait à qui il peut s’attaquer. En prison, avec les gros bras, il se fait tout petit ! » Ses proies, c’était ces adolescentes, ces femmes à peine adultes, chassées sur les chat-box ou sur internet. Trois mots doux informatiques suffisaient à faire croire à ces gamines que la vie réelle serait aussi belle que celle qu’il promettait par les ondes. Son appétit sexuel insatiable les forçait quotidiennement à se soumettre à lui.

lire la suite

Les mensonges d’une « mère parfaite »

Assises du Hainaut Incompréhensible : à l’hôpital, la maman d’Andy, 17 mois, protégeait le meurtrier de son propre fils

Que fait-on lorsque son enfant est en train de mourir ? Les trois médecins et 8 infirmiers de l’hôpital de Charleroi où le petit Andy, 17 mois, avait été admis le 27 septembre 2009 dans un état désespéré, ont affirmé qu’il « n’y avait pas de règles », que chacun « réagissait selon son tempérament ». Melissa Serrano Aznar, la maman d’Andy, avait un peu pleuré, s’était un peu énervée. Mais elle s’était vite ressaisie, sentant sans doute l’étau des soupçons se resserrer sur elle et son compagnon, Jonathan Brichard, alors qu’au fil des heures apparaissaient, comme de sinistres bourgeons de fleurs maléfiques, les bleus causés par cette séance de coups matinale. Melissa avait fait venir à l’hôpital son amie Evelyne en la faisant passer pour sa sœur : « Elle ne pleurait pas, moi bien. C’était horrible, on voyait bien toutes ces traces de coups », dit la jeune femme. Un infirmier s’était énervé face à la passivité et la froideur de la maman d’Andy, plus préoccupée par ses parlotes à la salle d’attente que par le sort d’Andy : « Madame, allez au chevet de votre enfant ! », lui avait-il enjoint. Melissa semblait bien loin du drame dont elle connaissait sans doute les secrets. Une infirmière se souvient de cette jeune mère, aux épaules basses, au visage disgracieux, au verbe primaire. Elle était assise sur les genoux de son compagnon et auteur présumé des coups mortels à son enfant, Jonathan Brichard. « Ils se donnaient des coups de coude. Ce n’était pas clair du tout. » L’un et l’autre s’étaient accordés pour donner une version uniforme du drame : le petit était tombé accidentellement. Et elle prétendait faussement qu’elle était chez Brichard au moment du drame. lire la suite