Julie, #25 ans, est amoureuse d'une fille et tout le monde s'en fout. Vraiment?

Elle débarque en training mais refuse de faire une vidéo préférant attendre Noël et la robe de soirée qui pourra mettre en valeur toute sa féminité. Julie, 27 ans, vient de Mons et elle a le sourire aux lèvres. Depuis quelques mois, elle est amoureuse. D’une fille.

On le précise, mais notre génération #25ans doit-elle encore le faire? L’homosexualité, banale? Peut-être pas tellement pour les principaux concernés… “Quand j’ai décidé d’assumer mon homosexualité, j’avais 24 ans. J’ai eu très peur de la réaction de mes amis et de mes parents. Pourtant, je savais depuis mes 16 ans que j’étais attirée par les filles…”

“Quand j’ai vu le clip du groupe t.A.T.u, j’ai compris que j’étais lesbienne.” Julie.

 

Beaucoup revendiquent aujourd’hui le fait de “ne pas annoncer qu’on est gay comme un hétéro n’annonce pas qu’il est hétéro”. Reste que ramener un amoureux du même sexe que le sien à la maison ou dans le bar qu’on fréquente chaque vendredi avec ses amis est une étape à franchir bien plus difficile que pour les hétérosexuels.

“Je pensais que ma mère était homophobe”, raconte Julie. “Elle faisait des réflexions, trouvait que les lesbiennes étaient dégueulasses.” Portée par l’amour, elle surpasse ses peurs et fait son coming out. “J’ai commencé par elle. Je lui ai dit que j’avais une mauvaise nouvelle. On était dans sa chambre et j’ai annoncé que j’avais une copine. Je venais de passer une semaine de vacances avec elle sans me cacher, je ne pouvais pas supporter de ne pas m’afficher en Belgique.”

Un ange passe. La maman de Julie lui lance un :”Si tu es heureuse comme ça…”

 

La jeune femme est consciente de sa chance. Toute sa famille et ses amis ont, au final, digéré la nouvelle. “J’ai juste perdu un ami qui ne me parle plus…”. Elle sait qu’il y a 25 ans, elle n’aurait probablement pas eu droit aux mêmes réactions. “Franchement, je ne pense pas que j’aurais fait mon coming out. Je me serais mariée et j’aurais eu des enfants. Je connais une femme qui a la trentaine aujourd’hui, sait qu’elle est lesbienne mais est coincée dans un mariage…”.

La situation en Belgique? “On a le mariage, l’adoption, on est sur un pied d’égalité avec les hétéros. Que souhaiter de plus?” Julie veut se marier, porter une robe blanche et un enfant. Dans son ventre ou celui de son amoureuse. Peu importe.

Elle n’a pas hésité une seconde à témoigner mais combien d’autres gays et lesbiennes accepteraient de raconter l’un des moments les plus difficiles de leur vie en affichant leur visage sur le blog ou dans les pages d’un grand quotidien?

En 2012, en Belgique, deux homosexuels ont été assassinés en raison de leur orientation sexuelle et le nombre d’agressions à caractère homophobe est en nette augmentation. La tendance dans la société est à l’acceptation mais tout le monde ne semble pas encore avoir compris que chacun a le droit d’aimer qui il veut.