Bref, j'ai fait un test de dépistage (1/2)

Aujourd’hui, j’ouvre ma boîte mail et je tombe sur un chiffre:  “En Belgique, un jeune sur vingt serait infecté par la Chlamydia”.

Choc. La panique m’envahit. Je repense à toutes ses fois où j’ai pris des risques.  Un préservatif? Pas de préservatif ? Avec qui déjà? Ce gars l’autre fois avec l’air louche, c’est sûr il m’a refilé un truc. Le Sida? Ah, je commence déjà à avoir mal au ventre rien que d’y penser, c’est peut-être un symptôme ?

Une copine en rajoute: “Quoi, t’as encore jamais fait de test de dépistage ? Mais aujourd’hui tout le monde le fait, c’est plus safe!”

Je fais des recherches et je tombe sur ce chiffre:  40% des 22-24 ans et 60% des plus de 25 ans ont déjà fait un test de dépistage au moins une fois dans leur vie.

Je décide d’aller faire un chek-up complet au Centre Elisa, à Bruxelles.

Dans la salle d’attente, ils sont déjà cinq. Trois filles, deux garçons. J’suis entrée, j’les ai regardés, ils m’ont regardée, on s’est regardé.  J’ai pris un ticket comme à la boucherie. Je me suis assise, et j’ai attendu en fixant l’écran rouge. J’ai imaginé dans ma tête pourquoi les autres à côté de moi venaient faire un test. Parmi nous, qui a le Sida ? Non, j’arrête c’est glauque comme jeu.

Le gars de l’accueil m’a appelé “numéro 49″. Je suis venue. Il m’a dit: “Vous voulez faire un test anonyme ou pas?”. J’ai dit “J’sais pas“. Il m’a tendu une feuille avec les conditions pour lesquelles je pouvais faire un test anonyme. J’ai lu: ” jeune de 15 à 25 ans sans mutuelle, ou bénéficiant d’une assurance santé et demandant la confidentialité”. J’ai dit “OK!”. Il m’a demandé de choisir un prénom. Je lui ai sorti le premier qui me venait à l’esprit: ” Samantha”. J’ai entendu un mec pouffer derrière moi.

Il m’a tendu un questionnaire de 20 pages. Je suis allée me rasseoir et j’ai tout rempli. Ils voulaient savoir tout un tas de trucs sur ma vie sexuelle. “Pénétration avec ou sans préservatif ? Fellation avec ou sans préservatif ? Combien de partenaires ces douze derniers mois ? Rapports non protégés sous consommation d’alcool ou de drogues? Est-ce que je prends de l’héroïne ? ou de la cocaïne ? ”

Heureusement, je me cachais derrière mon faux prénom.

Le docteur a appelé une Samantha. Je suis entrée dans son bureau. Il a regardé mon questionnaire et a décidé du type de test à faire en fonction de mes réponses. Si j’avais choisi de ne pas cacher mon identité, j’aurais pu faire plus d’analyses comme un prélèvement vaginal pour voir si j’avais l’infection à Chlamydia. Mais ce n’est pas gratuit (20,63 euros) et ma mutuelle ou celle de mes parents rembourse environ 80%.

Le docteur, même s’il ne porte pas de blouse blanche, a commencé à me faire peur. Il était plongé dans mes réponses. Il a relevé la tête. J’ai souri, il n’a pas souri. Je lui ai demandé : “J’ai un risque docteur ? “. Il m’a dit : ” Vous savez que pour le VIH, on classe le type de rapport en fonction de leurs dangers. Les plus risqués ce sont les rapports anaux non protégés, ensuite viennent les rapports vaginaux, enfin c’est la fellation sans préservatif.” 

J’ai fait gloups et j’ai dit : “Non, je ne savais pas.”

Lui: “Bon, on va faire le test VIH, la syphilis, et l’Hépatite B.”

J’ai ravalé ma salive, j’aime pas les prises de sang. Je me suis rappelé que la dernière fois, j’avais failli tomber dans les pommes. On est passé dans la salle à côté. J’ai détourné mon regard. C’était fini.

Je dois attendre maintenant une semaine avant d’avoir mes résultats.

“Quand on se fait dépister, le pire c’est l’attente. Tic, tac, tic, tac…”  Bref, j’ai fait un dépistage.

 

A suivre bientôt sur le blog le test de dépistage selon Maxime.

PS: Au moment où j’écris cet article, je n’ai toujours pas mes résultats et je stresse…