François Pirette : « L’année de mes 25 ans est la pire de ma vie »

Ce matin, dans les colonnes du Soir, François Pirette revient sur l’année de ses 25 ans. Une année noire pour l’humoriste…

Bruxelles, 17/12/13, François Pirette. Photo: Sylvain Piraux pour LESOIR

Dans quel état d’esprit étiez-vous, l’année de vos 25 ans ?

C’est la pire année de ma vie. Ça a été une grande charnière, qui a eu un impact sur toute la suite. Nous étions en 1988. Pour moi, c’est une année où rien ne compte vraiment en dehors du drame que nous avons vécu. J’ai cinq enfants mais en réalité, j’en ai eu six. Mon premier enfant, je l’ai eu et je l’ai perdu l’année de mes 25 ans. L’enfance s’est arrêtée. J’avais toujours cru qu’elle s’arrêterait le jour où j’ai été papa et elle s’est doublement arrêtée car mon enfant est né et est mort 15 jours plus tard. Ce qu’on n’a jamais imaginé est arrivé et ça a donné une espèce de grande rature sur le tableau. C’est indélébile. On apprend à construire autour de la rature. Je ne vis pas une vie au rabais. J’ai eu cinq magnifiques enfants ensuite et sans doute que, s’il avait vécu, mes enfants auraient été différents.

Vous vous êtes réfugié dans le travail ?

Cela explique en tout cas l’exigence que je me mets car je n’avais plus rien d’autre. Je suis aussi devenu un professionnel de mon métier cette année-là. J’avais commencé cinq ans auparavant et cela marchait très bien, mais j’ai eu une panique car mes copains qui avaient fait des études commençaient à sortir diplômés et moi, je n’avais rien. L’émission était populaire mais si ça s’arrêtait, je n’aurais manqué à personne. J’ai voulu construire quelque chose de plus concret. J’ai donc eu l’idée d’ouvrir un club de snooker à Binche. Je n’ai pas fait que des heureux et j’ai appris qu’on ne vit pas au pays des Bisounours. J’ai essuyé des menaces de la mafia. La première était « turque ». J’ai refusé de payer et ce sont les Italiens qui se sont réveillés. La sentence ne s’est pas fait attendre et, un soir, quatre semaines après le décès de mon petit garçon, un commando est venu chez moi, armé, et a tiré 24 coups de feu de 9 mm. Je me suis retrouvé avec 15 millions de francs belges de dettes. J’ai appris aujourd’hui qu’ils avaient été condamnés. Avant, je n’étais pas capable mentalement de suivre le procès. L’année de mes 25 ans n’était pas la plus insouciante.

Des propos recueillis par Vanessa Lhuillier