Leila, 25 ans en 2014, infirmière et Belge d’adoption

C’est ce samedi que sera lancée la série spéciale “25 ans” dans la version papier du Soir. Son but : faire un portrait-robot fidèle de cette génération. Et nous avons choisi six jeunes Belges, tous nés en 1989, pour nous suivre tout au long de l’enquête. Reste six jours pour vous les présenter. Aujourd’hui : Leila.

ficheidentiteleila
« Monte, c’est tout en haut », me dit Leila à travers l’interphone. Pas d’ascenseur dans cette ancienne maison de maître bruxelloise, transformée en appartements. Ce sera donc trois (voire quatre) étages à pied, de quoi arriver à bout de souffle pour les présentations. Car même si l’on a pris le parti de se tutoyer dès le premier coup de téléphone (on n’a quand même que 25 ans), nous ne nous connaissons absolument pas.

Première impression : un charmant appartement ! Dans le séjour, un pan du mur de briques a été repeint d’une couche d’un vert foncé éclatant. Le reste est blanc, un contraste qui offre une belle luminosité. Les quelques meubles ont été choisis avec goût. Parmi eux, un confortable canapé sur lequel nous avons pris place pour discuter, et une table-basse en verre achetée cinq euros sur ebay. « Une très bonne affaire », dixit Leila.

A 24 ans, cette jeune infirmière spécialisée en pédiatrie et néonatologie assume seule son loyer. « Un loyer raisonnable, dit-elle. En cherchant un appart’, je suis tombée sur des loyers mensuels de 500 euros auxquels s’ajoutaient encore une centaine d’euros de charge. Ça, c’était hors de question. Je me suis donc obstinée jusqu’à tomber sur celui-ci, un appartement où les propriétaires ne cherchent pas à se faire de l’argent à tout prix. J’y vis depuis presque deux ans ».

Leila s’assume en effet financièrement depuis qu’elle a terminé ses études d’infirmière. Ou plutôt depuis qu’elle a un salaire, mais les deux périodes correspondent. « Après trois années de bachelier, j’ai repris une spécialisation en pédiatrie pour être certaine de trouver du travail à la sortie de mes études ». Et le plan a fonctionné.

Après une heure de discussion pendant laquelle nous avons pu aborder une multitude de thèmes liés à la génération 25 ans (nous y reviendrons dans les prochains jours), j’ai pris congé de la jeune femme. Mais je me dois tout de même de vous en dire un peu plus sur le parcours de notre premier avatar.

Leila est née en Côte d’Ivoire et a quitté le pays à 4 ans pour être adoptée par un couple belge. « Bien sûr que j’ai quelques souvenirs de ces 4 premières années. En Afrique, un enfant de 4 ans est beaucoup plus mature qu’en Europe ». Mais depuis son arrivée en Belgique, elle n’est jamais retournée en Afrique. « Je sais que j’ai encore de la famille en Côte d’Ivoire. J’ai le projet d’y retourner un jour… quand je me sentirai prête ».

Leila est en couple depuis un an avec un Madrilène. Elle prend l’avion une fois par mois pour le rejoindre dans la capitale espagnole. Côté religion, notre “héroïne” n’est liée à aucune confession. « Je crois plutôt en des valeurs, tout en respectant les croyances de chacun ».

Sa vision des jeunes de 25 ans ? « Une génération qui a la chance d’avoir une ouverture sur le monde ».

Les présentations sont faites. Rendez-vous demain avec un nouvel avatar, puis dès le 4 janvier pour découvrir leur regard sur les différentes thématiques que nous aborderons.